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Précision sur le site des évêques de France sur la liturgie : pour information

La « Liturgie catholique » est plus que jamais à la portée de tous grâce à un portail complet, passionnant et très pédagogique. Le titre est simple et clair, à l'adresse : www.liturgiecatholique.fr.

 

Le site est édité par le Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle (SNPLS) de la Conférence des évêques de France (CEF).

 

Il a pour mission « d'assurer sur Internet la présence officielle de l'Eglise catholique de France en matière de liturgie et de pastorale sacramentelle », en vertu de la mission conférée au SNPLS par la commission épiscopale pour la Liturgie et la Pastorale sacramentelle, présidée par Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse et membre de la congrégation romaine pour le Culte divin et la Discipline des sacrements.

 

« Cette initiative de la commission épiscopale de liturgie voudrait comme l'Apôtre Paul en son temps, transmettre au plus grand nombre et avec les moyens d'aujourd'hui, le trésor de la liturgie de l'Eglise », écrit Mgr Le Gall au visiteur du site.

 

Le SNPLS a en effet pour mission « d'informer » en même temps que de « former, conseiller, apporter une expertise dans le vaste domaine de la liturgie ».

 

Ce site Internet, ouvert il y a un mois (en septembre 2007), vient maintenant compléter les revues, les guides pastoraux et les autres publications de cet organisme de l'Eglise catholique en France.

 

Les visiteurs - « grand public » ou spécialiste comme l'animateur liturgique ou le formateur - y trouvent les textes liturgiques de la messe et de la liturgie des heures, des outils de formations, de connaissance et d'approfondissement des sacrements, sur la musique liturgique ou l'art sacré, mais aussi un précieux annuaire des paroisses de France, etc...

 

Chacune des rubriques offre trois niveaux de lecture : « pour tous », « pour aller plus loin », « pour approfondir ».

 

« Puisse cette initiative participer à sa mesure à l'oeuvre de Celui qui fait toutes choses nouvelles, lui qui s'est donné jusqu'au bout », conclut Mgr Robert Le Gall.

 

 

On Parle dans ce texte du Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle (SNPLS) qui est le nouveau nom du CNPL.

 

Voici ce qu’en pense quelqu'un qui ne désire pas être nommé : « Pour le site du SNPLS :
 - il y a très peu de document
 - comme le dit Denis Crouan, c'est assez creux, très peu d'information en réalité pour des personnes un tant soit peu avancée en Liturgie.
 - le néophyte risque de comprendre de travers ce qu'est la Liturgie, les exemples n'en sont pas, ...
 - il y a bien le dernier document concernant la forme extraordinaire, mais, mis à part le texte du Concile, il n'y a rien sur la forme ordinaire !

 - les offices de la Liturgies des Heures se basent sur le PTP (Prière du Temps Présent), ce n'est donc pas la Liturgie mais une adaptation de celle-ci (entre nous le PTP est une oeuvre stupide puisqu'elle a nécessité beaucoup de travail et d'énergie pour rien, une simple traduction de la Liturgia Horarum et remise en page eut été mieux et... reste à faire !)

Pour le moment, je ne vois aucun intérêt à ce site. Je pose même la question de savoir si ce n'est pas une contre-offensive des tenants du n'importe quoi Liturgique face à tous les sites existants et donnant la vérité de la Liturgie de la forme ordinaire.

 

Denis Crouan précise (qui a écrit plusieurs livres en liturgie et a fondé l’Association Pro Liturgia) :

 

"L’agence Zenit a publié une dépêche bienveillante qui commence ainsi : “La liturgie catholique est plus que jamais à la portée de tous grâce à un portail complet, passionnant et très pédagogique. (...) Le site est édité par le Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle (SNPLS) de la Conférence des évêques de France (CEF). Il a pour mission d’assurer sur Internet la présence officielle de l’Eglise catholique de France en matière de liturgie et de pastorale sacramentelle, en vertu de la mission conférée au SNPLS par la commission épiscopale pour la Liturgie et la Pastorale sacramentelle, présidée par Mgr Robert Le Gall, Archevêque de Toulouse et membre de la congrégation romaine pour le Culte divin et la Discipline des sacrements.” Or ce site qui prétend mettre la liturgie catholique à la portée de tous est pauvre, très pauvre et, pour tout dire, à l’image des messes “françaises” qui, on le sait, sont loin d’être des modèles de liturgie et d’obéissance aux normes données par l’Eglise.
Le concile Vatican II affirmait que la langue de la liturgie est le latin, et que les clercs doivent dire l’office divin en latin. Ce qui avait été de nouveau clairement rappelé par la récente Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis approuvée par Benoît XVI. On ne trouve absolument rien à ce sujet sur ce site.

Le concile Vatican II avait rappelé que le chant grégorien est “le chant propre de la liturgie romaine”. Or il n’y a pas un mot sur le chant grégorien sur ce site, ce qui est d’autant plus inexplicable que Mgr Le Gall, Président de la Commission épiscopale pour la Liturgie a été pendant des années Abbé de Sainte-Anne de Kergonan (Congrégation de Solesmes), où l’on célèbre la messe en latin et en grégorien. Nombreux sont ceux qui ont du mal à comprendre son brutal abandon d’une valeur liturgique qui alimentait sa vie bénédictine, sauf à penser que dès qu’on devient évêque français il convient de brûler ce qu’on a aimé.

Mais il y a d’autres lacunes. L’article sur la messe que l’on trouve sur le site internet ne dit absolument rien de ce qu’est fondamentalement la messe. On apprend simplement qu’à la messe on “fait mémoire”, et l’on fait “l’expérience de rencontrer les autres, d’écouter et de répondre, de prendre le pain... Comme votre gâteau d’anniversaire rend présente et tangible la réalité spirituelle de vos amitiés (...) les symboles chrétiens rendent présent le Christ et son oeuvre de salut. (...) En prenant part au partage du pain, vous devenez “complices” du Christ pour qui l’homme réussit sa vie quand il la donne... Le geste de la fraction du pain me rappelle notre vocation à faire en sorte que tous aient à manger.” C’est peu et ce n’est pas très catholique!
Rien non plus sur le Sacrifice du Seigneur ; rien sur la Présence réelle de Dieu sur l’autel et dans le tabernacle... Et les internautes qui souhaiteraient “aller plus loin” dans la connaissance de ce qu’est la messe catholique apprennent simplement qu’on y prend le pain, qu’on partage le pain avec des inconnus, et que le coeur de la messe, c’est “l’annonce” de la présence du Christ".

 

Pour François Lugan, ce site n’a que deux choses de bien : le dictionnaire de la liturgie de Mgr Le Gall et la possibilité de rechercher les heures de messe du lieu ou ont est en France. Pourquoi ne trouve-t-on que deux textes de Rome sur la liturgie : la constitution du concile Vatican II sur la liturgie et le motu proprio ? Il y a pourtant de nombreux autres textes. Pourquoi ne présenter, comme revues liturgiques, que les fiches dominicales de saint Brieux qui, comme tout le monde le sait, ne sont pas fidèle à ce que demande de vivre et de faire  le concile Vatican II et la congrégation romaine sur la liturgie ? Pourquoi n’y a-t-il pas la possibilité d’avoir un approfondissement de la liturgie pour des personnes avancées en liturgie ? Je pense que le néophyte risque de ne pas comprendre ce que demande le Magistère de l’Eglise Catholique et le concile Vatican II de faire et de vivre en liturgie. Pourquoi ne parle t-on pas des normes liturgiques demandées par l’instruction Redemptionis Sacramentum et que nous devons appliquer ?

 

Quelle autorité donnée à la reconnaissance d’un site par un évêque ou une Conférence des Evêques ou un site fait par cette Conférence ?

 

En ce qui concerne l'autorité des Evêques ou de la Conférence des Evêques, voici ce que le cardinal Ratzinger écrivait sur cette question dans son livre Entretien sur la foi : "La nette remise en valeur du rôle de l'évêque, par le concile Vatican II, s'est en réalité atténuée, au risque même de se trouver étouffée par l'intégration des évêques à des conférences épiscopales de plus en plus organisées, dotées de structures bureaucratiques souvent lourdes. Nous ne devons pas oublier que les conférences épiscopales n'ont pas de base théologiques ni mission de magistère ; leurs documents n'ont donc pas de valeur spécifique". Donc cela signifie que les propositions, informations, commentaires, reconnaissances et conseils ne peuvent être reçues et appliquées que si elles n'affaiblissent pas ou ne contredisent pas les enseignements du Magistère de l’Eglise Catholique et les données du Missel romain. Ce qui veut dire qu'un Evêque ou une Conférence des Evêques ne peut être écouté que si elle est en communion avec le Magistère de l'Eglise Catholique du concile Vatican II. Et pour la liturgie, le numéro 28 de l'instruction Redemptionis Sacramentum de 2004 dit : " toutes les normes relatives à la liturgie, établies par une Conférence des Evêques, selon les normes du droit, pour son propre territoire, doivent être soumises à la recongitio (reconnaissance) de la Congrégation pour le Culte Divion et la Discipline des Sacrements, sans laquelle elles n'ont aucun caractère obligatoire". Et en note du numéro 28, il est cité le code de droit canon au numéro 838 paragraphe 3 qui reprend ce qui vient d’être dit. 

 

Voici ce qu’en pense Denis Crouan : « J'avais mis quelque chose à propos de cet site sur la page d'information de Pro Liturgia. Malheureusement, ce site de "liturgie catholique" est très peu... catholique : c'est tout et n'importe quoi, et tout est dit de façon très vague... ».

Recherche de dons financiers pour aider des séminaristes et pour sortir de la misère des enfants au Bénin et au Cameroun


Chapelle des séminaristes du Cameroun


Quelques uns des séminaristes du Cameroun


Nous venons auprès de vous solliciter une aide précieuse, utile et indispensable pour la formation des futurs prêtres au Cameroun et pour sortir des enfants de la misère au Bénin et au Cameroun.

En effet, nous sollicitons par l’intermédiaire de l'Association Apostolat Sainte Thérèse l'acquisition de livres et de moyens financiers pour aider des enfants et des séminaristes dans ces deux pays africains.

Ayant très peu de moyens financiers et matériels, nous avons besoins de livres et d'argent pour assurer le quotidien des séminaristes et des enfants.

Nous comptons sur votre générosité et vous assurons de notre union dans la prière auprès de Notre Dame.

L'abbé Maximin Massi et le père Pascal pour le Bénin ainsi que l'abbé Patrich NDong pour le Cameroun, vous remercient de ce que vous faites pour l'Eglise de Dieu qui est au Bénin et au Cameroun.

Sauvons les enfants pour sauver l'espérance de l'humanité : parrainage des enfants orphelins de la ville de Savalou au Bénin avec le pére Maximin Massi délégué par son évêque et professeur au grand séminaire de Ouidah prés de Cotonou .

Le pére Maximin Massi a donné sa vie au Seigneur pour sauver les orphelins de la rue et c'est ainsi qu'il va les récupérer dans le Vaudou et à la Côte d'Ivoire de l'esclavage et actuellement ce sont plusieurs dizaines d'enfants qui sont à parrainer . Pour les sortir de leur misére, l'école est pour eux la principale porte de sortie mais, au Bénin, ce sont les parents qui doivent payer les professeurs, les cours et le matériel . Avec 20 euros par mois, un enfant peut suivre l'école , se nourrir, se vêtir, et avoir des soins médicaux . Aux bout de deux ans de cours il peut apprendre un métier et sortir de son cauchemare ! C'est pourquoi le pére Massi et l'association souhaite des parrainages de deux années consécutive .



Il existe une association humanitaire pour les orphelins du Père Maximin Massi :

"au Coeur du Bénin"
17, Chemin le Porteau
85270 Hilaire de Riez
France
Tel : 02-51-54-43-56

Vous aurez, à l’adresse de cette association, tous les renseignements pour le parrainage d’un ou plusieurs enfants pour 20,00 € mensuel ou 240,00 € pour un an et pour un enfant. Le but du père Maximin est de s'occuper des orphélins jusqu'a ce qu'ils soeint financièrement autonome en les logeant, les nourissant, les vétir, les soigner et leur permettant d'obtenir un diplôme professionnel ou devenir religieux ou prêtre. Vous recevez alors la photo de l'enfant et son adresse pour pouvoir correspondre avec lui (ne pas lui envoyer d'argent personnel) ainsi que des nouvelles régulières de ce qui se passe et des besoins financiers pour faire face à la vie de tous les jours.

Pour permettre à chacun de vous de recevoir des reçus pour déduction fiscale de vos dons, il faut effectuer votre don a l'ordre de l'association humanitaire ("au coeur du Bénin") qui prend en charge ses enfants.



Il y a aussi l’internat–orphelinat du Père Pascal :

253 orphelins de père ou de mère ou des deux, des enfants de familles sans aucune ressources… Ils sont des garçons et des filles de 4 à 15 ans, bien nourris, bien habillés, bien éduqués, plein de vie et si joyeux ...

Ils sont pourtant dans des bâtiments sommaires, dorment sur des nattes, font la toilette sans service d'eau, sans électricité... Ils ont des règles de vie très organisées : lever pour tous à 6 H - chapelet - Messe - école sous les abris - formation à l'expression, au chant, à la danse et ­à la vie familiale... Ils ont une joie que nous ne connaissons pas chez nous...

Mais pour donner à manger à tout ce petit monde, payer les enseignants, les cuisinières, les livres… il faut des euros… beaucoup d'euros…

Vous pouvez parrainer un orphelin : 20,00 € mensuel ou 240,00 € pour un an par enfant. Vous recevez alors la photo de l'enfant et son adresse pour pouvoir correspondre avec lui (ne pas lui envoyer d'argent personnel).

Pour permettre à chacun de vous de recevoir des reçus pour déduction fiscale de vos dons, nous avons aidé à la création d'une association humanitaire qui prend en charge ses enfants :

« Enfants du Benin - Amour et Education »
41, rue Poterie 
35500 Vitre
FRANCE
 Tel 02-99-75-04-18 ou 02-99-76-32-27.

