La contraception gratuite et anonyme ! Telle est la solution avancée, début décembre, par le. Haut Conseil de la population et de la famille pour résoudre le problème de l'avortement chez les mineures.


Les chiffres publiés par .l'instance sont éloquents. Sur cinq mineures encein­tes, trois choisissent d'avorter. Soit 13400 avortements en 2004, dont 700 chez des mi­neures de 15 ans... Des chiffres stables depuis dix ans qui, pour le Haut Conseil, soulignent un « problème de santé publique et non de moralité ». Et les rédac­teurs du rapport de préciser que l'avortement laisse des séquelles psychologiques City en a donc, contrairement à ce qu'on nous dit si souvent) bien plus graves chez une mineure que chez une fem-
me, et que le recours plus tardif à l'avortement - bien souvent au­-delà du délai légal... - comporte plus de risques.

Premier point dénoncé par le Conseil, le « déficit considérable d'information à l'école », et l'accès difficile pour les mineures à la contraception préventive, qui res­te payante ou remboursable sur la Sécurité Sociale des parents.

D'où l'idée avancée de la ren­dre tout à fois gratuite et anony­me. « Aujourd'hui en France, on peut avoir la pilule du lendemain et l'IVG gratuitement, mais pas la contraception », dénonce en effet le professeur Israël Nisand, gyné­cologue obstétricien à Strasbourg, et co-auteur du rapport.

Or, qui ne voit qu'en facilitant, qu'en banalisant, de ce fait, les relations sexuelles dès l’école, on augmente, bien au contraire, le risque de ce que l'on nomme vulgairement les grossesses non désirées. Sans parler, bien sûr, des maladies sexuellement transmis­sibles.

La rhétorique du Haut Conseil

C'est vraisemblablement pour cette raison que le Pr Nisand précise que, chez les jeunes, « le pré­servatif est certes couramment uti­lisé, mais souvent mal, et son efficacité n'est pas suffisante en matière de contraception, car la fécondité des très jeunes filles est élevée. Quand on sait que le virus du sida est bien plus petit qu'un spermatozoïde... » Au-delà de l'hi­deuse comparaison, on note cette relative remise en cause du pré­servatif, qui semble, tout d'un coup, n'être pas aussi fiable que l'on veut bien habituellement nous le faire croire !

Pour mieux nous vendre sa contraception, le Conseil souli­gne, par ailleurs, que la pilule du lendemain, obtenue gratuitement et anonymement, est de plus en plus couramment utilisée par les mineures. Sur l'année scolaire 2004-2005, au moins 11450 mi­neures sont allées à l’infirmerie scolaire de leur établissement pour une contraception d'urgen­ce. Or, son efficacité n'est que de 85 % lorsqu'elle est prise dans les douze heures qui suivent le rap­port, et elle tombe à 54 % lors­qu'elle est prise dans les quaran­te-huit heures.

Notons que ces 11450 viennent s'ajouter aux 13400 avortements tout cela, chez des mineures scolarisées. Et que, là encore, on relativise, pour le discours du jour, la fiabilité de la pilu­le du lendemain...

L'information précoce et adaptée, demandée par le Pr Nisand, afin d'éviter que « le film porno ne soit la seule infor­mation sur la sexualité » ( quelle triste image de notre jeunesse), apparaît donc, d'abord, comme une incitation des dits mineurs aux relations sexuelles.

Logique mortifère

Il ajoute, relativisant encore l'usage du préser­vatif : « Combien sont per­suadées qu'on ne peut pas tomber enceinte au premier rapport, pen­dant les règles, ou si le garçon se retire, s'il n'y a pas de pénétration, que le préservatif protège totale­ment... »
S'appuyant sur la loi du 4 juillet 2001 en matière d'éducation à la sexualité à l'école, le Conseil sou­haite que « cette obligation devienne effective au plus vite ». Il a des chances d'être entendu, puisque son président n'est autre que le chef de l'État. Et il veut y asso­cier le Planning familial. Loin des parents donc, dans une logique que Jean-Paul II avait nommée culture de mort. 



Auteur : Olivier MIRANDE et paru dans la revue Homme Nouveau de fin décembre 2006

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