De virulents philosophes (de Nietzsche à Michel Onfray) ont moqué le chrétien misérabiliste qui veut s'abaisser et se croire un vermisseau de terre. On peut tou­jours rire, mais à considérer ce que deviennent nos gloires humaines, la sagesse est-elle vraiment dans la surestimation de notre ego ?

Si Jésus parle ici (ou en 18, 14, sur le publicain et le pharisien) de s'abaisser, ce n'est pas par une fausse humilité, une passion mor­bide de rejet de soi. Ce n'est même pas par politesse, comme on se lève dans l'autobus pour donner sa place à une (vieille) dame. S'abais­ser ? L'enjeu est beaucoup plus pro­fond. C'est aller au bout du don de soi - parfois un vrai abandon ­pour que Dieu prenne enfin toute la place: faire comme Jésus, qui par amour, s'est abaissé dans la mort et a été relevé par son Père.

Auteur : frère Marie Dominique Dauzet et paru dans la revue Famille chrétienne du 1 au 7 septembre 2007

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