Vous aurez, à l’adresse de cette association, tous les renseignements pour le parrainage d’un ou plusieurs enfants.


Pour aider au Cameroun les enfants ou les séminaristes, il vous suffit d'envoyer un chèque du montant de votre don à l'Association Apostolat Sainte Thérèse. L'Association Apostolat Sainte Thérèse transmettra. Les livres sont refusés ; il faut uniquement des dons d'argent soit pour effectuer un don ponctuel ou pour donner 20,00 € par mois ou 240,00 € par an.

Pour aider au Bénin le Père Maximin et le père Pascal, il suffit de contacter leur Association pour faire un don ponctuel ou pour donner 20,00 € par mois ou 240,00 € par an.

En cas de problème, vous pouvez toujours contacter par téléphone, courrier postal ou courrier électronique :

Association Apostolat Sainte Thérèse
Chez François Lugan
Immeuble le Furon
22, rue Pouteil Noble
38250 Villard de Lans
France
Téléphone portable : 06-86-91-06-47
Courrier électronique : f.lugan@wanadoo.fr


Consecration à Jésus-Christ par les mains de Marie selon saint Louis Marie Grignion de Montfort

Marie nous aide à parcourir tout un itinéraire dans la confiance en Dieu et en elle.

Je voudrais vous aider à découvrir le POUQUOI et le COMMENT de notre Consécration à Jésus-Christ par les mains de la Très Sainte Vierge Marie. Nous partirons d'une vérité d'expérience et ensuite nous en verrons la justification plus doctrinale.

 Je pense à ceux qui entendent pour la première fois parler de cette CONSECRATION.
Je pense aussi à nous tous qui faisons cette démarche depuis longtemps, mais sans en avoir véritablement découvert toute l'efficacité et tout le réalisme.
On peut en effet, avoir une grande dévotion en la Sainte Vierge et n'avoir pas encore véritablement expérimenté cet entraînement dans la confiance qu'Elle nous donne. Par conséquent, je pense que cela peut nous concerner tous, quelle que soit notre situation, quelle que soit notre vocation.

La Spirale de la Confiance

Il n 'y a que la confiance qui puisse engendrer la confiance. Il faut donc un point de départ qui soit petit, mais en même temps personnel, libre et volontaire.
Je vous invite donc à confier à la Vierge Marie un point de votre vie personnelle ou familiale, ou bien de votre vie de foi, un geste ou une démarche spirituelle. Il s'agit de choisir quelque chose de limité mais qui soit vrai et pratique.
Par exemple  Les personnes avec lesquelles vous tra­vaillez. Ce n'est pas toute votre vie, mais ce n'est pas rien non plus. Vous réfléchissez et vous priez :

"Vierge Marie, je voudrais te confier particulièrement telle difficulté avec telle personne de mon entourage. Je te la donne. Je te demande ton aide humblement, pour qu'il y ait progrès. Pour cela, je te promets de prier pendant quinze jours à cette intention, en disant par exemple chaque jour une dizaine de chapelet."

Alors comme convenu, vous vous mettez à genoux et vous dites cette dizaine de chapelet, chaque jour, pendant une quinzaine. Soyez vrais, vis à vis de ce que vous avez promis à la Vierge: C'est une Alliance.
Au bout de quinze jours, faites le bilan. Vous consta­tez que ce n'est pas encore parfait, mais vous constatez aussi un mieux, quelque chose qui vous montre que vous avez été aidé d'une façon précise et irrécusable. Alors quitte ou double.

Encouragé par ces résultats, vous allez réfléchir et vous pourrez prendre un autre point de votre vie. Par exemple : Vos soirées en famille. Vous allez là encore les consacrer à Marie, en convenant avec Elle d'une prière chaque jour. Au bout du délai convenu (ni trop, ni pas assez) nouveau bilan. Résultat : Tout n'est pas encore solutionné ; et cependant, vous constatez quelque chose d'extraordinaire, par exemple : un début de vrai dialogue, jusque là impossible, avec un de vos enfants. Devant ce constat, quitte ou double.

Vous pourrez prendre ensuite d'autres points concernant votre vie chrétienne, par exemple: la fidélité à prier, la manière de vivre la messe et la communion. La Vierge s'intéresse à tout ce qui fait notre vie, pas seulement à ce qui est religieux. Là encore, au bout de quelques temps, vous noterez un mieux très net: votre prière devient plus régulière, votre attention à la messe est plus soutenue, vos communions sont beaucoup plus ferventes.

Ainsi vous prenez en main votre vie spirituelle. Marie est prête à vous aider dans tous les domaines, mais c'est à vous à choisir un point, puis un autre, une difficulté ou une personne et à les lui consacrer.

Quand vous aurez fait cela plusieurs fois, vous compren­drez alors la relation qu'il est possible d'avoir avec la Vierge. Elle aura changé quelque chose. Vous le constate­rez honnêtement. Et en voyant les résultats, vous sentirez monter en vous la Confiance : C'est une Spirale de Confiance

Commencez petit pour être vrai, et de résultat en résul­tat, un jour viendra où vous serez complètement dégagé de la peur. Alors vous pourrez dire cette Consécration, parfaite­ment d'accord avec ces mêmes mots qui aujourd'hui vous paraissent tellement excessifs : "Je vous livre et consacre en toute soumission et amour mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs..."
Nous avons à devenir responsables. Personne ne prendra en main votre vie spirituelle à votre place. La Vie Spiri­tuelle : Du côté de Dieu, c'est la Grâce de l'Esprit Saint: Elle nous est sans cesse offerte, et à tous; De notre côté, la Vie Spirituelle est faite d'une suite de choix, à reprendre et à tenir.

C'est donc en toute droiture que je me confie à Marie. Et une confiance en entraîne une autre : C'est une spirale.

Certains feront tout ce parcours en quelques semaines ou en quelques mois. Autant aller doucement et faire les choses sérieusement! L'essentiel est de constater que dans un domaine, puis dans un autre, CETTE CONFIANCE VOUS AURA FAIT PROGRESSER SELON L'EVANGILE ET SELON VOTRE VOCA­TION, tout en concernant des points qui pour vous sont vrais et importants. Alors, vous en viendrez à faire la démarche que nous ferons à la fin de cette retraite: La remise de soi totale, définitive et inconditionnelle à la Vierge Marie.

Dans l'Ecriture (en particulier le livre du Lévitique), il y a une différence entre le sacrifice et l'holocauste. Le Sacrifice: C'est donner une partie de soi-même, de ses biens, de son temps à Dieu. C'est une offrande d'amour, mais c'est une offrande partielle, que l'Ecriture distingue soigneusement de l'Holocauste, qui est l'oblation totale de soi-même.
D'emblée, vous ne pouvez pas faire cet holocauste de vous-même : "Me voici, Père, pour faire Ta Volonté." C'est la peur qui vous en empêche, et cette peur traduit votre manque de foi.
Aussi., avant d'en arriver là, vous allez constater tout le bénéfice que vous retirez d'une offrande partielle: Une confiance en engendre une autre jusqu'à ce que, au bout de plusieurs semaines, plusieurs années, (peu importe), vous puissiez faire en toute vérité l 'holocauste de vous ­même :

"Me voici. la Servante du Seigneur. Qu'il me soit fait
selon Ta Parole". Voilà l'holocauste de Marie.
Et voici celui de Jésus :
"Entrant dans le monde, le Christ dit : Me voici, ô Dieu, pour faire Ta Volonté"

Telle est l'expérience que je vous propose de vérifier personnellement et graduellement, jusqu'à ce que vous en tiriez vous-même toutes les conséquences. C'est un chemin de sanctification : encore faut-il se mettre en route.

Si vous êtes fidèle, sachez que Lui et Elle le sont   bien davantage.

Marie nous conduit à Dieu

Voici maintenant l'explication qui est la JUSTIFICATION THEOLOGIQUE de cet itinéraire que je viens de décrire. Elle est simple et riche: MARIE NOUS CONDUIT A DIEU.
C'est sa grâce, sa vocation, sa mission. Et c'est aussi le bénéfice que nous retirons de notre Consécration: Elle nous conduit à Dieu, en Dieu.

Elle peut nous faire aimer le Fils puisqu'elle est vraiment sa Mère. Elle le connaît d'une connaissance à la fois humaine et toute divine.
 Elle nous rend docile à l' Esprit -Saint comme elle le fut elle-même, depuis l'Annonciation jusqu'à la Pentecôte.
Enfin Elle nous fait rechercher la gloire de Dieu Notre Père. Elle nous éduque en fonction de ce Père qui est deve­nu le nôtre et aussi le sien.

C'est pourquoi, Elle nous pousse à rechercher les af­faires de Dieu. Elle nous fait entrer dans les soucis de Dieu, son Nom, son Règne, sa Volonté. Elle éduque chacun de nous à une Vie Trinitaire. C'est ce qu'on appelle la sainteté : La sainteté n'est pas un luxe, mais un devoir, comme dit le Père Kolbe, souvent repris par le Père Finet. Marie est précisément la Toute-Sainte, la "Panaghia", pour nous conduire au coeur du Mystère Trinitaire.

En Marie, tout est chrétien, c'est à dire que tout est du Christ, tout est selon l'Esprit du Christ et tout en vue du Christ. Ce qu'elle a, tout ce qu'elle est, c'est Dieu qui le lui a donné, et elle peut le faire fructifier pour nous, en nous. Tout ce qu'elle est devenue est comme mis à notre disposition.

J'apprécie beaucoup ce REALISME concernant Marie. Déjà Saint Irénée, au second siècle insistait pour dire que la foi et tous les mystères de la foi sont faits pour être utiles, pour notre bien, "pour nous et pour notre salut" comme affirme le Credo. Ainsi tout ce qui concerne
la Vierge Marie est un don que Dieu met à notre disposi­tion.
Je voudrais développer et préciser cela avec le langa­ge de l'Evangile.

MARIE : Elle est LA VIERGE, LA FEMME, LA MERE.

Ce sont ses titres dans les Evangiles. Alors je les préfère à tous les autres, car ils sont ainsi le langage commun à tous les chrétiens, un langage véritablement oecuménique.

MARIE EST LA VIERGE : "parthenos".

Vous trouvez ce titre, deux fois de suite dans la même phrase de Saint Luc, qui est un écrivain fort soigneux IlL 1 ange Gabriel fut envoyé par Dieu auprès d'une parthenos.
.. .Et le nom de cette parthenos était Marie" Luc 1,27. Ce mot de parthenos désigne une jeune fille qui est vierge. Ainsi, dès le début de l'annonce de Jésus à Marie, c'est la seule chose, c'est la seule qualité de Marie qui soit répétée : Elle est La Vierge

Qu'est-ce que cela signifie? Cela veut dire que MARIE EST PLEINEMENT DONNEE A L'ABSOLU DE DIEU. Dieu l'a saisie. Dieu est désormais et pour toujours sa plénitude.

Dans l'Ancien Testament, la virginité est seulement une attente, la caractéristique d'une jeune fille qui n'a pas encore été épousée. Dans l'Ancien Testament, la virginité n'est pas recherchée pour elle-même. Personne ne tient positivement à rester vierge.

Par contre, à partir de la première génération chré­tienne, on rencontre des hommes et des femmes qui veulent librement, personnellement, positivement, se consacrer à Dieu corps et âme, en particulier pour l'Evangélisation. A Césarée par exemple, qui est un port, Philippe a quatre filles "parthenoï" : Actes XXl, 8. A Corinthe, un autre port, réputé pour la "liberté" de ses moeurs, il Y a dans la Communauté chrétienne des jeunes filles qui demandent à leur père de ne pas se marier, pour être plus entièrement aux affaires du Seigneur : 1ère Cor.VII. Paul va répondre que le mariage est une bonne chose, sainte, puisque cette vie de famille rappelle l'Alliance de Dieu avec son Peuple, du Christ avec son Eglise. Et il constate que celui ou celle qui n'est pas marié peut épouser à plein coeur les affaires du Seigneur. "Ainsi, celui qui se marie fait bien; celui qui ne se marie pas (pour le Seigneur) fait mieux" 1 Cor VII, 38.
Dans cette virginité chrétienne, il n' y a donc rien de négatif à l'égard du mariage et de la sexualité humaine. C'est Dieu qui veut avoir plus de place dans le coeur, la vie et toute l'existence de quelques uns de ses enfants. La virginité est le signe d'une alliance, d'un mariage plénier avec le Seigneur et les affaires du Seigneur : L'Evangélisation.

Avec Marie, avec les premiers chrétiens, la virginité apparaît donc comme une qualité qui peut remplir le coeur et la vie d'un homme et d'une femme. Seul, l'absolu de Dieu peut les saisir dans tout leur être, dans toute leur humanité. Dire que Marie est Vierge, c'est dire qu'ELLE VA EDUQUER EN NOUS LE GOUT DES CHOSES DE DIEU.
Dire que Marie est La Vierge, c'est souligner que si je me tourne vers elle, elle fera en sorte que mes choix et mes priorités deviennent de plus en plus ceux et celles du Seigneur. Voilà en quoi elle est La Vierge, c'est à dire toute consacrée, toute référée à Dieu dans la totalité de sa personne et de son coeur.

Aussi, en m'approchant d'Elle, c'est ce sens de l'abso­lu de Dieu qui va grandir en moi. Ce n'est pas une question de sensibilité. Il se peut même que pour des raisons per­sonnelles, je ne me sente pas spontanément tourné vers Marie, peut-être parce qu'on m'a présenté d'elle des images qui suscitent en moi une réaction de recul. Et je puis garder longtemps cette réticence à son égard. Mais en me tournant vers elle dans la foi, par cette consécration, ce n'est pas ma sensibilité qui va changer, c'est l'absolu de Dieu qui va entrer dans mon coeur et dans ma vie.

