Qui « célèbre » ou « préside » la messe ? Prêtre ou laïc ?
Il y a une crise liturgique gravissime que ne veulent pas reconnaître nos évêques de France à part quelques uns.
Que faire alors ? Regardons la démarche de notre Pape Benoît XVI : il catéchise les fidèles, tout en ayant comme projet, à l'arrière plan, d'appliquer le Concile... même et surtout en liturgie. Prétendre le contraire en laissant croire que le Saint-Père souhaite une plus ou moins grande généralisation de la forme "extraordinaire" du rite romain ou, à l'inverse, une banalisation des célébrations fantaisistes faites au nom de Vatican II, c'est n'avoir strictement rien compris à ses déclarations et à l'action qu'il avait amorcée déjà du temps où il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
Si nous reprenons ce qu'ont dit nos évêques français, nous ne pouvons qu'être d'accord avec eux lorsqu'ils déclarent que la liturgie est l'expression de la foi de l'Eglise.
Mais il faut alors s'empresser de tirer les conclusions d'une telle déclaration : à savoir que des liturgies dénaturées dénaturent la foi, et une foi dénaturée dénature la liturgie.
Nous arrivons alors au coeur du problème : la foi et son enseignement.
Tant que le catéchisme restera un grand "n'importe quoi" enseigné par des braves laïcs sûrement pleins de bonne volonté mais ne sachant faire que des découpages-coloriages et des beaux discours sur la "solidarité", la "tolérance" ou le "partage" (ce que certains hommes politiques font bien. mieux qu'eux) la foi chrétienne ne sera pas enseignée, et la liturgie sera assurée de demeurer dans une Impasse.
Car on ne peut pas célébrer correctement une foi dont on connaît mal - ou parfois même pas du tout - les principes.
A ce stade de notre réflexion, revenons à l'action du Saint-Père. Tout le monde aura pu constater qu'elle ne consiste pas à multiplier des célébrations liturgiques exemplaires mais, dans ses catéchèses du mercredi, à enseigner la vraie foi afin que l'ayant comprise, elle nous pousse à célébrer ce que croit l'Eglise dont nous sommes les membres. La catéchèse est prioritaire, car c'est d'elle que découle tout le reste, et en particulier la liturgie.
La catéchèse: là est le véritable problème. Quand les jeunes reçoivent un catéchisme véritablement catholique, alors ils ont 1 'humilité et la joie d'obéir au Magistère, autrement dit à l'Eglise enseignante. Alors ils respectent la liturgie et font en sorte qu'elle soit respectée. C'est à ce niveau qu'il faut mettre l'action des générations futures: les prêtres et les évêques de demain sur lesquels pourront compter les Souverains Pontifes des années à venir seront les prêtres catéchisés et correctement instruits sur le plan de la doctrine.
N'oublions pas que c'est la génération actuellement âgée de 40-50 ans qui n'a que faire du Magistère et de ses enseignements; or c'est cette génération-là qui a été catéchisée dans les années 5070! Quant à ceux qui ont été catéchisés dans les années 80, ils ne vont plus à la messe.
Une solide catéchèse est donc le premier pas vers des liturgies qui soient vraiment catholiques. Souvenons-nous aussi que lorsque le Siège apostolique a eu un doute sur la capacité des évêques de France à organiser un véritable catéchisme, il a fait publier le "Catéchisme de l'Eglise catholique" qui a réduit à néant les parcours catéchétiques dont nos évêques tiraient une vaine gloire. On peut donc raisonnablement espérer que les messes "à la française" subiront tôt ou tard le sort qui fut réservé à "Pierres vivantes"...
Quand à nos Pasteurs diocésains qui s'obstinent à prétendre que la forme "ordinaire" du rite romain est respectée dans les paroisses, mettons-les en demeure de nous signaler les églises où le missel romain actuel est fidèlement suivi. Car un rapide tour d'horizon permet de dire, sans risque de se tromper, qu'il n'y a actuellement, dans les diocèses de France, guère plus de 2% des paroisses où l'on peut trouver une messe célébrée comme l'Eglise demande qu'elle soit célébrée.
C'est bien naturel quand on sait que depuis des années, le catéchisme n'est plus enseigné !
Trouvé dans la revue de l’Association Pro Liturgia de décembre 2007
Par François
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| 24/12/2007 13:39
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