L’AFFAIRE HUMBERT : une histoire manipulée
Avec ce téléfilm début décembre 2007, TF1 nous enferme pendant 90 minutes dans la chambre d'hôpital où Vincent Humbert a passé trois ans. Jusqu'à son euthanasie "revue et corrigée" pour les besoins de la cause.
« Maman, je veux mourir », avait demandé Vincent, avant d'adresser sa requête au président de la République. Une affaire qui a défrayé la chronique et que TF1 reprend sous forme de téléfilm, approuvé par celle qui a « euthanasié » son fils, 20 ans, fallacieusement présenté comme muet, aveugle, tétraplégique.
Accident de voiture, le 24 septembre 2000.
Vincent rentrait de la caserne des pompiers où il était volontaire depuis l'âge de 11 ans. Colli~ sions en tous genres, accouchements précoces, catastrophes naturelles, il faisait face. Et le bonheur semblait régner dans le pré de cette fratrie de trois garçons, aimés et choyés par Marie, une mère énergique et généreuse.
Mais de cette tranche de vie, nenni dans le scénario, campé pour moitié dans la chambre d'hôpital où Marie fait entrer la vie à flots, pour stimuler son «Titi». Son amour maternel intuitif et inventif aura raison du pronostic médical qui le condamne à une vie végétative. Vincent sort du coma, mais perd le goût de vivre. «Il ne fallait plus que je l'aime pour moi mais pour lui.» Un argument ambivalent pour tenter de justifier l'injection mortelle que la mère éplorée administre à son fils: le jour anniversaire de l'accident... Les images se succèdent comme une déferlante d'émotions qui asphyxient toute réflexion. En se nouant subrepticement dans un goulot d'étranglement qui appelle la mort. En contrepoint, le scénario mentionne l'une des innombrables lettres que Vincent avait reçues: un frère de souffrance atteste avoir trouvé une issue de secours, par « la vie de l'esprit ».
Sans doute la seule réponse à l'effroyable situation, mais avec des mots un peu abstraits et savants pour ce garçon et cette mère d'origine modeste, taraudés par des questions de survie qui ne laissent pas grand place aux questions sur le sens de la vie. Des espaces de dialogue trop rares, et une image paternelle déficiente, tant dans l'enfance de Marie que pour Vincent qui a souffert cruellement du divorce de ses parents. Pas de père, donc des difficultés de structuration, de valorisation et de socialisation : une clé de lecture pour décrypter la relation fusionnelle mère-fils.
Pourquoi Vincent souhaite-t-il «mourir pour foutre la paix à tout le monde » ? « Son histoire réelle, non manipulée, reste à comprendre», estime Tugdual Derville, d'Alliance pour les droits de la vie, qui déplore qu'on ait « totalement occulté la parole des soignants de Vincent ».
« Une opération indigne »
Le kinésithérapeute de Vincent, Hervé Messager, se dit d'ailleurs choqué par la désinformation. Car derrière cette orchestration tonitruante de bons sentiments, et de la fameuse « neutralité » dont se réclame haut et fort l'équipe du téléfilm se cache une réalité soigneusement lissée avec un projet très clair : légiférer sur l'euthanasie.
C'est une accumulation d'éléments tous plus misérabilistes les uns que les autres, qui trempent dans l'eau de rose et ne visent qu'à une chose : faire verser des larmes à la ménagère de moins de 50 ans », prévient le Dr Pascal Rigaud, chef du service de rééducation fonctionnelle où séjournait Vincent (Le Quotidien du médecin du 6 septembre 2007).
«C'est une opération indigne, qui vise à faire du pathos à bon marché sur une histoire qui a profondément bouleversé les membres de nos équipes », renchérit le Dr François Danzé, chef du service de neurologie du centre héliomarin de Berck-sur-Mer, la ville du drame.
Pourront-ils faire entendre leurs voix ?
Auteur : Maryvonne Grasse et paru dans la revue Famille Chrétienne numéro 1559 du premier décembre au 7 décembre 2007
Par François
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| 30/11/2007 15:47
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