Voilà bien l'étonnant: Je me tourne vers Marie et' ce n'est pas elle qui vient à moi, c'est l'absolu de Dieu qui grandit en moi. Parce qu'Elle est La Vierge.
Une telle constatation ne peut que m'encourager à lui faire davantage confiance au vu des résultats. Et ainsi ma confiance en elle progresse comme dans une spirale.

MARIE EST LA FEMME

Malgré les apparences, ce titre est difficile à bien saisir. Marie est La Femme, c’est à dire qu’elle est au côté du Christ et de chacun de nous si nous le voulons bien.
Dans l'Ecriture, nous voyons Adam et Eve, l'homme et la femme, mis par Dieu au "côté" l'un de l'autre. C'est pourquoi Dieu a tiré l'un du "côté" de l'autre. Ce langage est très suggestif et accessible à tous. Marie est donc La Femme parce qu'elle est au côté du Christ, au côté de Dieu. Regardons-la au pied de la Croix. Elle est vrai­ment au "côté" du Christ, puisqu'elle est "le long de la Croix". Elle est au "côté" de Jésus, tout comme Dieu a voulu Adam et Eve, au côté l'un de l'autre.
C'est pourquoi, -s'adressant à Marie, Jésus ne lui dit ni "Mère", ni "Marie", mais "ô Femme". Par ce titre, Jésus reconnaît qu'elle est à son côté, lui, l'Homme véri­table, lui, le véritable Adam. Elle est, dirions-nous, sa collaboratrice, son auxiliatrice ; elle est co-rédemp­trice. Ici, peu importent ces appellations, pourvu que nous ayons la réalité, à savoir qu'ils sont tous deux inséparables dans le mystère de notre Rédemption. Déjà Saint Irénée l'avait vu et médité au Second siècle.

Marie est donc comme Femme constamment à l'oeuvre avec Jésus, pour Lui, pour le salut du monde, et pour la Gloire du Père. Aussi se Consacrer à Marie, lui confier ses difficultés de travail, sa vie de famille, ses commu­nions, c'est se tourner vers celle qui est La Femme, qui a pour nom et mission d'être "à mon côté".
Si la messe du dimanche et la communion portent davan­tage de fruits, c'est parce qu'à mon côté il y a quelqu'un pour qui la Messe est effectivement l'Essentiel et le Fruit par excellence.
Si dans la vie de famille, une entente progresse ou renaît, c'est parce qu 1 il Y a Quelqu'un, à vos côtés, et au côté de chacun.
Et dans votre vie professionnelle, si vous constatez que plusieurs choses ou attitudes se dénouent, cela vient de Celle qui est là pour être à votre côté, jusques et y compris dans les situations et les décisions les plus tech­niques, car pour elle, il n'y a pas de cloisonnements entre le professionnel, le familial et le religieux.
C'est dans tout notre être et dans toutes nos activités que nous avons à devenir disciples de son Fils et enfants du Père Céleste.

MARIE EST LA MERE

Gardons le très beau passage de la Passion de Jésus selon Saint Jean où près de la Croix se trouve sa Mère, la soeur de sa Mère et d'autres femmes. Ici, l'Evangéliste ajoute: Voyant" la" Mère (et non plus "sa" Mère), Jésus dit au disciple: "Voici ta Mère". Et à partir de cette heure, le disciple la reçut chez lui: Jean XIX, 26, 27.
Marie est donc la Mère du Christ et elle devient la Mère du disciple, de tous les disciples.

Concrètement, en me tournant vers Elle,en lui consa­crant un aspect de moi-même, elle va agir en Mère, c'est à dire en responsable de la vie du Christ en moi. ELLE VA DONC FAIRE GRANDIR MA VIE CHRETIENNE. Là encore, il ne s'agit pas d'une question de sensibilité. Je peux avoir encore des doutes ou des craintes à son sujet. Je suis peut-être encore loin de l'holocauste...mais en lui consa­crant quelque chose de moi-même, de ma personne et de ma vie, je vais constater, si je suis loyal, qu'au bout d'un certain temps, c'est la vie même du Christ en moi qui aura grandi. Voilà qui est merveilleux! Je me tourne vers Elle, la Mère du Christ, et je constate que c'est le Christ qui grandit en moi et d'une façon tellement vivante.

Parce qu'elle est la Mère, Marie nous élève, car la grâce de sa maternité consiste à nous faire tous et chacun grandir. Les parents élèvent leurs enfants, ils les font grandir. Ainsi, si nous consacrons à Marie notre vie de famille, elle nous fera tous et chacun progresser.

Et pour un prêtre, elle le fera grandir dans l'Eucha­ristie, dans sa lecture de l'Ecriture, dans la rencontre de 'tous. et de chacun, dans sa charité pastorale. Quoi de plus important pour un prêtre! Quoi de plus important pour Elle-même !

Elle pourra aussi donner le SENS DE L'EGLISE, car pour Elle, l'Eglise c'est le Corps du Christ. Marie ne peut voir l'Eglise que du dedans. Elle ne peut pas la voir de l'extérieur, simplement comme une société humaine avec ses limites et ses lourdeurs.
Marie étant la Mère du Christ, va m'aider à découvrir l'Eglise comme le Corps de son Fils sur la terre, un Corps toujours en croissance. Elle nous élève, comme à Nazareth elle a élevé et fait grandir l'Enfant que Dieu lui avait donné.

Voilà ce que nous allons recevoir de cette Consécration: Foi, Espérance, Charité progresseront, ainsi que notre amour de l'Eglise et notre Obéissance filiale.

Voilà les trois grands titres de Marie, ses trois grandes fonctions. Tous ceux qui se confient à Elle, voient ainsi progresser beaucoup de choses, et de constatations en progrès, de progrès en élargissement s, en viennent à une Confiance totale, absolue, irréversible.

Saint Louis Marie Grignion de Montfort

Dès les débuts du Foyer et au terme de toutes les re­traites, le Père Finet a voulu utiliser le texte de la Consécration à Jésus-Christ par les mains de Marie de Saint Louis Marie Grignion de Montfort. Pourquoi utiliser encore ce texte dont le vocabulaire a vieilli? Avant tout, parce qu'il traduit une expérience qui dit parfaitement ce que je viens de décrire et de justifier.

 Louis Marie Grignion de Montfort est né en 1673 et meurt en 1116.  Le texte de sa "CONSECRATION A JESUS PAR MARIE" est avant tout le fruit d'une expérience.

Vous savez comment se déroulait une Mission paroissiale: Pendant deux ou trois semaines, une équipe de "mission­naires" rassemblait les fidèles, souvent le soir et par catégories, pour des prédications, des processions, des messes et des confessions. Au terme de cette mission on constatait des grâces magnifiques: des époux séparés se sont réconciliés, des familles paysannes, brouillées depuis des générations pour des histoires de terrains et d'hérita­ges se sont réconciliées. On constate aussi que ceux qui s'adonnaient secrètement à la sorcellerie ou à la magie, brûlent publiquement leurs livres en disant: Nous avions fait alliance avec Satan, nous voulons retrouver la foi et les engagements de notre Baptême. Et la Mission se termi­nait dans l'action de grâce par une grande Profession de Foi, comme une REACTUALISATION DES PROMESSES DU BAPTEME: "Je renonce à Satan et je me donne à Jésus-Christ".

Ainsi l'essentiel de la vie chrétienne était renouvelé.

Et comme repris à la racine. Evidemment dans cette Profes­sion de Foi catholique, Marie n'était pas oubliée. La plupart des missions se finissaient par un acte ou une prière de Consécration à Marie avec fleurs, bougies et ins­truments de musique. Et c'est ainsi que se succédaient les missions de paroisses en doyennés.

En bon missionnaire qui se soucie de ce que la grâce et son ministère ont pu semer dans les coeurs et les pa­roisses, le Père de Montfort observe ceci : Là où la MISSION S'EST PROLONGEE PAR CETTE REFERENCE A LA VIERGE, là où les familles ont tenu bon dans cette prière, là où le chapelet s'est maintenu vivant, LA AUSSI SE MAINTIENNENT LES FRUITS VISIBLES DE LA MISSION.

Mais là où la Mission, après avoir pourtant produit de vrais miracles, n'a pas été entretenue par cette réfé­rence à la Vierge Marie, les fruits de la Mission demeu­rent visibles pendant quelques temps, mais ensuite s'étio­lent, et réapparaissent divisions, querelles, oublis du Baptême et de ses exigences. Telle est la constatation du Père de Montfort. Remarquez que nous sommes dans une situation identique : Au terme d'une retraite, beaucoup repartent renouvelés dans leur vie chrétienne. Mais dans six mois, dans un an, que restera-t-il des fruits de cette retraite ?

C'est devant cette question et ce double constat que le Père de Montfort a écrit : "LE SECRET DE MARIE", pour proposer à la fin des Missions cette Consécration à la Sainte Vierge, de telle sorte qu'étant pratiquée et entre­tenue en particulier par le chapelet, la Mission continue de porter ses fruit s de conversion évangélique. Dès sa jeunesse et durant toute sa formation à Paris, Grignion de Montfort a constamment expérimenté cette spirale de la Confiance en Marie pour lui-même et dans son ministère de prêtre. C'est de là que vient son exceptionnel amour du Christ, qui lui a fait écrire "L'AMOUR DE LA SAGESSE", et pour que cette doctrine ne soit pas ignorée des gens simples, il écrivit ensuite "Le TRAITE DE LA VRAIE DEVO­TION" et ce qui en est son résumé :IILE SECRET DE MARIE".

Même si quelques mots de son vocabulaire ont inévita­blement vieilli, l'expérience, elle, est toujours neuve. A QUI SE TOURNE VERS ELLE, MARIE DONNE DIEU. Il faut l'avoir expérimenté pour y croire et en être convaincu. Beaucoup le savent, mais bien peu le pratiquent : C'est pourquoi, ce chemin vers la Sainteté est un "SECRET", tant apprécié de ceux qui le pratiquent, mais encore ignoré, quand ce n'est pas regardé de haut, par le grand nombre.

Jean-Paul II n'a pas caché à André Frossard qui l'in­terviewait que c'est à cette Consécration Mariale selon G. de Montfort, qu'il doit tant, dans son ministère, dans son histoire spirituelle personnelle, et jusque dans le regard qu'il est amené à poser sur tout homme et toute femme :

"La Lecture de ce livre (le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge) a marqué dans ma vie un tournant décisif. Je dis tournant, bien qu'il s'agisse d'un long cheminement intérieur. Je me rappelle l'avoir longtemps porté sur moi, même à l'usine de soude,si bien que sa belle cou­verture était tâchée de chaux. Je revenais sans cesse et tour à tour sur certains passages. Je me suis vite aperçu qu'au delà de la forme baro­que, il s'agissait de quelque chose de fondamen­tal. J'ai compris que cette relation intérieure à la Mère de Dieu résulte organiquement de notre lien au mystère du Christ: il n'est donc pas question que l'un nous empêche de voir l'autre. Bien au contraire. Plus ma vie a été centrée sur la réalité de la Rédemption, plus l'abandon à Marie, dans l'esprit de Saint Louis Marie Grignion de Montfort, m'est apparu comme le meilleur moyen de participer avec fruit et efficacité à cette réalité (de la Rédemption), pour y puiser d'inex­primables richesses...Cette dévotion à la Mère du Christ m'a aidé à entourer la femme d'égards, et n'a fait qu'accroître mon respect pour son mystère." André Frossard : Dialogue avec Jean-Paul II Laffont 1982.


« Je me tourne vers vous, o Jésus, pour me plaindre de ce que la plupart des chrétiens, même des plus savants, ne savent pas la liaison nécessaire qui est entre Vous et votre sainte Mère » Traité de la vraie dévotion numéro 65.

« Ce secret ne devient grand qu’à mesure qu’une âme en fait usage » Secret de Marie.



Auteur : Père Bernard Michon (prêtre des foyers de charité)
Copyright : Association Apostolat Sainte Thérèse

Association spirituelle sainte Thérèse : le traité de la vraie dévotion à Marie de saint Louis Marie Grignion de Montfort

TRAITE DE LA VRAIE DEVOTION A LA SAINTE VIERGE «PREPARATION AU REGNE DE JESUS-CHRIST»]

[I. «NECESSITE QUE NOUS AVONS DE LA DEVOTION A LA TRES-SAINTE VIERGE»]

[A. NECESSITE DE LA DEVOTION A MARIE]

1. C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'il doit régner dans le monde.

2. Marie a été très cachée dans sa vie: c'est pourquoi elle est appelée par le Saint-Esprit et l'Eglise Alma Mater : Mère cachée et secrète. Son humilité a été si profonde qu'elle n'a point eu sur la terre d'attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n'être connue que de Dieu seul.

3. Dieu, pour l'exaucer dans les demandes qu'elle lui fit de la cacher, appauvrir et humilier, a pris plaisir à la cacher dans sa conception, dans sa naissance, dans sa vie, dans ses mystères, dans sa résurrection et assomption, à l'égard de presque toute créature humaine. Ses parents mêmes ne la connaissaient pas; et les anges se demandaient souvent les uns aux autres : Quae est ista ? Qui est celle-là? Parce que le Très-Haut la leur cachait; ou, s'il leur en découvrait quelque chose, il leur en cachait infiniment davantage.

4. Dieu le Père a consentit qu'elle ne fit point de miracle dans sa vie, du moins qui éclatât, quoiqu'il lui en eût donné la puissance. Dieu le Fils a consenti qu'elle ne parlât presque point, quoiqu'il lui eût communiqué sa sagesse. Dieu le Saint-Esprit a consenti que ses Apôtres et ses Evangélistes n'en parlassent que très peu et qu'autant qu'il était nécessaire pour faire connaître Jésus-Christ, quoiqu'elle fût son Epouse fidèle.

