Sachez qu’il n’y a pas de définition de la prière. Il ne faut pas prendre un dictionnaire pour savoir ce que signifie « prier » et comment pratiquer la prière puisqu’il y a différentes école de prières et différentes formes de prières. Nous n’allons pas trouver dans ces quelques lignes une méthode pour nous apprendre à prier, un « savoir faire » a appliquer chaque fois que nous désirons prier. Ces quelques commentaires sur la prière sont là pour nous aider à mettre en pratique dans nos vies la prière et essayer d’en vivre continuellement.
 
Nous allons d’abord voir ce que dit le Christ dans l’Evangile puis ce que dit le catéchisme des évêques de France, ensuite ce que nous explique le catéchisme de l’Eglise catholique et pour terminer ce que dit saint Augustin. Mais il faut savoir que prier c’est simple et pas compliqué même si une des explications que vous lirez vous paraît incompréhensible : ne pas s’y arrêter. Ensuite, nous verrons ce qu’il faut retenir sur la prière : ce que nous devons savoir pour vivre de la prière et tendre à une prière continuelle c’est à dire ce que nous pouvons faire.
 
1.                  Que nous dit l’Evangile sur la prière ? 
 
Dans l’Evangile, nous voyons que chaque fois que Jésus a quelque chose d’important à dire ou à faire, il se retire seul dans le silence pour prier Dieu. Aussi, en saint Luc 11, 1 à 4 les disciple interrogent Jésus sur la prière : « Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, un de ses disciples lui dit: « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples ». Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites : Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; donne-nous chaque jour notre pain quotidien ;  et remets-nous nos péchés,  car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ;  et ne nous soumets pas à la tentation ».
 
2.                  Que nous disent les catéchismes de l’Eglise Catholique et des évêques de France sur la prière ? 
 
Que dit le catéchisme de l’Eglise Catholique sur la prière ?
 
Le guide de lecture au numéro 23 résume parfaitement ce que dit le catéchisme de l’Eglise Catholique :
 
Est-il besoin d'être croyant pour prier ? L'Eglise demande de « faire sa prière ». Mais la prière n'est-elle pas autre chose qu'un rite à observer ? Elle doit exprimer le fond .du cœur, ce que chacun ressent quand il se met en face de soi. Plus qu'une obligation, la prière est d'abord la grâce de ceux qui veulent respirer à l'intérieur d'eux-mêmes en présence de Dieu. Pour­quoi donc l'Église a-t-elle codifié par des prescriptions les temps et les formules de prière ?
Il faut d'abord remarquer que le CEC consacre toute sa quatrième partie (2558-2865) à la prière. C'est dire l'impor­tance qu'il lui attache pour le chrétien. Il précise d'abord la place que tient la prière dans l'expérience même de la foi. Il insiste sur la présence de l'Esprit au cœur de la démarche priante. Il justifie le rôle éducatif de l'Eglise qui ouvre à ses fidèles les différents chemins de la prière, qu'elle soit per­sonnelle ou communautaire.
 
La prière du croyant

- Quelles que soient ses formes, la prière est l'expres­sion de la foi : c'est une «élévation de l'âme vers Dieu»(2559). Elle permet de s'établir en relation avec Dieu (2562).
- La prière naît du cœur, «notre centre caché, insaisis­sable par notre raison et par autrui» (2562).
- La prière est universelle parce que la « quête de Dieu » est présente partout. «Toutes les religions en témoignent » (2566). Elle est aussi présente à l'histoire des hommes: elle est « la relation à Dieu dans les événements de l'histoire » (2568).
- La prière chrétienne est la réponse à un appel qui vient du dedans. C'est l'Esprit-Saint, le Maître intérieur (741), qui, en nous, la fait «jaillir» et la «dirige vers le Père » (2564, 2652, 2670, 2672). C'est le Christ qui, en nous, a soif, comme au puits de la Samaritaine (2560).
1.                  La prière est un combat (2725). « Elle ne se réduit pas au jaillissement spontané d'une impulsion intérieure. Pour prier, il faut le vouloir» (2650). Elle doit faire face à de multiples obstacles, en particulier à tous les préjugés issus des mentalités et des courants actuels (2726). D'autre part, on ne peut méconnaître les difficultés propres à l'exercice même de la prière (2729-2733).
1.             La prière est d'abord une question d'amour (2742). C'est la disposition du cœur qui purifie la demande expri­mée dans la prière. C'est elle aussi qui accepte que Dieu n'exauce qu'à la mesure de notre bien (2735-2737). En outre, il ne suffit pas de dire: « Seigneur, Seigneur » (Mt 7, 21), mais « d'accorder son cœur à faire la volonté du Père» (2611).
 
