Marie et le don de l'Esprit
« Tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. » (Ac 1,14)
Dans ce climat d'attente qui prédomine au Cénacle après l'Ascension, quelle est la position de Marie en ce qui concerne la descente de l'Esprit Saint ?
Le Concile souligne expressément sa présence priante en vue de l'effusion du Paraclet : elle implore « de ses prières le don de l'Esprit ». Cette notation apparaît particulièrement significative puisque, lors de l'Annonciation, l'Esprit Saint était déjà descendu sur elle, la recouvrant de « son ombre » et donnant son origine à l'Incarnation du Verbe.
Étant donné qu'elle avait déjà fait une expérience tout à fait singulière de l'efficacité de ce don, la très Sainte Vierge était dans la condition de pouvoir l'apprécier plus que quiconque : elle devait en effet à l'intervention mystérieuse de l'Esprit sa maternité, qui avait permis au Sauveur d'entrer dans le monde.
À la différence de ceux qui se trouvaient au Cénacle dans une attente anxieuse, elle, pleinement consciente de l'importance de la promesse de son Fils à ses disciples (cf. Jn 14,16), aidait la communauté à se bien disposer à la venue du « Paraclet ».
[…] Il était bon que la première effusion de l'Esprit sur elle, qui avait eu lieu en vue de sa maternité divine, fût renouvelée et renforcée. En effet, au pied de la Croix, une nouvelle maternité avait été confiée à Marie, qui concernait les disciples de Jésus. Cette mission exigeait précisément un renouvellement du don de l'Esprit. La Vierge le désirait donc, en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.
Alors qu'au moment de l'Incarnation l'Esprit était descendu sur elle en tant que personne appelée à participer dignement au grand mystère, maintenant tout s'accomplit en fonction de l'Eglise, dont Marie est appelée à être la figure, le modèle et la mère.
[…] Dans la communauté chrétienne, la prière de Marie revêt une signification particulière : elle favorise l'avènement de l'Esprit en sollicitant son action dans le coeur des disciples et dans le monde. Tout comme, lors de l'Incarnation, l'Esprit avait formé en son sein virginal le corps physique du Christ, de même, au Cénacle, le même Esprit descend pour animer son Corps mystique.
La Pentecôte est donc aussi le fruit de l'incessante prière de la Vierge, que le Paraclet accepte avec une faveur toute particulière parce qu'elle est l'expression de son amour maternel à l'égard des disciples du Seigneur. […]
(Jean-Paul II, Extraits de l'audience générale du 28 mai 1997)
Par François
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| 04/06/2006 18:20
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