5. Marie est l'excellent chef-d'oeuvre du Très-Haut, dont il s'est réservé la connaissance et la possession. Marie est la Mère admirable du Fils, qu'il a pris plaisir à humilier et à cacher pendant sa vie, pour favoriser son humilité, la traitant du nom de femme, mulier, comme une étrangère, quoique dans son coeur il l'estimât et l'aimât plus que tous les anges et les hommes. Marie est la fontaine scellée et l'Epouse fidèle du Saint-Esprit, où il n'y a que lui qui entre. Marie est le sanctuaire et le repos de la Sainte-Trinité, où Dieu est plus magnifiquement et divinement qu'en aucun lieu de l'univers, sans excepter sa demeure sur les chérubins et les séraphins; et il n'est pas permis à aucune créature, quelque pure qu'elle soit, d'y entrer sans un grand privilège.

6. Je dis avec les saints: La divine Marie est le paradis terrestre du nouvel Adam, où il s'est incarné par l'opération du Saint-Esprit, pour y opérer des merveilles incompréhensibles. C'est le grand et le divin monde de Dieu, où il y a des beautés et des trésors ineffables. C'est la magnificence du Très-Haut, où il a caché, comme dans son sein, son Fils unique, et en lui tout ce qu'il y a de plus excellent et précieux. Oh! oh! que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en cette créature admirable, comme elle est elle-même obligée de le dire, malgré son humilité profonde : Fecit mihi magna qui potens est. Le monde ne les connaît pas, parce qu'il en est incapable et indigne.

7. Les saints ont dit des choses admirables de cette sainte cité de Dieu; et ils n'ont jamais été plus éloquents et plus contents, comme ils l'avouent eux-mêmes, que quand ils en ont parlé. Après cela, ils s'écrient que la hauteur de ses mérites, qu'elle a élevés jusqu'au trône de la Divinité, ne se peut apercevoir; que la largeur de sa charité, qu'elle a plus étendue que la terre, ne se peut mesurer; que la grandeur de sa puissance, qu'elle a jusque sur un Dieu même, ne se peut comprendre; et, enfin, que la profondeur de son humilité et de toutes ses vertus et ses grâces, qui sont un abîme, ne se peut sonder. O hauteur incompréhensible ! O largeur ineffable ! O grandeur démesurée! O abîme impénétrable !

8. Tous les jours, d'un bout de la terre à l'autre, dans le plus haut des cieux, dans le plus profond des abîmes, tout prêche, tout publie l'admirable Marie. Les neuf choeurs des anges, les hommes de tous sexes, âges, conditions, religions, bons et mauvais, jusqu'aux diables, sont obligés de l'appeler bienheureuse, bon gré, mal gré, par la force de la vérité. Tous les anges dans les cieux lui crient incessamment, comme dit saint Bonaventure: Sancta, sancta, sancta Maria, Dei Genitrix et Virgo; et lui offrent millions de millions de fois tous les jours la Salutation des anges: Ave, Maria, etc., en se prosternant devant elle, et lui demandant pour grâce de les honorer de quelques-uns de ses commandements. Jusqu'à saint Michel [qui], dit saint Augustin, quoique le prince de toute la cour céleste, est le plus zélé à lui rendre et à lui faire rendre toutes sortes d'honneurs, toujours en attente pour avoir l'honneur d'aller, à sa parole, rendre service à quelqu'un de ses serviteurs.

9. Toute la terre est pleine de sa gloire, particulièrement chez les chrétiens où elle est prise pour tutélaire et protectrice en plusieurs royaumes, provinces, diocèses et villes. Plusieurs cathédrales consacrées à Dieu sous son nom. Point d'église sans autel en son honneur: point de contrée ni canton où il n'y ait quelqu'une de ses images miraculeuses, où toutes sortes de maux sont guéris et toutes sortes de biens obtenus. Tant de confréries et congrégations en son honneur ! tant de religions sous son nom et sa protection ! tant de confrères et de soeurs de toutes les confréries et tant de religieux et religieuses de toutes les religions qui publient ses louanges et qui annoncent ses miséricordes! Il n'y a pas un petit enfant qui, en bégayant l'Ave Maria, ne la loue ; il n'y a guère de pécheurs qui, en leur endurcissement même, n'aient en elle quelque étincelle de confiance; il n'y a pas même de diable dans les enfers qui, en la craignant, ne la respecte.

10. Après cela, il faut dire, en vérité, avec les saints : De Maria nunquam satis. On n'a point encore assez loué, exalté, honoré, aimé et servi Marie. Elle mérite encore plus de louanges, de respects, d'amours et de services.

11. Après cela, il faut dire avec le Saint-Esprit: Omnis gloria ejus filiae Regis ab intus: Toute la gloire de la fille du Roi est au dedans: comme si toute la gloire extérieure que lui rendent à l'envi toute la terre n'était rien, en comparaison de celle qu'elle reçoit au-dedans par le Créateur, et qui n'est point connue des petites créatures, qui ne peuvent pénétrer le secret des secrets du Roi.

12. Après cela, il faut nous écrier avec l'Apôtre: Nec oculus vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit : Ni l'oeil n'a pas vu, ni l'oreille n'a entendu, ni le coeur de l'homme n'a compris les beautés, les grandeurs et excellences de Marie, le miracle des miracles de la grâce, de la nature et de la gloire. Si vous voulez comprendre la Mère, dit un saint, comprenez le Fils. C'est une digne Mère de Dieu: Hic taceat omnis lingua: Que toute langue demeure muette ici. 13. Mon coeur vient de dicter tout ce que je viens d'écrire, avec une joie particulière, pour montrer que la divine Marie a été inconnue jusqu'ici, et que c'est une des raisons pourquoi Jésus-Christ n'est point connu comme il doit être. Si donc, comme il est certain, la connaissance et le règne de Jésus-Christ arrivent dans le monde, ce ne sera qu'une suite nécessaire de la connaissance et du règne de la Très Sainte Vierge Marie, qui l'a mis au monde la première fois et le fera éclater la seconde.

[1. «DIEU A VOULU COMMENCER ET ACHEVER SES PLUS GRANDS OUVRAGES PAR LA TRES SAINTE VIERGE»]

14. J'avoue, avec toute l'Eglise, que Marie n'étant qu'une pure créature sortie des mains du Très-Haut, comparée à sa Majesté infinie, est moindre qu'un atome, ou plutôt n'est rien du tout, puisqu'il est seul "Celui qui est", et que, par conséquent, ce grand Seigneur, toujours indépendant et suffisant à lui-même, n'a pas eu ni n'a pas encore absolument besoin de la Très Sainte Vierge pour l'accomplissement de ses volontés et pour la manifestation de sa gloire. Il n'a qu'à vouloir pour tout faire.

15. Je dis cependant que, les choses supposées comme elles sont, Dieu ayant voulu commencer et achever ses plus grands ouvrages par la Très Sainte Vierge depuis qu'il l'a formée, il es à croire qu'il ne changera point de conduite dans les siècles des siècles, car il est Dieu, et ne change point en ses sentiments ni en sa conduite.

16. Dieu le Père n'a donné son Unique au monde que par Marie. Quelques soupirs qu'aient poussés les patriarches, quelques demandes qu'aient faites les prophètes et les saints de l'ancienne loi, pendant quatre mille ans, pour avoir ce trésor, il n'y a eu que Marie qui l'ait mérité et trouvé grâce devant Dieu par la force de ses prières et la hauteur de ses vertus. Le monde étant indigne, dit saint Augustin, de (le) recevoir le Fils de Dieu immédiatement des mains du Père, il l'a donné à Marie afin que le monde le reçût par elle. Le Fils de Dieu s'est fait homme pour notre salut, mais en Marie et par Marie. Dieu le Saint-Esprit a formé Jésus-Christ en Marie, mais après lui avoir demandé son consentement par un des premiers ministres de sa cour.

17. Dieu le Père a communiqué à Marie sa fécondité autant qu'une pure créature en était capable, pour lui donner le pouvoir de produire son Fils et tous les membres de son Corps mystique.

18. Dieu le Fils est descendu dans son sein virginal, comme le nouvel Adam dans son paradis terrestre, pour y prendre ses complaisances et pour y opérer en cachette des merveilles de grâce. Ce Dieu fait homme a trouvé sa liberté à se voir emprisonné dans son sein; il a fait éclater sa force à se laisser porter par cette petite fille; il a trouvé sa gloire et celle de son Père à cacher ses splendeurs à toutes créatures d'ici-bas, pour ne les révéler qu'à Marie; il a glorifié son indépendance et sa majesté à dépendre de cette aimable Vierge dans sa conception, en sa naissance, en sa présentation au temple, en sa vie cachée de trente ans, jusqu'en sa mort, où elle devait assister, et pour être immolé par son consentement au Père éternel, comme autrefois Isaac par le consentement d'Abraham à la volonté de Dieu. C'est elle qui l'a allaité, nourri, entretenu, élevé et sacrifié pour nous. O admirable et incompréhensible dépendance d'un Dieu que le Saint-Esprit n'a pu passer sous silence dans l'Evangile, - quoiqu'il nous ait caché presque toutes les choses admirables que cette Sagesse incarnée a faites dans sa vie cachée -, pour nous en montrer le prix et la gloire infinie. Jésus-Christ a plus donné de gloire à Dieu son Père par la soumission qu'il a eue à sa Mère pendant trente années, qu'il ne lui en eût donné en convertissant toute la terre par l'opération des plus grandes merveilles. Oh! qu'on glorifie hautement Dieu quand on se soumet, pour lui plaire, à Marie, à l'exemple de Jésus-Christ, notre unique modèle !

19. Si nous examinons de près le reste de la vie de Jésus-Christ, nous verrons qu'il a voulu commencer ses miracles par Marie. Il a sanctifié saint Jean dans le sein de sa mère sainte Elisabeth, par la parole de Marie ; aussitôt qu'elle eût parlé, Jean fut sanctifié, et c'est son premier et plus grand miracle de grâce. Il changea, aux noces de Cana, l'eau en vin. à son humble prière, et c'est son premier miracle de nature. Il a commencé et continué ses miracles par Marie ; et il les continuera jusques à la fin des siècles par Marie. 20. Dieu le Saint-Esprit étant stérile en Dieu, c'est-à-dire ne produisant point d'autre personne divine, est devenu fécond par Marie qu'il a épousée. C'est avec elle et en elle et d'elle qu'il a produit son chef-d'oeuvre, qui est un Dieu fait homme, et qu'il produit tous les jours jusqu'à la fin du monde les prédestinés et les membres du corps de ce chef adorable : c'est pourquoi plus il trouve Marie, sa chère et indissoluble Epouse, dans une âme, et plus il devient opérant et puissant pour produire Jésus-Christ en cette âme et cette âme en Jésus-Christ. 21. Ce n'est pas qu'on veuille dire que la Très Sainte Vierge donne au Saint-Esprit la fécondité, comme s'il ne l'avait pas, puisque, étant Dieu, il a la fécondité ou la capacité de produire, comme le Père et le Fils, quoiqu'il ne la réduise pas à l'acte, ne produisant point d'autre Personne divine. Mais on veut dire que le Saint-Esprit, par l'entremise de la Sainte Vierge, dont il veut bien se servir, quoiqu'il n'en ait pas absolument besoin, réduit à l'acte sa fécondité, en produisant en elle et par elle Jésus-Christ et ses membres. Mystère de grâce inconnu même aux plus savants et spirituels d'entre les chrétiens.

22. La conduite que les trois Personnes de la Très Sainte Trinité ont tenue dans l'Incarnation et le premier avènement de Jésus-Christ, elles la gardent tous les jours, d'une manière invisible, dans la Sainte Eglise, et la garderont jusqu'à la consommation des siècles, dans le dernier avènement de Jésus-Christ.

23. Dieu le Père a fait un assemblage de toutes les eaux, qu'il a nommé la mer; et il a fait un assemblage de toutes ses grâces, qu'il a appelé Marie. Ce grand Dieu a un trésor ou un magasin très riche, où il a renfermé tout ce qu'il a de beau, d'éclatant, de rare et de précieux, jusqu'à son propre Fils ; et ce trésor immense n'est autre que Marie, que les saints appellent le trésor du Seigneur, de la plénitude duquel les hommes sont enrichis.

24. Dieu le Fils a communiqué à sa Mère tout ce qu'il a acquis par sa vie et sa mort, ses mérites infinis et ses vertus admirables, et il l'a faite la trésorière de tout ce que son Père lui a donné en héritage; c'est par elle qu'il applique ses mérites à ses membres, qu'il communique ses vertus et distribue ses grâces; c'est son canal mystérieux, c'est son aqueduc, par où il fait passer doucement et abondamment ses miséricordes.

25. Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle Epouse, ses dons ineffables, et il l'a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu'il possède: en sorte qu'elle distribue à qui elle veut, autant qu'elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qui ne passe par ses mains virginales. Car telle est la volonté de Dieu, qui a voulu que nous ayons tout [par] Marie: car ainsi sera enrichie, élevée et honorée du Très-Haut celle qui s'est appauvrie, humiliée et cachée jusqu'au fond du néant par sa propre humilité, pendant toute sa vie. Voilà les sentiments de l'Eglise et des Saints Pères.

26. Si je parlais à des esprits forts de ce temps, je prouverais tout ce que je dis simplement, plus au long, par la Sainte Ecriture, les Saints Pères, dont je rapporterias les passages latins, et par plusieurs solides raisons qu'on pourra voir au long déduites par le R.P Poiré en sa Triple Couronne de la Sainte Vierge. Mais comme je parle particulièrement aux pauvres et aux simples qui, étant de bonne volonté et ayant plus de foi que le commun des savants, croient plus simplement et avec plus de mérite, je me contente de leur déclarer simplement la vérité, sans m'arrêter à leur citer tous les passages latins, qu'ils n'entendent pas, quoique je ne laisse pas d'en rapporter quelques-uns, sans les rechercher beaucoup. Continuons.

