Que signifie se convertir ?
(...) Nous le savons, l'homme avait été créé pour être l'ami de Dieu. Mais le péché des ancêtres a brisé cette relation de confiance et d'amour, et a rendu par conséquent l'humanité incapable de réaliser sa vocation originelle. Toutefois, grâce au sacrifice rédempteur du Christ, nous avons été sauvés du pouvoir du mal : en effet, « le Christ, écrit l'apôtre Jean, s'est fait victime d'expiation pour nos péchés », et saint Pierre ajoute: «Il est mort pour les péchés une fois pour toutes» (1 P 3, 18).
Mort au péché dans le Christ, le baptisé renaît lui aussi à la vie nouvelle, rétabli gratuitement dans la dignité de fils de Dieu. C'est pourquoi, dans la première communauté chrétienne, le Baptême était considéré comme la « première résurrection» ( Ap 20, 5; Rm 6,). La conversion n'est jamais faite une fois pour toutes, mais c'est un processus, un chemin intérieur de toute notre vie. Cet itinéraire de conversion évangélique ne peut certes pas se limiter à une période particulière, de l'année: c'est un chemin quotidien, qui doit embrasser tout le cours de l'existence, chaque jour de notre vie (…).
Que signifie, en réalité, se convertir? Se convertir signifie chercher Dieu, aller avec Dieu, suivre docilement les enseignements de son Fils, de Jésus-Christ ; se convertir n'est pas un effort pour s'autoréaliser, car l'être humain n'est pas l'archétype de son propre destin éternel. Ce n'est pas nous qui avons créé nos propres personnes. C'est pourquoi l'autoréalisation est une contradiction et elle est également trop peu pour nous. Nous avons une destination plus élevée. Nous pourrions dire que la conversion consiste précisément à ne pas se considérer les « créateurs» de soi-même et ainsi découvrir la vérité, car nous ne sommes pas les auteurs de nous-mêmes. La conversion consiste à accepter librement et avec amour de dépendre en tout de Dieu, notre véritable Créateur, de dépendre de l'amour. Ce n'est pas une dépendance mais la liberté.
Se convertir signifie alors ne pas rechercher son propre succès personnel qui est quelque chose qui passe mais, en abandonnant toute certitude humaine, se placer avec simplicité et confiance à la suite du Seigneur pour que Jésus devienne pour chacun, comme aimait à le répéter la bienheureuse Teresa de Calcutta, « mon tout en tout ».
Celui qui se laisse conquérir par Lui ne craint pas de perdre sa propre vie, car sur la Croix Il nous a aimé et s'est donné lui-même pour nous. Et précisément en perdant notre vie par amour nous la retrouvons (...).
Du pape Benoît XVI le 24 février 2007 lors de l'audience générale (extraits)
Par François
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