Une société solide naît, cer­tes, de l'engagement de tous ses membres, mais elle a besoin de la bénédiction et du soutien de Dieu qui, malheu­reusement, est souvent exclu ou ignoré. Le Livre des Proverbes souligne le primat de l'action di­vine pour le bien-être d'une com­munauté et il le fait de façon ra­dicale, en affirmant que « c'est la bénédiction du Seigneur qui en­richit, sans que l'effort y ajoute rien» (Pr 10,22).

Ce Psaume sapientiel, fruit de la méditation sur la réalité de la vie de chaque jour, est construit substantiellement sur une oppo­sition : sans le Seigneur, on cher­che en vain à construire une mai­son stable, à édifier une ville sûre, à faire fructifier son propre labeur (Ps 126, 1-2). Avec le Seigneur, en revanche, on a la prospérité et la fécondité, une famille riche d'enfants et sereine, une ville bien équipée et défendue, libre des cauchemars et du manque de sé­curité (vv. 3-5).
Le texte s'ouvre en mention­nant le Seigneur, représenté comme le bâtisseur de la maison et la sentinelle qui veille sur la ville (Ps 120, 1-8).

Le psalmiste, tout en reconnais­sant l'importance du travail, n'hé­site pas à affirmer que tout ce tra­vail est inutile si Dieu n'est pas aux côtés de celui qui peine. Et il af­firme que, en revanche, Dieu ré­compense même le sommeil de ses amis. Le psalmiste veut ainsi exal­ter le primat de la grâce divine, qui donne sa consistance et sa valeur à l'action humaine, bien qu'elle soit marquée par des limites et son ca­ractère caduc. Dans l'abandon se­rein et fidèle de notre liberté au Sei­gneur, même nos œuvres devien­nent solides, capables de porter un fruit permanent. Notre « som­meil » devient ainsi un repos béni par Dieu, destiné à sceller une ac­tivité qui a un sens et une teneur.
On passe, à ce point, à l'autre scène tirée de notre psaume. Le Sei­gneur offre le don des enfants, con­sidérés comme une bénédiction et une grâce, signe de la vie qui con­tinue et de l'histoire du salut ten­due vers de nouvelles étapes (v. 3). Le psalmiste 'exalte en particulier « les fils de la jeunesse» : le père qui a eu des enfants dans sa jeunesse les verra non seulement dans toute leur vigueur, mais ils seront son soutien dans la vieillesse. Il pourra ainsi affronter l'avenir en sécurité, devenant semblable à un guerrier, armé de ces « flèches» pointues et victorieuses que sont les enfants. (vv.4-5).

Limage, prise à la culture de l'époque, a pour but de célébrer la sécurité, la stabilité, la force d'une famille nombreuse, comme on le répétera dans le psaume 127 suc­cessif, dans lequel est brossé le por­trait d'une famille heureuse.

La scène finale représente un père entouré de ses enfants, qui est accueilli avec respect à la porte de la ville, siège de la vie publique. Avoir des enfants est donc un don qui apporte vie et bien-être à la so­ciété. Nous en sommes conscients de nos jours, face aux pays que la baisse démographique prive de la fraîcheur, de l'énergie, de l'avenir incarné par les enfants. Sur tout cela se dresse cependant la présence bénissante de Dieu, source de vie et d'espérance.
Seule la communion avec le Sei­gneur peut préserver nos maisons et nos villes…
 


Auteur : BENOIT XVI : EXTRAITS DE L'AUDIENCE GÉNÉRALE DU 31 AOUT 2005

Répondre à cet article