27. La grâce perfectionnant la nature, et la gloire perfectionnant la grâce, il est certain que Notre-Seigneur est encore dans le ciel aussi Fils de Marie qu'il l'était sur la terre, et que, par conséquent, il a conservé la soumission et l'obéissance du plus parfait de tous les enfants à l'égard de la meilleure de toutes les mères. Mais il faut prendre garde de concevoir en cette dépendance quelque abaissement ou imperfection en Jésus-Christ. Car Marie étant infiniment au-dessous de son Fils, qui est Dieu, ne lui commande pas comme une mère d'ici-bas commanderait à son enfant qui est au-dessous d'elle. Marie, étant toute transformée en Dieu par la grâce et la gloire qui transforme tous les saints en lui, ne demande, ne veut ni ne fait rien qui soit contraire à l'éternelle et immuable volonté de Dieu. Quand on lit donc, dans les écrits des saints Bernard, Bernardin, Bonaventure, etc., que dans le ciel et sur la terre, tout, jusqu'à Dieu même, est soumis à la Très Sainte Vierge, ils veulent dire que l'autorité que Dieu a bien voulu lui donner est si grande, qu'il semble qu'elle a la même puissance que Dieu, et que ses prières et demandes sont si puissantes auprès de Dieu, qu'elles passent toujours pour des commandements auprès de sa Majesté, qui ne résiste jamais à la prière de sa chère Mère, parce qu'elle est toujours humble et conforme à sa volonté. Si Moïse, par la force de sa prière, arrêta la colère de Dieu sur les Israélites, d'une manière si puissante que ce très haut et infiniment miséricordieux Seigneur, ne pouvant lui résister, lui dit qu'il le laissât se mettre en colère et punir ce peuple rebelle, que devons-nous penser, à plus forte raison, de la prière de l'humble Marie, la digne Mère de Dieu, qui est plus puissante auprès de sa Majesté que les prières et intercessions de tous les anges et les saints du ciel et de la terre ?

28. Marie commande dans les cieux sur les anges et les bienheureux. Pour récompense de son humilité profonde, Dieu lui a donné le pouvoir et la commission de remplir de saints les trônes vides dont les anges apostats sont tombés par orgueil. Telle est la volonté du Très-Haut, qui exalte les humbles, que le ciel et la terre et les enfers plient, bon gré mal gré, aux commandement de l'humble Marie, qu'il a faite la souveraine du ciel et de la terre, la générale de ses armées, la trésorière de ses trésors, la dispensatrice de ses grâces, l'ouvrière de ses grandes merveilles, la réparatrice du genre humain, la médiatrice des hommes, l'exterminatrice des ennemis de Dieu et la fidèle compagne de ses grandeurs et de ses triomphes.

29. Dieu le Père se veut faire des enfants par Marie jusqu'à la consommation du monde, et il lui dit ces paroles: In Jacob inhabita : demeurez en Jacob, c'est-à-dire faites votre demeure et résidence dans mes enfants et prédestinés, figurés par Jacob, et non point dans les enfants du diable et les réprouvés, figurés par Esaü.

30. Comme dans la génération naturelle et corporelle il y a un père et une mère, de même dans la génération surnaturelle et spirituelle il y a un père qui est Dieu et une mère qui est Marie. Tous les vrais enfants de Dieu et prédestinés ont Dieu pour père et Marie pour mère; et qui n'a pas Marie pour Mère n'a pas Dieu pour Père. C'est pourquoi les réprouvés, comme les hérétiques, schismatiques, etc., qui haïssent ou regardent avec mépris ou indifférence la Très Sainte Vierge, n'ont point Dieu pour père, quoiqu'ils s'en glorifient, parce qu'ils n'ont pas Marie pour mère: car, s'ils l'avaient pour mère, ils l'aimeraient et l'honoreraient comme un vrai et bon enfant aime naturellement et honore sa mère qui lui a donné la vie. Le signe le plus infaillible et le plus indubitable pour distinguer un hérétique, un homme de mauvaise doctrine, un réprouvé, d'avec un prédestiné, c'est que l'hérétique et le réprouvé n'ont que du mépris ou de l'indifférence pour la Très Sainte Vierge, tâchant, par leurs paroles et exemples, d'en diminuer le culte et l'amour, ouvertement ou en cachette, quelquefois sous de beaux prétextes. Hélas ! Dieu le Père n'a pas dit à Marie de faire sa demeure en eux, parce qu'ils sont des Esaüs.

31. Dieu le Fils veut se former et, pour ainsi dire, s'incarner tous les jours, par sa chère Mère, dans ses membres, et il lui dit : In Israel haereditare : Ayez Israël pour héritage. C'est comme s'il disait: Dieu mon Père m'a donné pour héritage toutes les nations de la terre, tous les hommes bons et mauvais, prédestinés et réprouvés; je conduirai les uns par la verge d'or et les autres par la verge de fer ; je serai le père et l'avocat des uns, le juste vengeur des autres, et le juge de tous; mais pour vous, ma chère Mère, vous n'aurez pour votre héritage et possession que les prédestinés figurés par Israël; et, comme leur bonne mère, vous les enfanterez, nourrirez, élèverez ; et, comme leur souveraine, vous les conduirez, gouvernerez et défendrez.

32. "Un homme et un homme est né en elle", dit le Saint-Esprit: Homo et homo natus est in ea. Selon l'explication de quelques Pères, le premier homme qui est né en Marie est l'Homme-Dieu, Jésus-Christ; le second est un homme pur, enfant de Dieu et de Marie par adoption. Si Jésus-Christ, le chef des hommes, est né en elle, les prédestinés, qui sont les membres de ce chef, doivent aussi naître en elle par une suite nécessaire. Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres, sans la tête ; autrement ce serait un monstre de la nature; de même, dans l'ordre de la grâce, le chef et les membres naissent d'une même mère ; et si un membre du corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire un prédestiné, naissait d'une autre mère que Marie qui a produit le chef, ce ne serait pas un prédestiné, ni un membre de Jésus-Christ, mais un monstre dans l'ordre de la grâce.

33. De plus, Jésus-Christ étant à présent autant que jamais le fruit de Marie, comme le Ciel et la terre lui répètent mille et mille fois tous les jours: Et béni est le fruit de votre ventre, Jésus, il est certain que Jésus-Christ est pour chaque homme en particulier, qui le possède, aussi véritablement le fruit et l'oeuvre de Marie, que pour tout le monde en général; en sorte que, si quelque fidèle a Jésus-Christ formé dans son coeur, il peut dire hardiment : " Grand merci à Marie, ce que je possède est son effet et son fruit, et sans elle je ne l'aurais pas"; et on peut lui appliquer plus véritablement que saint Paul ne se les applique, ces paroles: Quos iterum parturio, donec in vobis formetur Christus: J'enfante tous les jours les enfants de Dieu, jusqu'à ce que Jésus-Christ mon Fils ne soit formé en eux dans la plénitude de son âge. Saint Augustin se surpassant soi-même, et tout ce que je viens de dire, dit que tous les prédestinés, pour être conformes à l'image du Fils de Dieu, sont en ce monde cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne Mère, jusqu'à ce qu'elle ne les enfante à la gloire, après la mort, qui est proprement le jour de leur naissance, comme l'Eglise appelle la mort des justes. O mystère de grâce inconnu aux réprouvés et peu connu des prédestinés !

34. Dieu le Saint-Esprit veut se former en elle et par elle des élus et il lui dit: In electis meis mitte radices. Jetez, ma bien-aimée et mon Epouse, les racines de toutes vos vertus dans mes élus, afin qu'ils croissent de vertu en vertu et de grâce en grâce. J'ai pris tant de complaisance en vous, lorque vous viviez sur la terre dans la pratique des plus sublimes vertus, que je désire encore vous trouver sur la terre, sans cesser d'être dans le ciel. Reproduisez-vous pour cet effet dans mes élus: que je voie en eux avec complaisance les racines de votre foi invincible, de votre humilité profonde, de votre mortification universelle, de votre oraison sublime, de votre charité ardente, de votre espérance ferme et de toutes vos vertus. Vous êtes toujours mon Epouse aussi fidèle, aussi pure et aussi féconde que jamais: que votre foi me donne des fidèles; que votre pureté me donne des vierges, que votre fécondité me donne des élus et des temples.

35. Quand Marie a jeté ses racines dans une âme, elle y produit des merveilles de grâces qu'elle seule peut produire parce qu'elle est seule la Vierge féconde qui n'a jamais eu ni n'aura jamais sa semblable en pureté et en fécondité. Marie a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et sera jamais, qui est un Dieu-Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps. La formation et l'éducation des grands saints qui seront sur la fin du monde lui est réservée; car il n'y a que cette Vierge singulière et miraculeuse qui peut produire, en union du Saint-Esprit, les choses singulières et extraordinaires.

36. Quand le Saint-E sprit, son Epoux, l'a trouvée dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique à cette âme abondamment et autant qu'elle donne place à son Epouse; et une des grandes raisons pourquoi le Saint-Esprit ne fait pas maintenant des merveilles éclatantes dans les âmes, c'est qu'il n'y trouve pas une assez grande union avec sa fidèle et indissoluble Epouse. Je dis: indissoluble Epouse, car depuis que cet Amour substantiel du Père et du Fils a épousé Marie pour produire Jésus-Christ, le chef des élus et Jésus-Christ dans les élus, il ne l'a jamais répudiée, parce qu'elle a toujours été fidèle et féconde.

[2. «LA DEVOTION A LA TRES SAINTE VIERGE EST NECESSAIRE»]

37. On doit conclure évidemment de ce que je viens de dire : Premièrement, que Marie a reçu de Dieu une grande domination dans les âmes des élus: car elle ne peut pas faire en eux sa résidence, comme Dieu le Père lui a ordonné ; les former, les nourrir et les enfanter à la vie éternelle comme leur mère, les avoir pour son héritage et sa portion, les former en Jésus-Christ et Jésus-Christ en eux; jeter dans leur coeur les racines de ses vertus, et être la compagne indissoluble du Saint-Esprit pour tous ces ouvrages de grâces ; elle ne peut pas, dis-je, faire toutes ces choses, qu'elle n'ait droit et domination dans leurs âmes par une grâce singulière du Très-Haut, qui, lui ayant donné puissance sur son Fils unique et naturel, la lui a aussi donné sur ses enfants adoptifs, non seulement quant au corps, ce qui serait peut de chose, mais aussi quant à l'âme.

38. Marie est la Reine du ciel et de la terre par grâce, comme Jésus en est le Roi par nature et par conquête. Or, comme le royaume de Jésus-Christ consiste principalement dans le coeur ou l'intérieur de l'homme, selon cette parole : Le royaume de Dieu est au-dedans de vous, de même le royaume de la Très Sainte Vierge est principalement dans l'intérieur de l'homme, c'est-à-dire dans son âme, et c'est principalement dans les âmes qu'elle est plus glorifiée avec son Fils que dans toutes les créatures visibles, et nous pouvons l'appeler avec les saints la Reine des Coeurs.

39. Secondement, il faut conclure que la Très Sainte Vierge étant nécessaire à Dieu, d'une nécessité qu'on appelle hypothétique, en conséquence de sa volonté, elle est bien plus nécessaire aux hommes pour arriver à leur dernière fin. Il ne faut donc pas mêler la dévotion à la Très Sainte Vierge avec les dévotions aux autres saints, comme si elle n'était pas plus nécessaire, et que de surérogation.

40. Le docte et le pieux Suarez, de la Compagnie de Jésus, le savant et le dévot Juste-Lipse, docteur de Louvain, et plusieurs autres, ont prouvé invinciblement, en conséquence des sentiments des Pères, entre autres de saint Augustin, de saint Ephrem, diacre d'Edesse, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint Germain de Constantinople, de saint Jean de Damas, de saint Anselme, saint Bernard, saint Bernardin, saint Thomas et saint Bonaventure, que la dévotion à la Très Sainte Vierge est nécessaire au salut, et que c'est une marque infaillible de réprobation, au sentiment même d'Oecolampade et de quelques autres, de n'avoir pas de l'estime et de l'amour pour la Sainte Vierge, et qu'au contraire, c'est une marque infaillible de prédestination de lui être entièrement et véritablement dévoué ou dévot.

41. Les figures et les paroles de l'Ancien et du Nouveau Testament le prouvent, les sentiments et les exemples des saints le confirment, la raison et l'expérience l'apprennent et le démontrent; le diable même, et ses suppôts, pressés par la force de la vérité, ont été souvent obligés de l'avouer malgré eux. De tous ces passages des saints Pères et des Docteurs, dont j'ai fait un ample recueil pour prouver cette vérité, je n'en rapporte qu'un afin de n'être pas trop long : Tibi devotum esse, est arma quaedam salutis quae Deus his dat quos vult salvos fieri (S. Joan. Damas): Vous être dévot, ô Sainte Vierge, dit saint Jean Damascène, est une arme de salut que Dieu donne à ceux qu'il veut sauver.

42. Je pourrais ici rapporter plusieurs histoires qui prouvent la même chose, entre autres : 1 celle qui est rapportée dans les chroniques de saint François, lorsqu'il vit dans une extase une grande échelle qui allait au ciel, au bout de laquelle était la Sainte Vierge et par laquelle il lui fut montré qu'il fallait monter pour arriver au ciel ; 2 celle qui est rapportée dans les chroniques de saint Dominique, lorsque quinze mille démons possédant l'âme d'un malheureux hérétique près de Carcassonne, où saint Dominique prêchait le Rosaire, furent obligés, à leur confusion, par le mandement que leur en fit la Sainte Vierge, d'avouer plusieurs grandes et consolantes vérités touchant la dévotion à la Sainte Vierge, avec tant de force et de clarté, qu'on ne peut pas lire cette histoire authentique et le panégyrique que le diable fit malgré lui de la dévotion à la Très Sainte Vierge, sans verser des larmes de joie, pour peu qu'on soit dévot à la Très Sainte Vierge.

43. Si la dévotion à la Très Sainte Vierge est nécessaire à tous les hommes pour faire simplement leur salut, elle l'est encore beaucoup plus à ceux qui sont appelés à une perfection particulière; et je ne crois pas qu'une personne puisse acquérir une union intime avec Notre-Seigneur et une parfaite fidélité au Saint-Esprit, sans une très grande union avec la Très Sainte Vierge et une grande dépendance de son secours.