La prière en Église

- Si l'Église a précisé les temps de la prière du chrétien (2698) et si elle privilégie certaines formules, c'est autant pour signifier la «communion» de tous (2565) que pour offrir un «langage» à tous ceux qui s'engagent sur des « chemins de prière » (2663).
- C'est d'abord dans les Écritures (2568-2597) que l'Église puise des modèles et des formulations de la prière (2625). Le Christ Lui-même a prié son Père (2599-2607) et il a demandé à ses disciples de « prier en son nom » (2614).
- La prière n'a rien d'uniforme. Elle ne va pas à Dieu par un sens unique. Elle prend différentes voies qui lui donnent cha­cune une forme particulière. Ainsi le CEC distingue-t-il la prière de bénédiction et d'adoration qui se tourne vers le Sei­gneur pour « exalter» sa grandeur et ses dons (2626-2628), la prière de demande et d'intercession dans laquelle nous Le sup­plions pour nous-mêmes ou pour les autres (2629-2636), la prière d'action de grâces et de louange qui, simplement, se réjouit que «Dieu est Dieu» (2639) et qui exprime la reconnaissance pour ses dons (2637-2643). Le modèle en est la Vierge Marie dans le Magnificat (2619).

2.      C'est dans la célébration de l'eucharistie que culminent toutes ces formes de la prière chrétienne (2643, 1359-1361).
 
Pédagogie de la prière
 
- Beaucoup d'enseignements du CEC concernent autant la prière personnelle que la prière communautaire (2586, 2655, 2664, 2704). «Le Seigneur conduit chacun par les chemins et de la manière qui Lui plaisent. Chaque fidèle répond selon la détermination de son cœur et les expressions personnelles de sa prière» (2699). Ainsi les Psaumes peuvent-ils inspirer tout autant la liturgie que le cœur de l'homme (2588). « Il est important de pétrir par la prière la pâte des humbles situations quotidiennes» (2660).
- La prière ne va pas de soi. Il y faut un apprentissage (2650). « On entre en prière comme on entre en liturgie: par la porte étroite de la foi» (2656). Le Christ lui-même a appris la prière à ses Apôtres (2607 s.). En réponse à leur demande (Lc II, 1), Il a confié cette « prière chrétienne fon­damentale» qu'est le Notre Père (2759). Dans son ultime partie, le CEC présente le commentaire de chacune des demandes de la prière du Seigneur (2761-2865).
 
En définitive, la prière teste la vérité de foi et de la vie du chrétien. Prière et vie chrétiennes sont indissociables (2745). «On prie comme on vit, parce qu'on vit comme on prie» (2725). La prière n'est rien d'autre que notre réponse à « Dieu qui a soif que nous ayons soif de Lui » (2560).
 
Que dit le catéchisme des Evêques de France sur la prière ?
 
Le numéro 551 nous donne une définition de la prière :
 
La prière est la respiration de l'âme. Elle consiste à se rendre attentif à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, à écouter sa Parole, à lui parler : passer du « il » au « tu ». Elle se nourrit de la Parole de Dieu en particulier, des grandes prières de l'Église, et des cantiques populaires. La prière s’achève dans la prière du don et de l'accueil du Christ.
Mais prier, c’est aussi placer toute sa vie devant Dieu. Cela n’est possible que si certains moments sont donnés gratuitement à Dieu.
La prière est avant tout affaire du cœur. Mais elle prend normalement forme dans la prière vocale, parlée et chantée, dans les attitudes et les gestes qui expriment l'adoration, l'action de grâce, le repentir, la demande et l'abandon à Dieu.
 
