Le Seigneur Jésus, Verbe fait chair, mort et ressuscité, a porté à terme l' œu­vre de salut, faite de gestes et de paroles, et a manifesté pleinement le visage et la volonté de Dieu, de sorte que jusqu'à son retour glorieux, aucune nouvelle révélation publique n'est à attendre. Les apôtres et leurs successeurs, les Evêques, sont dépositaires du message que le Christ a confié à son Eglise, afin qu'il soit intégralement transmis à toutes les générations. Les Saintes Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament et la Tradition sacrée contiennent ce message, dont la compréhension se poursuit dans l'Eglise avec l'assistance de l'Esprit Saint. Cette même tradition fait connaître le canon inté­gral des Livres sacrés et permet leur compréhension correcte, ainsi Dieu, qui a parlé aux Patriarches et aux Prophètes, ne cesse de parler à l'Eglise, et, à travers celle-ci, au monde.
L'Eglise ne vit pas d'elle-même, mais de l'Evangile, et tire toujours de l'Evangile son orientation pour son pèlerinage. La Constitution conciliaire Dei Verbum a donné un élan puissant à la valorisation de la Parole de Dieu, dont a dérivé un profond renouveau de la vie de la communauté ecclésiale, en particulier dans la prédication, la catéchèse, la théologie, la spi­ritualité et les relations œcuméniques. C'est en effet, la Parole de Dieu qui, sous l'action de l'Esprit Saint, guide les croyants vers la plénitude dé la vérité ( ln 16, 13). Parmi les multiples fruits de ce printemps biblique, j'ai plaisir à mentionner la diffusion de l'antique pratique de la lectio divina, ou « lecture spi­rituelle» des Saintes Ecritures. Celle-ci consiste à s'attarder longuement sur un texte biblique, le lisant et le relisant, en le « rumi­nant » presque, comme disent les Pères, et à en extraire, pour ainsi dire, tout le « suc »,
afin qu'il nourrisse la méditation et la contem­plation et parvienne à irriguer, comme la sève, la vie concrète. Une condition de la lec­tio divina est que l'esprit et le cœur soient éclairés par l'Esprit Saint, c'est-à-dire par l'Inspirateur des Ecritures lui-même, et qu'ils se placent donc dans une attitude d' « écoute religieuse ».
Telle est l'attitude typique de la Très Sainte Vierge Marie, comme le montre de façon emblématique l'icône de l'Annonciation: la Vierge accueille le Messager céleste tandis qu'elle médite les Ecritures Saintes, représentées d'ordinaire par un livre que Marie tient entre ses mains, ou sur ses genoux, ou sur un pupitre. Telle est également l'image de l'Eglise offerte par le Concile lui-même, dans la Constitution Dei Verbum : « En écoutant religieusement la Parole de Dieu ... » (n. 1).
Prions afin que, comme Marie, l'Eglise soit la servante docile de la Parole divine et la proclame toujours avec une ferme confiance afin que: « en entendant, le monde entier y croit, qu'en croyant, il espère, qu'en espérant, il aime ».



Auteur : Benoît XVI le 6 novembre 2005
Copyright : Association Apostolat Sainte Thérèse

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