44. C'est Marie seule qui a trouvé grâce devant Dieu, sans aide d'aucune autre pure créature. Ce n'est que par elle que tous ceux qui ont trouvé grâce devant Dieu depuis elle l'ont trouvée, et ce n'est que par elle que tous ceux qui viendront ci-après la trouveront. Elle était pleine de grâce quand elle fut saluée par l'archange Gabriel, elle fut surabondamment remplie de grâce par le Saint-Esprit quand il la couvrit de son ombre ineffable; et elle a [tellement] augmenté de jour en jour [et] de moment en moment cette plénitude double, qu'elle est arrivée à un point de grâce immense et inconcevable ; en sorte que le Très-Haut l'a faite l'unique trésorière de ses trésors et l'unique dispensatrice de ses grâces, pour anoblir, élever et enrichir qui elle veut, pour faire passer, malgré tout, qui elle veut par la porte étroite de la vie, et pour donner le trône, le sceptre et la couronne de roi à qui elle veut. Jésus est partout et toujours le fruit et le Fils de Marie; et Marie est partout l'arbre véritable qui porte le fruit de vie, et la vraie mère qui le produit.

45. C'est Marie seule à qui Dieu a donné les clefs des celliers du divin amour, et le pouvoir d'entrer dans les voies les plus sublimes et les plus secrètes de la perfection, et d'y faire entrer les autres. C'est Marie seule qui donne l'entrée dans le paradis terrestre aux misérables enfants d'Eve l'infidèle, pour s'y promener agréablement avec Dieu, pour s'y cacher sûrement contre ses ennemis et pour s'y nourrir délicieusement, et sans plus craindre la mort, du fruit des arbres de vie et de science du bien et du mal et pour y boire à longs traits les eaux célestes de cette belle fontaine qui y rejaillit avec abondance; ou plutôt comme elle est elle-même ce paradis terrestre, ou cette terre vierge et bénie dont Adam et Eve les pécheurs ont été chassés, elle ne donne entrée chez elle qu'à ceux et celles qu'il lui plait pour les faire devenir saints.

46. Tous les riches du peuple, pour me servir de l'expression du Saint-Esprit, selon l'explication de saint Bernard, tous les riches du peuple supplieront votre visage de siècle en siècle, et particulièrement à la fin du monde, c'est-à-dire que les plus grands saints, les âmes les plus riches en grâce et en vertus, seront les plus assidus à prier la Très Sainte Vierge et à l'avoir toujours présente comme leur parfait modèle pour l'imiter, et leur aide puissante pour les secourir.

47. J'ai dit que cela arriverait particulièrement à la fin du monde, et bientôt, parce que le Très-Haut avec sa sainte Mère doivent se former de grands saints qui surpasseront autant en sainteté la plupart des autres saints, que les cèdres du Liban surpassent les petits arbrisseaux, comme il a été révélé à une sainte âme dont la vie a été écrite par Mr. de Renty.

48. Ces grandes âmes, pleines de grâce et de zèle, seront choisies pour s'opposer aux ennemis de Dieu, qui frémiront de tous côtés, et elles seront singulièrement dévotes à la Très Sainte Vierge, éclairées par sa lumière, nourries de son lait, conduites par son esprit, soutenues par son bras et gardées sous sa protection, en sorte qu'elles combattront d'une main et édifieront de l'autre. D'une main, elles combattront, renverseront, écraseront les hérétiques avec leurs hérésies, les schismatiques avec leur schismes, les idolâtres avec leur idolâtrie, et les pécheurs avec leurs impiétés; et, de l'autre main, elles édifieront le temple du vrai Salomon et la mystique cité de Dieu, c'est-à-dire la Très Sainte Vierge, appelée par les Saints Pères le temple de Salomon et la cité de Dieu. Ils porteront tout le monde, par leurs paroles et leurs exemples, à sa véritable dévotion, ce qui leur attirera beaucoup d'ennemis, mais aussi beaucoup de victoires et de gloire pour Dieu seul. C'est ce que Dieu a révélé à saint Vincent Ferrier, grand apôtre de son siècle, comme il l'a suffisamment marqué dans un de ses ouvrages. C'est ce que le Saint-Esprit semble avoir prédit dans le Psaume 58, dont voici les paroles: Et scient quia Dominus dominabitur Jacob et finium terrae; convertentur ad vesperam, et famem patientur ut canes, et circuibunt civitatem : Le Seigneur règnera dans Jacob et dans toute la terre ; ils se convertiront sur le soir, et il souffriront la faim comme des chiens, et ils iront autour de la ville pour trouver de quoi manger. Cette ville que les hommes tournoieront à la fin du monde pour se convertir, et pour rassasier la faim qu'ils auront de la justice, est la Très Sainte Vierge qui est appelée par le Saint-Esprit ville et cité de Dieu.

[B. NECESSITE DE LA DEVOTION A MARIE PARTICULIEREMENT DANS LES DERNIERS TEMPS]

49. C'est par Marie que le salut du monde a commencé, et c'est par Marie qu'il doit être consommé. Marie n'a presque point paru dans le premier avènement de Jésus-Christ, afin que les hommes, encore peu instruits et éclairés sur la personne de son Fils, ne s'éloignassent de la vérité, en s'attachant trop fortement et trop grossièrement à elle, à cause des charmes admirables que le Très-Haut avait mis même en son extérieur; ce qui est si vrai que saint Denis l'Aéropagite nous a laissé par écrit que, quand il la vit, il l'aurait prise pour une divinité, à cause de ses charmes secrets et de sa beauté incomparable, si la foi, dans laquelle il était bien confirmé, ne lui avait appris le contrarie. Mais, dans le second avènement de Jésus-Christ, Marie doit être connue et révélée par le Saint-Esprit afin de faire par elle connaître, aimer et servir Jésus-Christ, les raisons qui ont porté le Saint-Esprit à cacher son Epouse pendant sa vie, et à ne la révéler que bien peu depuis la prédication de l'Evangile, ne subsistant plus.

[1. «DIEU VEUT REVELER ET DECOUVRIR MARIE DANS LES DERNIERS TEMPS»]

50. Dieu veut donc révéler et découvrir Marie, le chef-d'oeuvre de ses mains, dans ces derniers temps. 1 Parce qu'elle s'est cachée dans ce monde et s'est mise plus bas que la poussière par sa profonde humilité, ayant obtenu de Dieu, de ses Apôtres et Evangélistes qu'elle ne fût point manifestée. 2 Parce qu'étant le chef-d'oeuvre des mains de Dieu, aussi bien ici-bas par la grâce que dans le ciel par la gloire, il veut en être glorifié et loué sur la terre par les vivants. 3 Comme elle est l'aurore qui précède et découvre le Soleil de justice, qui est Jésus-Christ, elle doit être connue et aperçue, afin que Jésus-Christ le soit. 4 Etant la voie par laquelle Jésus-Christ est venu à nous la premIère fois, elle le sera encore lorsqu'il viendra la seconde, quoique non pas de la même manière. 5 Etant le moyen sûr et la voie droite et immaculée pour aller à Jésus-Christ et le trouver parfaitement, c'est par elle que les saintes âmes qui doivent éclater en sainteté doivent la trouver. Celui qui trouvera Marie trouvera la vie. Mais on ne peut trouver Marie qu'on ne la cherche ; on ne peut la chercher qu'on ne la connaisse: car on ne cherche ni ne désire un objet inconnu. Il faut donc que Marie soit plus connue que jamais, à la plus grande connaissance et gloire de la Très Sainte Trinité. 6 Marie doit éclater, plus que jamais, en miséricorde, en force et en grâce dans ces derniers temps: en miséricorde, pour ramener et recevoir amoureusement les pauvres pécheurs et dévoyés qui se convertiront et reviendront à l'Eglise catholique; en force contre les ennemis de Dieu, les idolâtres, schismatiques, mahométans, juifs et impies endurcis, qui se révolteront terriblement pour séduire et faire tomber, par promesses et menaces, tous ceux qui leur seront contraires et enfin elle doit éclater en grâce, pour animer et soutenir les vaillants soldats et fidèles serviteurs de Jésus-Christ qui combattront pour ses intérêts. 7 Enfin Marie doit être terrible au diable et à ses suppôts comme une armée rangée en bataille, principalement dans ces derniers temps, parce que le diable, sachant bien qu'il a peu de temps, et beaucoup moins que jamais, pour perdre les âmes, il redouble tous les jours ses efforts et ses combats; il suscitera bientôt de cruelles persécutions, et mettra de terribles embûches aux serviteurs fidèles et aux vrais enfants de Marie, qu'il a plus de peine à surmonter que les autres.

51. C'est principalement de ces dernières et cruelles persécutions du diable qui augmenteront tous les jours jusqu'au règne de l'Antéchrist, qu'on doit entendre cette première et célèbre prédiction et malédiction de Dieu, portée dans le paradis terrestre contre le serpent. Il est à propos de l'expliquer ici pour la gloire de la Très Sainte Vierge, le salut de ses enfants et la confusion du diable. Inimicitias ponam inter te et mulierem, et semen tuum et semen illius; ipsa conteret caput tuum, et tu insidiaberis calcaneo ejus (Gn 3,15): Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, et ta race et la sienne; elle-même t'écrasera la tête, et tu mettras des embûches à son talon.

52. Jamais Dieu n'a fait et formé qu'une inimitié, mais rréconciliable, qui durera et augmentera même jusques à la fin: c'est entre Marie, sa digne Mère, et le diable, entre les enfants et serviteurs de la Sainte Vierge, et les enfants et suppôts de Lucifer; en sorte que la plus terrible des ennemies que Dieu ait faite contre le diable est Marie, sa sainte Mère. Il lui a même donné, dès le paradis terrestre, quoiqu'elle ne fût encore que dans son idée, tant de haine contre ce maudit ennemi de Dieu, tant d'industrie pour découvrir la malice de cet ancien serpent, tant de force pour vaincre, terrasser et écraser cet orgueilleux impie, qu'il l'appréhende plus, non seulement que tous les anges et les hommes mais, en un sens, que Dieu même. Ce n'est pas que l'ire, la haine et la puissance de Dieu ne soient infiniment plus grandes que celles de la Sainte Vierge, puisque les perfections de Marie sont limitées; mais c'est premièrement parce que Satan, étant orgueilleux, souffre infiniment plus d'être vaincu et puni par une petite et humble servante de Dieu, et son humilité l'humilie plus que le pouvoir divin; secondement parce que Dieu a donné à Marie un si grand pouvoir contre les diables, qu'ils craignent plus, comme ils ont été souvent obligés d'avouer, malgré eux, par la bouche des possédés, un seul de ses soupirs pour quelque âme, que les prières de tous les saints, et une seule de ses menaces contre eux que tous leurs autres tourments.

53. Ce que Lucifer a perdu par orgueil, Marie l'a gagné par humilité; ce qu'Eve a damné et perdu par désobéissance, Marie l'a sauvé par obéissance. Eve, en obéissant au serpent, a perdu tous ses enfants avec elle, et les lui a livrés ; Marie, s'étant rendue parfaitement fidèle à Dieu, a sauvé tous ses enfants et serviteurs avec elle, et les a consacrés à sa Majesté.

54. Non seulement Dieu a mis une inimitié, mais des inimitiés, non seulement entre Marie et le démon, mais entre la race de la Sainte Vierge et la race du démon; c'est-à-dire que Dieu a mis des inimitiés, des antipathies et haines secrètes entres les vrais enfants et serviteurs de la Sainte Vierge et les enfants et esclaves du diable; ils ne s'aiment point mutuellement, ils n'ont point de correspondance intérieure les uns avec les autres. Les enfants de Bélial, les esclaves de Satan, les amis du monde (car c'est la même chose), ont toujours persécuté jusqu'ici et persécuteront plus que jamais ceux et celles qui appartiennent à la Très Sainte Vierge, comme autrefois Caïn persécuta son frère Abel, et Esaü son frère Jacob, qui sont les figures des réprouvés et des prédestinés. Mais l'humble Marie aura toujours la victoire sur cet orgueilleux, et si grande qu'elle ira jusqu'à lui écraser la tête où réside son orgueil; elle découvrira toujours ses mines infernales, elle dissipera ses conseils diaboliques, et garantira jusqu'à la fin des temps ses fidèles serviteurs de sa patte cruelle. Mais le pouvoir de Marie sur tous les diables éclatera particulièrement dans les derniers temps, où Satan mettra des embûches à son talon, c'est-à-dire à ses humbles esclaves et à ses pauvres enfants qu'elle suscitera pour lui faire la guerre. Ils seront petits et pauvres selon le monde, et abaissés devant tous comme le talon, foulés et persécutés comme le talon l'est à l'égard des autres membres du corps ; mais, en échange, ils seront riches en grâce de Dieu, que Marie leur distribuera abondamment ; grands et relevés en ainteté devant Dieu, supérieurs à toute créature par leur zèle animé, et si fortement appuyés du secours divin, qu'avec l'humilité de leur talon, en union de Marie, ils écraseront la tête du diable et feront triompher Jésus-Christ.

[2. LA DEVOTION A MARIE NECESSAIRE PARTICULIEREMENT DANS LES DERNIERS TEMPS]

55. Enfin Dieu veut que sa sainte Mère soit à présent plus connue, plus aimée, plus honorée que jamais elle n'a été : ce qui arrivera sans doute, si les prédestinés entrent, avec la grâce et lumière du Saint-Esprit, dans la pratique intérieure et parfaite qu je leur découvrirai dans la suite. Pour lors, ils verront clairement, autant que la foi le permet, cette belle étoile de la mer, et ils arriveront à bon port, malgré les tempêtes et les pirates, en suivant sa conduite; ils connaîtront les grandeurs de cette souveraine, et ils se consacreront entièrement à son service, comme ses sujets et ses esclaves d'amour; ils éprouveront ses douceurs et ses bontés maternelles, et ils l'aimeront tendrement comme ses enfants bien-aimés; ils connaîtront les miséricordes dont elle est pleine et les besoins où ils sont de son secours, et ils auront recours à elle en toutes choses comme à leur chère avocate et médiatrice auprès de Jésus-Christ; ils sauront qu'elle est le moyen le plus assuré, le plus aisé, le plus court et le plus parfait pour aller à Jésus-Christ, et ils se livreront à elle corps et âme, sans partage, pour être à Jésus-Christ de même.