Le numéro 558, sur le notre Père, complète bien cette définition de la prière :
 
C'est la plus connue des prières chrétiennes et pourtant ce n'est pas une prière comme les autres, fût-ce la plus belle, car Jésus lui-même l'a apprise à ses disciples : elle est l'expression de ce qu'il nous appelle à vivre en lui. Elle est à la fois prière et école de prière, par les demandes formulées et l'ordre même de ces demandes. En effet, elle nous invite à la demande du pain quotidien, du pardon et de la délivrance du Mal, mais seulement après nous avoir situés dans l'adoration et l'acceptation de h volonté du Père. Elle est comme le modèle de toute prière. Au début de l'histoire de l'Église, on n'enseignait le « Notre Père» aux futurs baptisés qu'après une longue préparation : il faut généralement du temps pour que l'Esprit de Dieu travaille les cœurs humains au point qu'ils réalisent que Dieu est leur Père.
 
3.                  Saint Augustin et le Notre Père
 
Dans cet extrait de la « Lettre à Proba sur la Prière », c'est la prière du Notre Père, comme modèle de toute les prières, qu'Augustin nous présente, n'hésitant pas à déclarer que toutes les paroles de l'homme en prière ne peuvent que se rattacher à cette prière que Jésus a donné à ses disciples quand ils le suppliaient : « Apprends-nous à prier ! » (Luc 11, 1) Toute autre forme de prière serait « illicite » pour les hommes spirituels que nous sommes appelés à être.
Les paroles nous sont nécessaires, à nous, afin de nous rappeler et de nous faire voir ce que nous devons demander. Ne croyons pas que ce soit afin de renseigner le Seigneur ou de le fléchir.
Aussi, lorsque nous disons : que ton nom soit sanctifié, c'est nous-mêmes que nous exhortons à désirer que son nom, qui est toujours saint, soit tenu pour saint chez les hommes aussi, c'est-à-dire ne soit pas méprisé, ce qui profite aux hommes et non pas à Dieu.
Et lors que nous disons : que ton règne vienne, alors qu'il viendra certainement, que nous le voulions ou non, nous excitons notre désir de ce règne, afin qu'il vienne pour nous, et que nous obtenions d'y régner.
Quand nous disons : que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel afin que sa volonté soit faite en nous comme elle est faite au ciel par ses anges.
Quand nous disons : donne aujourd’hui notre pain de ce jour, aujourd’hui signifie « dans le temps présent ». Ou bien nous demandons d'avoir ce qu'il nous faut en désignant le tout par la partie la meilleure, qui est le pain ; ou bien nous demandons le sacrement des croyants qui nous est nécessaire dans le temps présent pour obtenir non pas le bonheur dans ce temps, mais le bonheur éternel.
Quand nous disons : pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, nous rappelons à nous-mêmes et ce que nous demandons et ce que nous devons faire pour être exaucés.
Quand nous disons : ne nous soumets pas à la tentation, nous rappelons à nous-mêmes ce qu'il faut demander : que nous ne consentions pas à une tentation trompeuse, ou que nous ne fléchissions pas sous une tentation accablante, parce que nous serions privés du secours divin.
Lorsque nous disons : délivre nous du mal, nous rappelons à nous-mêmes qu'il ne faut pas nous croire établis dans ce lieu où nous n'aurons plus à souffrir aucun mal. Et cette demande placée en dernier lieu dans la prière du Seigneur a une telle ampleur que le chrétien soumis à n'importe quelle épreuve exprime sa plainte par elle, verse des larmes par elle, commence par elle, s'y attarde et termine par elle sa prière. Nous avions besoin de ces paroles pour confier les réalités elles-mêmes à notre mémoire.
Car lorsque nous disons n'importe quelles autres paroles, soit que le coeur de l'homme en prière les forme d'abord pour voir clair en lui, soit qu'il s'y attache en conclusion pour s'épancher, nous ne disons rien d'autre que ce qui se trouve déjà dans cette prière du Seigneur, du moins si nous prions de façon juste et appropriée. Si l'on dit quelque chose qui ne puisse pas se rattacher à cette prière évangélique, même si la prière n'est pas illicite, elle est charnelle. Et je ne sais pas comment on pourrait ne pas l'appeler illicite, puisque la prière spirituelle est la seule qui convienne à des hommes qui ont reçu du Saint-Esprit la nouvelle naissance.
« Les paroles nous sont nécessaires, à nous », insiste Augustin : au Seigneur le silence qui dit plus que toutes les paroles d'homme. Ce silence du coeur à coeur où le coeur de Dieu rencontre notre coeur et sait déjà ce que nous demandons vraiment. Alors que nous demandons tous les biens de ce monde, alors que nous réclamons l'amitié ou l'amour qui fait défaut à l'homme solitaire, Dieu sait que c'est notre soif la plus profonde que nous disons... Notre soif éternelle... La soif qui ne connaîtra l'apaisement que dans les bras de Dieu.
