En français, dire de quelqu'un qu'il est « quelconque », ça n'est pas très aimable. Ça veut dire qu'il est interchangeable, et même que s'il disparaissait, on ne s'en aperce­vrait pas beaucoup. Pourquoi la traduction liturgique rend-elle ainsi le mot akreioi ?

On traduisait autrefois « inutiles », ce qui me paraît plus riche de sens : les anciens ont beaucoup commenté ce mot.

Les uns voyaient là l'idée que Dieu n'a que des serviteurs inutiles, puisqu'il n'a besoin de per­sonne dans son éternité: c'est trop vite dit. D'autres comprenaient
Il incapables Il, comme si les œuvres humaines ne pouvaient jamais atteindre à la perfection voulue par Dieu.

Ne doit-on pas plutôt rapporter le mot à l'humilité vraie de celui qui fait simplement son devoir, avec le cœur assez pur pour se penser inutile ?

Auteur : Frère Dominique Marie Dauzet et paru dans la revue Famille Chrétienne numéro 1551 du 6 au 12 octobre 2007.
 

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