56. Mais qui seront ces serviteurs, esclaves et enfants de Marie ? Ce seront un feu brûlant, ministres du Seigneur qui mettront le feu de l'amour divin partout. Ce seront sicut sagittae in manu potentis, des flèches aiguës dans la main de la puissante Marie pour percer ses ennemis. Ce seront des enfants de Lévi, bien purifiés par le feu de grandes tribulations et bien collés à Dieu, qui porteront l'or de l'amour divin dans le coeur, l'encens de l'oraison dans l'esprit et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ aux pauvres et aux petis, tandis qu'ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et orgueilleux mondains.

57. Ce seront des nues tonnantes et volantes par les airs au moindre souffle du Saint-Esprit, qui, sans s'attacher à rien, ni s'étonner de rien, ni se mettre en peine de rien, répandront la pluie de la parole de Dieu et de la vie éternelle; ils tonneront contre le péché, ils gronderont contre le monde, ils frapperont le diable et ses suppôts, et ils perceront d'outre en outre, pour la vie ou pour la mort, avec leur glaive à deux tranchants de la parole de Dieu, tous ceux auquels ils seront envoyés de la part du Très-Haut.

58. Ce seront des apôtres véritables des derniers temps, à qui le Seigneur des vertus donnera la parole et la force pour opérer des merveilles et remporter des dépouilles glorieuses sur ses ennemis; ils dormiront sans or ni argent et, qui plus est, sans soin, au milieu des autres prêtres, et ecclésiastiques et clercs, inter medios cleros ; et cependant auront les ailes argentées de la colombe, pour aller avec la pure intention de la gloire de Dieu et du salut des âmes, où le Saint-Esprit les appellera, et ils ne laisseront après eux, dans les lieux où ils auront prêché, que l'or de la charité qui est l'accomplissement de toute la loi.

59. Enfin, nous savons que ce seront de vrais disciples de Jésus-Christ, qui marchant sur les traces de sa pauvreté, humilité, mépris du monde et charité, enseignant la voie étroite de Dieu dans la pure vérité, selon le saint Evangile, et non selon les maximes du monde, sans se mettre en peine ni faire acception de personne, sans épargner, écouter ni craindre aucun mortel, quelque puissant qu'ils soit. Ils auront dans leur bouche le glaive à deux tranchants de la parole de Dieu; ils porteront sur leurs épaules l'étendard ensanglanté de la Croix, le crucifix dans la main droite, le chapelet dans la gauche, les sacrés noms de Jésus et de Marie sur leur coeur, et la modestie et mortification de Jésus-Christ dans toute leur conduite. Voilà de grands hommes qui viendront, mais que Marie fera par ordre du Très-Haut, pour étendre son empire sur celui des impies, idolâtres et mahométans. Mais quand et comment cela sera-t-il ?... Dieu seul le sait: c'est à nous de nous taire, de prier, soupirer et attendre : Expectans expectavi. II. «EN QUOI CONSISTE LA DEVOTION A MARIE» [A. VERITES FONDAMENTALES DE LA DEVOTION A LA SAINTE VIERGE]

60. Ayant jusqu'ici dit quelque chose de la nécessité que nous avons de la dévotion à la Très Sainte Vierge, il faut dire en quoi consiste cette dévotion; ce que je ferai, Dieu aidant, après que j'aurai présupposé quelques vérités fondamentales, qui donneront jour à cette grande et solide dévotion que je veux découvrir.

[«Jésus-Christ est la fin dernière de toutes nos dévotions»]

61. Première vérité. - Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme, doit être la fin dernière de toutes nos autres dévotions: autrement elles seraient fausses et trompeuses. Jésus-Christ est l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin de toutes choses. Nous ne travaillons, comme dit l'Apôtre, que pour rendre tout homme parfait en Jésus-Christ, parce que c'est en lui seul qu'habite[nt] toute la plénitude de la Divinité et toutes les autres plénitudes de grâces, de vertus et de perfections; parce que c'est en lui seul que nous avons été bénis de toute bénédiction spirituelle; parce qu'il est notre unique maître qui doit nous enseigner, notre unique Seigneur de qui nous devons dépendre, notre unique chef auquel nous devons être unis, notre unique modèle auquel nous devons nous conformer, notre unique pasteur qui doit nous nourrir, notre unique voie qui doit nous conduire, notre unique vérité que nous devons croire, notre unique vie qui doit nous vivifier, et notre unique tout en toutes choses qui doit nous suffire. Il n'a point été donné d'autre nom sous le ciel, que le nom de Jésus, par lequel nous devions être sauvés. Dieu ne nous a point mis d'autre fondement de notre salut, de notre perfection et de notre gloire, que Jésus-Christ: tout édifice qui n'est pas posé sur cette pierre ferme est fondé sur le sable mouvant et tombera infailliblement tôt ou tard. Tout fidèle qui n'est pas uni à lui comme une branche au cep de la vigne, tombera, séchera et ne sera propre qu'à être jeté au feu. Si nous sommes en Jésus-Christ et Jésus-Christ en nous, nous n'avons point de damnation à craindre: ni les anges des cieux, ni les hommes de la terre, ni les démons des enfers, ni aucune autre créature ne nous peut nuire, parce qu'elle ne nous peut séparer de la charité de Dieu qui est en Jésus-Christ. Par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, en Jésus-Christ, nous pouvons toutes choses: rendre tout honneur et toute gloire au Père, en l'unité du Saint-Esprit; nous rendre parfaits et être à notre prochain une bonne odeur de vie éternelle.

62. Si donc nous établissons la solide dévotion de la Très Sainte Vierge, ce n'est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n'est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du diable; mais tant s'en faut qu'au contraire, comme j'ai déjà fait voir et ferai voir encore ci-après: cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement et l'aimer tendrement et le servir fidèlement. 63. Je me tourne ici un moment vers vous, ô mon aimable Jésus, pour me plaindre amoureusement à votre divine Majesté de ce que la plupart des chrétiens, même des plus savants, ne savent pas la liaison nécessaire, qui est entre vous et votre sainte Mère. Vous êtes, Seigneur, toujours avec Marie, et Marie est toujours avec vous et ne peut être sans vous : autrement elle cesserait d'être de qu'elle est ; elle est tellement transformée en vous par la grâce qu'elle ne vit plus, qu'elle n'est plus; c'est vous seul, mon Jésus, qui vivez et régnez en elle, plus parfaitement qu'en tous les anges et les bienheureux. Ah! si on connaissait la gloire et l'amour que vous recevez en cette admirable créature, on aurait de vous et d'elle bien d'autres sentiments qu'on n'a pas. Elle [vous] est si intimement liée, qu'on séparerait plutôt la lumière du soleil, la chaleur du feu; je dis plus, on séparerait plutôt tous les anges et les saints de vous, que la divine Marie: parce qu'elle vous aime plus ardemment et vous glorifie plus parfaitement que toutes vos autres créatures ensemble.

64. Après cela, mon aimable Maître, n'est-ce pas une chose étonnante et pitoyable de voir l'ignorance et les ténèbres de tous les hommes d'ici-bas à l'égard de votre sainte Mère? Je ne parle pas tant des idolâtres et païens, qui, ne vous connaissant pas, n'ont garde de la connaître; je ne parle même pas des hérétiques et des schismatiques, qui n'ont garde d'être dévots à votre sainte Mère, s'étant séparés de vous et votre sainte Eglise; mais je parle des chrétiens catholiques, et même des docteurs parmi les catholiques, qui faisant profession d'enseigner aux autres les vérités, ne vous connaissent pas, ni votre sainte Mère, si ce n'est d'une manière spéculative, sèche, stérile et indifférente. Ces messieurs ne parlent que rarement de votre sainte Mère et de la dévotion qu'on lui doit avoir parce qu'ils craignent, disent-ils, qu'on en abuse, qu'on ne vous fasse injure en honorant trop votre sainte Mère. S'ils voient ou entendent quelque dévot à la Sainte Vierge parler souvent de la dévotion à cette bonne Mère, d'une manière tendre, forte et persuasive, comme d'un moyen assuré sans illusion, d'un chemin court sans danger, d'une voie immaculée sans imperfections, et d'un secret merveilleux pour vous trouver et vous aimer parfaitement, ils se récrient contre lui, et lui donnent mille fausses raisons pour lui prouver qu'il ne faut pas tant parler de la Sainte Vierge, qu'il y a beaucoup d'abus en cette dévotion, et qu'il faut s'appliquer à les détruire, et à parler de vous plutôt qu'à porter les peuples à la dévotion à la Sainte Vierge qu'ils aiment déjà assez. On les entend parfois parler de la dévotion à votre sainte Mère, non pas pour l'établir et la persuader, mais pour en détruire les abus qu'on en fait, tandis que ces messieurs sont sans piété et sans dévotion tendre pour vous, parce qu'ils n'en ont pas pour Marie, regardant le Rosaire, le Scapulaire, le Chapelet, comme des dévotions de femmelettes, propres aux ignorants, sans lesquels on peut se sauver ; et s'il tombe en leurs mains quelque dévot à la Sainte Vierge, qui récite son chapelet ou ait quelque autre pratique de dévotion envers elle, ils lui changeront bientôt l'esprit et le coeur: au lieu du chapelet, ils lui conseilleront de dire les sept psaumes; au lieu de la dévotion à la Sainte Vierge, ils lui conseilleront la dévotion à Jésus-Christ. O mon aimable Jésus, ces gens ont-il votre esprit ? Vous font-ils plaisir d'en agir de même? Est-ce vous plaire que de ne pas faire tous ses efforts pour plaire à votre Mère, de peur de vous déplaire ? La dévotion à votre sainte Mère empêche-t-elle la vôtre ? Est-ce qu'elle s'attribue l'honneur qu'on lui rend ? Est-ce qu'elle fait bande à part ? Est-elle une étrangère qui n'a aucune liaison avec vous ? Est-ce se séparer ou s'éloigner de votre amour que de se donner à elle et de l'aimer ?

65. Cependant, mon aimable Maître, la plupart des savants, pour punition de leur orgueil, n'éloigneraient pas plus de la dévotion à votre sainte Mère, et n'en donneraient pas plus d'indifférence, que si tout ce que je viens de dire était vrai. Gardez-moi, Seigneur, gardez-moi de leurs sentiments et leurs pratiques et me donnez quelque part aux sentiments de reconnaissance, d'estime, de respect et d'amour que vous avez à l'égard de votre sainte Mère, afin que je vous aime et glorifie d'autant plus que je vous imiterai et suivrai de plus près.

66. Comme si jusqu'ici je n'avais encore rien dit en l'honneur de votre sainte Mère, faites-moi la grâce de la louer dignement : Fac me digne tuam Matrem collaudare, malgré tous mes ennemis, qui sont les vôtres, et que je leur dise hautement avec les saints: Non praesumat aliquis Deum se habere propitium qui benedictam Matrem offensam habuerit : Que celui-là ne présume pas recevoir la miséricorde de Dieu, qui offense sa sainte Mère.

67. Pour obtenir de votre miséricorde une véritable dévotion à votre sainte Mère, et pour l'inspirer à toute la terre, faites que je vous aime ardemment, et recevez pour cela la prière embrasée que je vous fais avec saint Augustin et vos véritables amis (tom. 9, operum meditat.) : "Tu es Christus, pater meus sanctus, Deux meus pius, rex meus magnus, pastor meus bonus, magister meus unus, adjutor meus optimus, dilectus meus pulcherrimus, panis meus vivus, sacerdos meus in aeternum, dux meus ad patriam, lux mea vera, dulcedo mea sancta, via mea recta, sapientia mea praeclara, simplicitas mea pura, concordia mea pacifica, custodia mea tota, portio mea bona, salus mea sempiterna... "Christe Jesu, amabilis Domine, cur amavi, quare concupivi in omni vita mea quidquam praeter te Jesum Deum meum ? Ubi eram quando tecum mente non eram ? Jam ex hoc nunc, omnia desideria mea, incalescite et effluite in Dominum Jesum ; currite, satis hactenus tardastis; properate quo pergitis ; quaerite quem quaeritis. Jesu, qui non amat te anathema sit ; qui te non amat amaritudine repleatur... O dulcis Jesu, te amet, in te delectetur, te admiretur omnis sensus bonus tuae conveniens laudi. Deux cordis mei et pars mea, Christe Jesu, deficiat cor meum spiritu suo, et vivas tu in me, et concalescat in spiritu meo vivus carbo amoris tui, et excrescat in ignem perfectum; ardeat jugiter in ara cordis mei, ferveat in medullis meis, flagret in absconditis animae meae ; in die consummationis meae consummatus inveniar apud te. Amen." J'ai voulu mettre en latin cette admirable oraison de saint Augustin, afin que les personnes qui entendent le latin la disent tous les jours pour demander l'amour de Jésus que nous cherchons par la divine Marie.

