Les évêques de France nous répètent que la liturgie restaurée à la suite de Vatican II est généralement respectée dans les paroisses. Or il suffit de prendre les textes conciliaires - ainsi que le missel romain actuel - pour constater que ces propos sont totalement inexacts.
Prenons quelques passages de la Constitution Sacrosanctum Concilium et comparons ce qu'il disent à ce qui se fait au cours de nos messes paroissiales.

1. "( ... ) personne ( ... ) même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie." (art. 22 §3).
Tout le monde peut constater qu'il n'y a actuellement, en France, aucune célébration liturgique respectant cette norme (rappelée à plusieurs reprises par Jean-Paul II et par Benoît XVI). Il n'y a pas deux messes paroissiales qui se ressemblent, alors que toutes prétendent se conformer au même missel.

2. "L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins." (art. 36 § 1, et 54).
Tout le monde peut constater qu'il est devenu impossible de trouver une messe célébrée en latin selon le rite actuel. De nombreux prêtres, parfois soutenus par leurs évêques respectifs, refusent même que soit célébrée une messe en latin dans l'église dont ils sont responsable. Ce qui est un abus de pouvoir manifeste doublé d'une désobéissance à l'Eglise.

3. "( ... ) le chant grégorien ( ... ) dans les actions liturgiques ( ... ) doit occuper la première place." (art. 116 et 117).
Tout le monde peut constater que, au cours des messes paroissiales, la première place a été donnée à des refrains sans valeur, qui ne transmettent rien, dont les paroles sont sans aucun rapport avec la liturgie du jour, et qui sont rapidement oubliés d'une génération de fidèles à l'autre.
Que se passerait-il si, soudain, les célébrants se mettaient à respecter les règles liturgiques énoncées ci-dessus? Pour les fidèles qui pratiquent encore, la messe prendrait l'allure de quelque chose d'insolite, d'inhabituel, de curieux, tant ceux qui fréquentent les communautés paroissiales se sont habitués à participer à des célébrations contrefaites dont les formes n'ont plus qu'un lointain rapport avec celles de la liturgie voulue par Vatican II. Pour d'autres fidèles, la liturgie célébrée selon les règles apparaîtrait comme quelque chose d'optionnel, comme une possibilité de choix parmi d'autres, tant il est vrai que, comme l'écrivait le Cardinal Ratzinger, beaucoup n'ont même plus conscience de l'existence d'un rite à respecter.
Ces considérations nous amènent à la conclusion suivante: le renouveau de la liturgie souhaité par Benoît XVI ne pourra se faire qu'à trois conditions :

1. que le missel actuel soit réellement mis en oeuvre dans toutes les paroisses, et non pas uniquement dans l'imagination des évêques ;

2. que le choix de l'ancienne forme de la liturgie romaine - dans la mesure où un Motu proprio le permettra - se fasse sans qu'il y soit mêlées des positions partisanes ou contestataires ;

3. que les évêques de France aient le courage de reconnaître la gravité du problème liturgique et qu'ils aient la volonté de s'y atteler pour le résoudre autrement qu'avec des déclarations lénifiantes.
C'est malheureusement au sujet du troisième point que nos espoirs sont les plus ténus quand on sait le peu d'écho favorable reçu par l'Exhortation Sacramentum Caritatis ...

Auteur : Denis Crouan
Paru dans la revue Pro Liturgia d’août 2007

Que pouvons faire pour que ce que demande de pratiquer l’Eglise Catholique soit réalisé par respect, dignité et obéissance envers le Christ ? Tout d’abord prier pour que la situation décrite dans l’article de Denis Crouan change. Ensuite lire et se former sur tous les textes donnés par l’Eglise Catholique dans tous les domaines et spécialement en liturgie : lire, méditer et étudier le catéchisme des évêques de France, le catéchisme de l’Eglise Catholique et surtout son abrégé ainsi que le texte sur les normes liturgiques intitulé Redemptionis Sacramentum et publiés en 2004 sans oublier tous les autres textes dont celui du pape Benoît XVI de février 2007 intitulé Sacramentum Caritatis. Ensuite demander à ceux qui sont concerné : membres d’équipe liturgique, prêtres et évêques d’obéir à ce que demande de faire l’Eglise Catholique plutôt que de laisser faire ce que désirent les membres des équipes liturgiques et les prêtres c'est-à-dire laisser faire n’importe quoi qui n’est pas digne et pas respectueux envers le Mystère que nous célébrons.

Une Question : pourquoi la Présentation Générale du Missel Romain de l’an 2000 n’a-t-elle toujours pas de traduction officielle en français au cours de l’été 2007 mais seulement une traduction officieuse réalisé par Denis Crouan et édité par les éditions François-Xavier de Guibert ?

Auteur : François Lugan  

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