C'est nous-mêmes que nous exhortons à désirer : le nom de Dieu est saint de toujours à toujours, mais voulons-nous assez proclamer cette sainteté à la face du monde ? Ne sommes-nous pas trop souvent tentés de nous taire, et d'oublier les paroles de St Paul : « Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire ; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! » (1 Co 9, 16) ? Puissions-nous tous comme le prophète ne plus nous taire, dévorés par le feu de la parole : Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom ». Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être.
Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. (Jr 20, 9)
Et si nous désirons, il faut exciter notre désir : ce désir qui doit croître pour pouvoir accueillir Celui qui veut se donner tout entier :
Toute la vie du chrétien est un saint désir. Sans doute, ce que tu désires, tu ne le vois pas encore : mais en le désirant tu deviens capable d'être comblé lorsque viendra ce que tu dois voir.
Supposons que tu veuilles remplir une sorte de poche et que tu saches les grandes dimensions de ce qu'on va te donner, tu élargis cette poche, que ce soit un sac, une outre, ou n'importe quoi de ce genre. Tu sais l'importance de ce que tu vas y mettre, et tu vois que la poche est trop resserrée : en l'élargissant, il augmente sa capacité de recevoir.
Nous devons donc désirer, mes frères, parce que nous allons être comblés. Voyez saint Paul, élargissant son désir pour être capable de recevoir ce qui doit venir. Il dit en effet : « certes, je ne suis pas encore parfait. Frères, je ne pense pas avoir déjà saisi le Christ ».
Que fais-tu alors en cette vie, si tu ne l'as pas encore saisi ? - Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière et tendu vers l’avant, je suis mon élan vers le triomphe auquel je suis appelé de là-haut. Il dit qu'il est tendu et qu'il suit son élan. Il se sentait incapable de saisir ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que le cœur de l’homme n’a pu concevoir.
Voilà notre vie : nous exercer en désirant. Le saint désir nous exerce d'autant plus que nous avons détaché nos désirs de l'amour du monde. Nous l'avons déjà dit à l'occasion : vide ce qui doit être rempli. Ce qui doit être rempli par le bien, il faut en vider le mal. Suppose que Dieu veut te remplir de miel : si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel ? Il faut répandre le contenu du vase ; il faut nettoyer le vase lui-même ; il faut le nettoyer à force de travailler, à force de frotter, pour qu'il soit capable de recevoir autre chose.
Parlons de miel, d'or ou de vin : nous pouvons désigner de n'importe quel nom ce qui est indicible, mais son vrai nom est Dieu. Et quand nous disons : Dieu, que disons-nous ? Ce mot désigne tout ce que nous attendons. Tout ce que nous pouvons dire est en dessous de la réalité ; élargissons-nous, en nous portant vers lui, afin qu'il nous comble, quand il viendra. Nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. (commentaire de la première lettre de saint Jean 4, 6)
Comment hésiter encore à dire "Que ta volonté soit faite", quand nous savons que la volonté de Dieu c'est l'Amour ? Comment ne pas désirer l'Amour ? Comment ne pas vouloir, ce que Dieu veut, puisque Dieu veut le bonheur de l'homme ? Mais nous désirons mal la volonté de Dieu. Constamment interfère notre désir de l'immédiat, dont notre coeur ne saurait être comblé : Dieu lui veut nous combler de ce qui demeure (« Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons en lui notre demeure », Jn 14, 23).
Notre pain de ce jour, n'est-ce pas cette nourriture qui nous fait grandir pour la vie éternelle ? Le pain de vie : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif ». (Jn 6, 35). Mais notre faim n'est pas apaisée, car nous ne sommes pas encore assez à Lui, nous ne croyons pas encore et notre soif est dévorante...
Ne nous soumets pas à la tentation : tentation trompeuse, tentation accablante, nous dit Augustin. Si sur le sentier rude et escarpé de la vie l'homme est assailli de tentations multiples, Augustin conseille (sermon sur la montagne 18, 55) : « s'il redoute de ne pas atteindre le but, qu'il prenne conseil pour obtenir du secours ». Demandons à Dieu d'intervenir pour que nous ne soyons pas tentés, non pas par Lui (la traduction française n'est pas heureuse sur ce point), mais que nous ne soyons pas tentés au-delà de nos forces, dans toutes les circonstances de la vie.
Oh, Oui, mon Dieu, délivre-nous du Mal : délivre-nous de tout ce qui fait mal, de toute souffrance à nous envoyée, mais aussi de toute la souffrance que plus ou moins consciemment nous donnons aux autres... Quand nous doutons, quand nous n'aimons pas assez, quand nous ne pensons qu'à nous... et que nous oublions que le véritable Amour ne peut être trouvé qu'en s'approchant du coeur de Dieu qui n'est qu'Amour.
 