[Nous sommes à Jésus-Christ et à Marie en qualité d'esclaves]

68. Seconde vérité. - Il faut conclure de ce que Jésus-Christ est à notre égard, que nous ne sommes point à nous, comme dit l'Apôtre, mais tout entiers à lui, comme ses membres et ses esclaves qu'il a achetés infiniment cher, par le prix de tout son sang. Avant le baptême, nous étions au diable comme ses esclaves, et le baptême nous a rendus les véritables esclaves de Jésus-Christ, qui ne doivent vivre, travailler et mourir que pour fructifier pour ce Dieu Homme, le glorifier en notre corps et le faire régner en notre âme, parce que nous sommes sa conquête, son peuple acquis et son héritage. C'est pour la même raison que le Saint-Esprit nous compare : 1 à des arbres plantés le long des eaux de la grâce, dans le champ de l'Eglise, qui doivent donner leurs fruits en leur temps ; 2 aux branches d'une vigne dont Jésus-Christ est le cep, qui doivent rapporter de bons raisins; 3 à un troupeau dont Jésus-Christ est le pasteur, qui se doit multiplier et donner du lait; 4 à une bonne terre dont Dieu est le laboureur, et dans laquelle la semence se multiplie et rapporte au trentuple, soixantuple ou centuple. Jésus-Christ a donné sa malédiction au figuier infructueux, et porté condamnation contre le serviteur inutile qui n'avait pas fait valoir son talent. Tout cela nous prouve que Jésus-Christ veut recevoir quelques fruits de nos chétives personnes, savoir: nos bonnes oeuvres, parce que ces bonnes oeuvres lui apartiennent uniquement: Creati in operibus bonis in Christo Jesu: Créés dans les bonnes oeuvres en Jésus-Christ. Lesquelles paroles du Saint-Esprit montrent et que Jésus-Christ est l'unique principe et doit être l'unique fin de toutes nos bonnes oeuvres, et que nous le devons servir non seulement comme des serviteurs à gages, mais comme des esclaves d'amour. Je m'explique.

69. Il y a deux manières ici-bas d'appartenir à un autre et de dépendre de son autorité, savoir: la simple servitude et l'esclavage; ce qui fait que nous appelons un serviteur et un esclave. Par la servitude commune parmi les chrétiens, un homme s'engage à en servir un autre pendant un certain temps, moyennant un certain gage ou une telle récompense. Par l'esclavage, un homme est entièrement dépendant d'un autre pour toute sa vie, et doit servir son maître, sans en prétendre aucun gage ni récompense comme une de ses bêtes sur laquelle il a droit de vie et de mort. 70. Il y a trois sortes d'esclavages: un esclavage de nature, un esclavage de contrainte et un esclavage de volonté. Toutes les créatures sont esclaves de Dieu en la première manière: Domini est terra et plenitudo ejus ; les démons et les damnés en la seconde; les justes et les saints le sont en la troisième. L'esclavage de volonté est le plus parfait et le plus glorieux à Dieu, qui regarde le coeur, et qui demande le coeur, et qui s'appelle le Dieu du coeur, ou de la volonté amoureuse, parce que, par cet esclavage, on fait choix, par-dessus toutes choses, de Dieu et de son service, quand même la nature n'y obligerait pas.

71. Il y a une totale différence entre un serviteur et un esclave : 1 Un serviteur ne donne pas tout ce qu'il est et tout ce qu'il possède et tout ce qu'il peut acquérir par autrui ou par soi-même, à son maître ; mais l'esclave se donne tout entier, tout ce qu'il possède et tout ce qu'il peut acquérir, à son maître, sans aucune exception. 2 Le serviteur exige des gages pour les services qu'il rend à son maître, mais l'esclave n'en peut rien exiger, quelque assiduité, quelque industrie, quelque force qu'il ait à travailler. 3 Le serviteur peut quitter son maître quand il voudra, ou du moins quand le temps de son service sera expiré ; mais l'esclave n'est pas en droit de quitter son maître quand il voudra. 4 Le maître du serviteur n'a sur lui aucun droit de vie et de mort, en sorte que s'il le tuait, comme une de ses bêtes de charge, il commettrait un homicide injuste ; mais le maître de l'esclave a, par les lois, droit de vie et de mort sur lui, en sorte qu'il peut le vendre à qui il voudra, ou le tuer, comme, sans comparaison, il ferait [de] son cheval. 5 Enfin, le serviteur n'est que pour un temps au service d'un maître, et l'esclave pour toujours. 72. Il n'y a rien parmi les hommes qui nous fasse plus appartenir à un autre que l'esclavage; il n'y a rien aussi parmi les chrétiens qui nous fasse plus absolument appartenir à Jésus-Christ et à sa sainte Mère que l'esclavage de volonté, selon l'exemple de Jésus-Christ même, qui a pris la forme d'esclave pour notre amour : Formam servi accipiens, et de la Sainte Vierge, qui s'est dite la servante et l'esclave du Seigneur. L'Apôtre s'appelle par honneur servus Christi. Les chrétiens sont appelés plusieurs fois dans l'Ecriture sainte servi Christi ; lequel mot de servus, selon la remarque véritable qu'a faite un grand homme, ne signifiait autrefois qu'un esclave, parce qu'il n'y avait point encore de serviteurs comme ceux d'aujourd'hui, les maîtres n'étant servi que par des esclaves ou affranchis: ce que le Catéchisme du saint Concile de Trente, pour ne laisser aucun doute que nous soyons esclaves de Jésus-Christ, exprime par un terme qui n'est point équivoque, en nous appelant mancipia Christi : esclave de Jésus-Christ. Cela posé :

73. Je dis que nous devons être à Jésus-Christ et le servir, non seulement comme des serviteurs mercenaires, mais comme des esclaves amoureux, qui par un effet d'un grand amour, se donnent et se livrent à le servir en qualité d'esclaves, pour l'honneur seul de lui appartenir. Avant le baptême, nous étions esclaves du diable; le baptême nous a rendus esclaves de Jésus-Christ: ou il faut que les chrétiens soient esclaves du diable, ou esclaves de Jésus-Christ.

74. Ce que je dis absolument de Jésus-Christ, je le dis relativement de la Sainte Vierge, que Jésus-Christ, ayant choisie pour compagne indissoluble de sa vie, de sa mort, de sa gloire et de sa puissance au ciel et sur la terre, lui a donné par grâce, relativement à sa Majesté, tous les mêmes droits et privilèges qu'il possède par nature : Quidquid Deo convenit per naturam, Mariae convenit per gratiam : Tout ce qui convient à Dieu par nature, convient à Marie par grâce, disent les saints; en sorte que, selon eux, n'ayant tous deux que la même volonté et la même puissance, ils ont tous deux les mêmes sujets, serviteurs et esclaves.

75. On peut donc, suivant le sentiment des saints et de plusieurs grands hommes, se dire et se faire l'esclave amoureux de la Très Sainte Vierge, afin d'être par là plus parfaitement esclave de Jésus-Christ. La Sainte Vierge est le moyen dont Notre-Seigneur s'est servi pour venir à nous; c'est aussi le moyen dont nous devons nous servir pour aller à lui, car elle n'est pas comme les autres créatures, auxquelles si nous nous attachions, elles pourraient plutôt nous éloigner de Dieu que de nous en approcher; mais la plus forte inclination de Marie est de nous unir à Jésus-Christ, son Fils, et la plus forte inclination du Fils est qu'on vienne à lui par sa sainte Mère; et c'est lui faire honneur et plaisir, comme ce serait faire honneur et plaisir à un roi si, pour devenir plus parfaitement son sujet et son esclave, on se faisait esclave de la reine. C'est pourquoi les saints Pères et saint Bonaventure après eux, disent que la Sainte Vierge est le chemin pour aller à Notre-Seigneur: Via veniendi ad Christum est appropinquare ad illam (In psalt. min.).

76. De plus, si, comme j'ai dit, la Sainte Vierge est la Reine et souveraine du ciel et de la terre : Ecce imperio Dei omnia subjiciuntur et Virgo ; ecce imperio Virginis omnia subjiciuntur et Deus, disent saint Anselme, saint Bernard, saint Bernardin, saint Bonaventure, n'a-t-elle pas autant de sujets et d'esclaves qu'il y a de créatures ? N'est-il pas raisonnable que parmi tant d'esclaves de contrainte, il y en ait d'amour qui, par une bonne volonté, choisissent, en qualité d'esclaves, Marie pour leur souveraine ? Quoi ! les hommes et les démons auront leurs esclaves volontaires, et Marie n'en aurait point ? Quoi! un roi tiendra à honneur que la reine, sa compagne, ait des esclaves sur qui elle ait droit de vie et de mort, parce que l'honneur et la puissance de l'un est l'honneur et la puissance et l'autre ; et on [pourrait] croire [que] Notre-Seigneur qui, comme le meilleur de tous les fils, a fait part de toute sa puissance à sa sainte Mère, trouve mauvais qu'elle ait des esclaves ? A-t-il moins de respect et d'amour pour sa Mère qu'Assuérus pour Esther et que Salomon pour Bethsabée ? Qui oserait le dire et même le penser ?

77. Mais où est-ce que ma plume me conduit ? Pourquoi est-ce que je m'arrête ici à prouver une chose si visible. Si on ne veut pas qu'on se dise esclave de la Sainte Vierge, qu'importe ! Qu'on se fasse et qu'on se dise esclave de Jésus-Christ ! C'est l'être de la Sainte Vierge, puisque Jésus-Christ est le fruit et la gloire de Marie. C'est ce qu'on fait parfaitement par la dévotion dont nous parlerons dans la suite.

[«Nous devons nous vider de ce qu'il y a de mauvais en nous»]

78. Troisième vérité. - Nos meilleures actions sont ordinairement souillées et corrompues par le mauvais fond qui est en nous. Quand on met de l'eau nette et claire dans un vaisseau qui sent mauvais, ou du vin dans une pipe dont le dedans est gâté par un autre vin qu'il y a eu dedans, l'eau claire et le bon vin en est gâté et prend aisément la mauvaise odeur. De même, quand Dieu met dans le vaisseau de notre âme, gâté par le péché originel et actuel, ses grâces et rosées célestes ou le vin délicieux de son amour, ses dons sont ordinairement gâtés et souillés par le mauvais levain et le mauvais fond que le péché a laissé en nous; nos actions, même des vertus les plus sublimes, s'en sentent. Il est donc d'une très grande importance, pour acquérir la perfection, qui ne s'acquiert que par l'union à Jésus-Christ, de nous vider de ce qu'il y a de mauvais en nous: autrement, Notre-Seigneur, qui est infiniment pur et qui hait infiniment la moindre souillure dans l'âme, nous rejettera de devant ses yeux et ne s'unira point à nous.

79. Pour nous vider de nous-mêmes, il faut, premièrement, bien connaître, par la lumière du Saint-Esprit, notre mauvais fond, notre incapacité à tout bien utile au salut, notre faiblesse en toutes choses, notre inconstance en tout temps, notre indignité de toute grâce, et notre iniquité en tout lieu. Le péché de notre premier père nous a tous presque entièrement gâtés, aigris, élevés et corrompus, comme le levain aigrit, élève et corrompt la pâte où il est mis. Les péchés actuels que nous avons commis, soit mortels, soit véniels, quelque pardonnés qu'ils soient, ont augmenté notre concupiscence, notre faiblesse, notre inconstance et notre corruption, et ont laissé de mauvais restes dans notre âme. Nos corps sont si corrompus, qu'ils sont appelés par le Saint-Esprit corps du péché, conçus dans le péché, nourris dans le péché et capable de tout, corps sujets à mille et mille maladies, qui se corrompent de jour en jour, et qui n'engendrent que de la gale, de la vermine et de la corruption. Notre âme, unie à notre corps, est devenue si charnelle, qu'elle est appelée chair: Toute chair avait corrompu sa voie. Nous n'avons pour partage que l'orgueil et l'aveuglement dans l'esprit, l'endurcissement dans le coeur, la faiblesse et l'inconstance dans l'âme, la concupiscence, les passions révoltées et les maladies dans le corps. Nous sommes naturellement plus orgueilleux que des paons, plus attachés à la terre que des crapauds, plus vilains que des boucs, plus envieux que des serpents, plus gourmands que des cochons, plus colères que des tigres et plus paresseux que des tortues, plus faibles que des roseaux, et plus inconstants que des girouettes. Nous n'avons dans notre fond que le néant et le péché, et nous ne méritons que l'ire de Dieu et l'enfer éternel.

80. Après cela, faut-il s'étonner si Notre-Seigneur a dit que celui qui voulait le suivre devait renoncer à soi-même et haïr son âme; que celui qui aimerait sa vie la perdrait et que celui qui la haïrait la sauverait? Cette Sagesse infinie, qui ne donne pas des commandements sans raison, ne nous ordonne de nous haïr nous-mêmes que parce que nous sommes grandement dignes de haine: rien de si digne d'amour que Dieu, rien de si digne de haine que nous-mêmes. 81. Secondement, pour nous vider de nous-mêmes, il faut tous les jours mourir à nous-mêmes: c'est-à-dire qu'il faut renoncer aux opérations des puissances de notre âme et des sens du corps, qu'il faut voir comme si on ne voyait point, entendre comme si on n'entendait point, se servir des choses de ce monde comme si on ne s'en servait point, ce que saint Paul appelle mourir tous les jours : Quotidie morior ! Si le grain de froment tombant en terre ne meurt, il demeure terre et ne produit point de fruit qui soit bon : Nisi granum frumenti cadens in terram mortuum fuerit, ipsum solum manet. Si nous ne mourons à nous-mêmes, et si nos dévotions les plus saintes ne nous portent à cette mort nécessaire et féconde, nous ne porterons point de fruit qui vaille, et nos dévotions nous deviendront inutiles, toutes nos justices seront souillées par notre amour-propre et notre propre volonté, ce qui fera que Dieu aura en abomination les plus grands sacrifices et les meilleures actions que nous puissions faire ; qu'à notre mort nous nous trouverons les mains vides de vertus et de mérites, et que nous n'aurons pas une étincelle du pur amour, qui n'est communiqué qu'aux âmes dont la vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu.

82. Troisièmement, il faut choisir parmi toutes les dévotions à la Très Sainte Vierge celle qui nous porte le plus à cette mort à nous-mêmes, comme étant la meilleure et la plus sanctifiante ; car il ne faut pas croire que tout ce qui reluit soit or, que tout ce qui est doux soit miel, et que tout ce qui est aisé à faire et pratiqué du plus grand nombre soit le plus sanctifiant. Comme il y a des secrets