"Il est nécessaire de rappeler la valeur irremplaçable qu'a pour le prêtre la célébration quotidienne de la Messe, même sans le concours des fidèles. Il la vivra comme le moment central de sa journée et de son ministère quotidien, fruit d'un désir sincère et occasion d'une rencontre profonde et efficace avec le Christ. Il mettra le plus grand soin à la célébrer avec piété et à y appliquer son esprit et son coeur.

Dans une culture toujours plus sensible à la communication par les signes et par l'image, le prêtre réservera une attention adéquate à tout ce qui peut rehausser la dignité et le caractère sacré de la célébration eucharistique. Il est important dans cette célébration de soigner spécialement la conformité et la propreté du lieu, l'architecture de l'autel et du tabernacle, la noblesse des vases sacrés et des ornements, du chant, de la musique, le silence sacré, etc. Tous ces éléments peuvent contribuer à une meilleure participation au Sacrifice eucharistique. 

En effet, une attention insuffisante portée aux aspects symboliques de la liturgie, et plus encore, la négligence et la précipitation, la superficialité et le désordre en vident le sens et affaiblissent sa fonction d'accroissement de la foi. 

Celui qui célèbre mal manifeste la faiblesse de sa foi et n'éduque pas les autres à la foi.
En revanche, bien célébrer constitue une première et importante catéchèse sur le Saint Sacrifice.
Ainsi le prêtre, tout en mettant au service de la célébration eucharistique ses capacités pour la rendre vivante avec la participation de tous les fidèles, doit s'attacher au rite établi dans les livres liturgiques approuvés par l'autorité compétente, sans ajouter, enlever ou modifier quoi que ce soit. Tous les Ordinaires, les Supérieurs des Instituts de vie consacrée, les Modérateurs des sociétés de vie apostolique ont le grave devoir, en plus de donner l'exemple, de veiller à ce que les normes liturgiques concernant la célébration de l'Eucharistie soient partout fidèlement observées. Les prêtres qui célèbrent ou concélèbrent sont tenus de se revêtir des ornements sacrés prescrits par les rubriques. (...)
 
L'obéissance est une valeur sacerdotale de première importance. (...) La vertu de l'obéissance, intrinsèquement requise par le sacrement et par la structure hiérarchique de l'Eglise, est clairement l'objet de la promesse que prononce le clerc dans le rite de l'ordination diaconale d'abord, puis dans celui de l'ordination presbytérale. (...)

La culture contemporaine souligne la valeur de la subjectivité et de l'autonomie de la personne, comprise comme intrinsèque à sa dignité. Cette valeur, en elle-même positive, prend une dimension négative, quand elle est absolutisée et revendiquée hors de son contexte légitime. Ceci peut également se manifester à l'intérieur de l'Eglise et dans la vie du prêtre, quand les activités menées au service de la communauté sont réduites à un fait purement subjectif. En réalité, le prêtre, par la nature de son sacerdoce, est au service du Christ et de l'Eglise.

(...) Le prêtre est tenu à une "obligation spéciale de respect et d'obéissance" à l'égard du Souverain Pontife et de son Ordinaire. (...) La subordination hiérarchique requise par le sacrement de l'Ordre se réalise ecclésiologiquement et structurellement dans le lien à l'Evêque et au Souverain Pontife, qui détient le primat (principatus) du pouvoir ordinaire sur toutes les Eglises particulières. L'obligation d'adhérer au Magistère, en matière de foi et de morale, est intrinsèquement liée à toutes les fonctions que le prêtre doit remplir dans l'Eglise. Le dissentiment dans ce domaine doit être jugé comme grave, puisqu'il produit le scandale et désoriente les fidèles.

Personne plus que le prêtre n'est conscient de la nécessité des normes dans l'Eglise. En effet, parce que la structure hiérarchique et organique est visible, l'exercice des fonctions que Dieu lui a confiées, et spécialement celles de guider le Peuple et de célébrer les sacrements, doit être organisé de manière adéquate. En tant que ministre du Christ et de son Eglise, le prêtre assume généreusement l'engagement d'observer fidèlement toutes et chacune des normes, en évitant toutes les formes d'adhésion partielle suivant des critères subjectifs qui divisent et qui atteignent aussi les fidèles laïcs et l'opinion publique, causant de graves dommages pastoraux. (...) En obéissant à l'autorité constituée, le prêtre favorisera entre autre la charité mutuelle au sein du presbyterium et l'unité fondée sur la vérité."


Source : Directoire pour la vie et le ministère des Prêtres, Congrégation pour le Clergé.

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