4.                  Que devons nous faire concrètement ?
 
Il faut que notre prière soit conforme aux demandes que Jésus exprime dans le Notre Père et que saint Augustin vient de nous expliquer. Et pour cela, Dieu nous envoie le Saint Esprit.
 
La première des prières est la prière de demande. Nous pouvons lire la prière de demande qu’Abraham adressa à Dieu à propos de Sodome et Gomorrhe en Genèse 18, 16 à 33. C’est le meilleur exemple de demande de prières que nous avons. Que remarque t-on ? Abraham n’hésite pas a formuler sa demande jusqu'à ce qu’elle soit exaucé par Dieu. Il est persévérant dans sa prière de demande. Et le résultat c’est que Dieu fini par l’exécuter.
Dieu agit de la même manière avec nous. Il veut que nous soyons persévérant dans nos demandes pour nous exaucer. Et cela pour être sur que c’est une demande importante pour nous.
Dans l’Evangile de saint Matthieu 7, 7 à 11 il est dit : « Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçois ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. Quel est d’entre vous, l’homme auquel son fils demandera du pain, et qu’il lui remettra une pierre ? Ou encore, s’il lui demande un poisson, lui remettra t-il un serpent ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l’en prient ! ».
Pour répondre à nos prières de demande, Dieu nous donne ce dont nous avons besoin pour devenir un saint, pour mieux l’aimer. Nous, nous voyons les choses de manière limités. Dieu voit tout et sais ce dont nous avons besoin. S’il lui faut notre prière c’est parce qu’il ne veut pas faire de nous des enfants gâté. Il attend notre demande afin de savoir si ce qu’il y a dans notre cœur est important pour nous. Par exemple si nous demandons la guérison physique de quelqu’un que nous aimons et qu’elle ne se produit pas, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas exaucé mais parce que ce n’est pas ce qu’il fallait pour que cette personne devienne un saint, une être humain toute rempli de l’Amour divin.
Clément d’Alexandrie nous a conservé un mot du Christ qui n’est pas dans l’Evangile : « Demandez les grandes choses et Dieu vous accordera les petites ». « Vous priez mal », dit le Seigneur Jésus. Vos prières se meuvent toujours dans la sphère de votre petit moi, de vos besoins, de vos difficultés, de vos désirs. Demandez les grandes choses : la Gloire et le Règne du Dieu tout-puissant, le don des grandes grâces, pain de Vie et miséricorde infi­nie de Dieu, dès maintenant, dès ici-bas, dès aujourd'hui. Cela ne veux  pas dire que vous ne puissiez exposer à Dieu vos pauvres nécessités personnelles. Mais elles ne doivent pas déter­miner votre prière. Car c'est votre Père que vous priez. Il sait tout. Il sait, avant qu'ils le lui demandent, de quoi ses enfants ont besoin. Et il ajoute aux grandes grâces ces petits dons. Jésus dit : « Demandez les grandes choses et Dieu vous accordera les petites ». Le Notre Père nous apprend à demander les grandes choses.
Partout où des hommes osent, au nom de Jésus, prier avec une confiance d’enfants à l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, le Père céleste de révéler sa Gloire et de leur accorder dès ici-bas l’humilité, le pain de la Vie et le pardon de nos péchés, là se réalise dès maintenant, le Règne souverain de Dieu sur la vie de ses enfants...
Le psaume 130 affirme : « Des profondeurs, je crie vers toi Seigneur, Seigneur écoute mon appel. Que ton oreille se fasse attentive au cris de ma prière… » exprime ce qu’il y a dans notre cœur lorsque nous faisons une demande à Dieu.
 
Il y a également une prière de demande de pardon pour nos péchés comme nous l’exprime le psaume 50 : « Pitié pour moi mon Dieu en ta bonté, en ta grande miséricorde efface mon péché, lave moi tout entier de ma faute, purifie moi de mon offense… ».
 
Nous pouvons aussi prier avec les psaumes tel que Laudes ou vêpres (l’office liturgique) dans lequel nous retrouvons la prière d’intercession, la prière de demande et quelque fois la prière de pardon pour nos péchés.
 
Il y a aussi la prière avec les sacrements dont la plus importante et la plus capitale est celle de l’Eucharistie, qui nous rends présent Jésus dans l’hostie après la consécration, et à laquelle nous devons participer au moins tous les dimanches et si possible en semaine. C’est par la communion fréquente avec Jésus que nous arriverons à réaliser l’union de notre cœur avec son cœur.
La seconde chose sur la prière à retenir est qu’elle consiste à se mettre en silence sous le regard de Dieu pour L’écouter nous parler. C’est à cette forme de prière que toute personne qui désire aimer Dieu  doit tendre et pratiquer quotidiennement. En effet, toute personne qui aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tous son être à besoin de retrouver Dieu tous les jours dans cette prière silencieuse  pour L’écouter.
 
N’oublions pas la prière du chapelet que nous pouvons dire n’importe ou et n’importe quand et que la vierge Marie nous demande de réciter dans la plupart de ses apparitions.
 
Au cœur de toute spiritualité, de toutes formes de prières, il y a la Croix du Christ. Ecoutons François Varillon nous en parler : « Toutes les spiritualités se rejoignent au pied de la Croix du Christ. De multiples voies ont été ouverte au cours des siècles pour acheminer l’homme à l’union , aussi intime que possible avec Dieu. Les uns suivent la route tracée par saint Jean de la croix et sainte Thérèse. D’autres préfèrent se mettre à la suite de saint Dominique, de saint François d’assise, de saint Ignace, de saint François de Sales, du Père de Foucault. Mais il y a aussi les chemins qui ne mènent nulle part et se perdent dans l’illusion. Il y a l’authentique et il y a l’aberrant. Le seul critère de l’authenticité spirituelle est la Croix. Tout ce qui conduit à la Croix est précieusement chrétien. Tout ce qui élimine la Croix, ou la contourne, est de l’ordre du pseudo ou de l’ersatz ». Ces paroles de François Varillon rejoignent saint Augustin qui nous explique que les sacrements et l’Eglise prennent naissance dans la blessure du Cœur du Christ à la Croix.
 
Jésus savait que nous ne pouvons pas prier tout seul. C’est pour cela qu’a la Croix, il donne Marie à saint Jean et par lui à chacun de nous. Le rôle de Marie auprès de chacun de nous est le même que celui qu’elle a eu avec les apôtres : nous apprendre à prier. Pour cela étudions les Actes des Apôtres au chapitre 2, 1 à 13. Nous constatons dans ce récit que le Saint Esprit vient  remplir les apôtres par la prière de Marie. C’est pourquoi saint Louis Marie Grignion de Montfort dit que quand le Saint Esprit trouve l’esprit de Marie dans une âme il y bondit. Et l’esprit de Marie c’est confiance, abandon, modestie, humilité et miséricorde. Quant à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus elle dit que Marie nous prend dans ses bras maternels pour nous placer dans le Cœur du Christ, le coeur de l’Amour. D’autre part, elle affirme que quand on dit Marie, elle répond aussitôt Jésus ; Marie ne garde rien pour elle. Elle est le pont qui nous aide à passer de l’état d’être humain à celui d’un être tout rempli d’Amour ; elle est l’intermédiaire entre Dieu et les hommes pour permettre à l’homme de devenir un saint, un être tout rempli d’Amour ; Il faudra toute notre vie terrestre pour y parvenir.
 
Conclusion : la prière c’est simple ; il n’y a rien de compliqué. Dés que nous avons à dire quelque chose à Dieu, à demander, à exprimer ou à supplier pour telle ou telle intention, il n’y a pas à hésiter. Dieu nous écoute toujours et nous exauce toujours si nous voulons le voir dans la mesure ou nos demandes correspondent  celles du Notre Père et par là a ce que nous vivons dans notre vie de tous les jours.

Auteur : François LUGAN
Copyright : Association Apostolat Sainte Thérèse

Répondre à cet article