Introduction 

 Cette exhortation apostolique du pape Benoît XVI est dite post synodale car elle recueille les fruits du synode de 2005 sur « l’Eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise ». En effet le pape Benoît XVI a rédigé cette exhortation en tenant compte des 50 propositions des pères synodaux.

 Le titre de cette exhortation provient d’une expression utilisée par saint Thomas d’Aquin pour définir le Mystère de l’Eucharistie.

Dès l'introduction de cette Exhortation, le pape Benoît XVI nous invite non pas à considérer l'Eucharistie d'une manière superficielle, mais à aller au coeur du Mystère : "Quelle merveille doit susciter aussi dans notre cœur le Mystère eucharistique ! Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 27), se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres (cf. Jn 8, 36), le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité."
 Le pape nous parle du Mystère de l’Eucharistie d’une manière spirituelle en citant le lavement des pieds dans l’Evangile de saint Jean au chapitre 13. Et nous comprenons le titre thomiste de cette exhortation quand nous lisons que le Christ « à donné sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13) et qu’il « les aima jusqu'au bout » (Jn 13, 1). « Dans le Sacrement de l’Eucharistie Jésus continue de nous aimer « jusqu’au bout », jusqu’au don de son corps et de son sang » et « il nous montre en particulier la vérité de l’amour, qui est l’essence même de Dieu écrit le pape (voir le numéro 1 de cette exhortation).
 L’émerveillement Eucharistique dont parlait le pape Jean-Paul II « est proposé comme la voie royale, accessible aux hommes et aux femmes de notre temps pour faire l’expérience de l’amour ».

Nous constatons une nouveauté quand le pape nous parle de la place dans l’économie du salut du Mystère de l’Eucharistie. On y découvre un point crucial et important : le pape Benoît XVI montre que l’Eucharistie fonde l’Eglise et pas l’inverse ; il montre donc que l’acte du Christ sauveur est toujours premier. Cela est normal puisque nos mots et nos liturgies disent quelque chose du Mystère mais ne l’enferment pas étant donné que le Mystère est toujours plus que ce que nous pouvons en dire ou en saisir.

Cette Exhortation se veut être donc une "re-découverte", un nouvel approfondissement du Mystère Eucharistique afin que nous en vivions comme le Christ et l’Eglise nous le demande. Et pour terminer, le pape nous dit qu’il ne peut pas y avoir d’Eucharistie sans adoration. Au numéro 65 de cette exhortation, le pape dit : « Que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer ;... nous pécherions si nous ne l'adorions pas ».

Première partie : Que nous dit le pape sur le Mystère de l’Eucharistie

 Après nous avoir dit que c’est l’Eucharistie qui fonde l’Eglise et pas l’inverse et présenter l’Eucharistie d’une manière spirituelle, le pape nous parle d’une « cohérence Eucharistique ». Il y a un lien entre l’Eucharistie et la vie ; il y a un lien entre l’Eucharistie et l’engagement social ; Le pape Benoît XVI écrit que la mystique du sacrement à un caractère social. C’est pourquoi nous pouvons dire qu’il y a trois parties dans cette exhortation : la première partie concerne l’Eucharistie comme Mystère à croire ; la seconde partie concerne l’Eucharistie comme Mystère à célébrer et la troisième partie l’Eucharistie comme à vivre. 

 Au début de son exhortation, le pape nous dit que l’Eucharistie est un don gratuit de la Sainte Trinité. « Jésus Christ, qui, « poussé par l'Esprit éternel, (...) s'est offert lui- même à Dieu comme une victime sans tache » (He 9, 14), nous communique dans le don eucharistique la vie divine elle-même » exhortation numéro 8.

« En instituant le sacrement de l'Eucharistie, Jésus anticipe et intègre le Sacrifice de la croix et la victoire de la résurrection. Dans le même temps, il se révèle comme le véritable agneau immolé, prévu dans le dessein du Père dès avant la création du monde, ainsi qu'il est écrit dans la première Lettre de Pierre (cf. 1, 18-20)… L'institution de l'Eucharistie montre en effet que cette mort, en soi violente et absurde, est devenue en Jésus un acte suprême d'amour et pour l'humanité une libération définitive du mal » est-il dit au numéro10 de cette exhortation. Cette réflexion du pape nous aide à comprendre le sens et la raison pour laquelle il y a eu cette mort du Christ sur la Croix puis sa résurrection et enfin que c’est le Christ qui est à l’œuvre dans la célébration Eucharistique. Comme le dit saint Thomas d’Aquin le prêtre agit au nom du Christ ; c’est pourquoi le curé d’Ars affirme que si on avait vraiment la foi on verrait le Christ à la place du prêtre lorsque celui-ci célèbre la sainte messe.

La très sainte Eucharistie contient en effet l'ensemble des biens spirituels de l'Eglise, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque, le pain vivant, qui par sa Chair, vivifiée et vivifiante par l'Esprit Saint, procure la vie aux hommes, et les invite et les conduit à s'offrir eux-mêmes, à offrir leurs travaux et toutes les choses créées, en union avec lui ». Décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum ordinis, n. 5 est-il dit au numéro 16 de cette exhortation.

Le pape nous dit que tout dans notre vie spirituelle converge vers l’Eucharistie. Il nous dit aussi que tous les sacrements dépendent de l’Eucharistie et sont orientés vers l’Eucharistie. L’Eucharistie est donc le sacrement le plus important, la « source » d’où découlent tous les autres sacrements et cela se comprend fort bien puisque nous savons que c’est l’Eucharistie qui nous donne la présence réelle du christ aussi bien dans la vie et la mission de l’Eglise que dans notre propre vie.

Tout homme a besoin, pour pouvoir cheminer dans la bonne direction, d'être orienté vers le but final. En réalité, cette fin ultime est le Christ Seigneur lui-même, vainqueur du péché et de la mort, qui se rend présent à nous de manière spéciale dans la célébration eucharistique. Ainsi, tout en étant encore, nous aussi, « des gens de passage et des voyageurs » (1 P 2, 11) dans ce monde, nous participons déjà dans la foi à la plénitude de la vie ressuscitée. Le banquet eucharistique, révélant sa dimension fortement eschatologique, vient en aide à notre liberté en chemin

 « En toute célébration eucharistique se réalise donc sacramentellement le rassemblement eschatologique du peuple de Dieu. Le banquet eucharistique est pour nous une réelle anticipation du banquet final, annoncé par les prophètes (cf. Is 25, 6-9) et décrit par le Nouveau Testament comme « les noces de l'Agneau » (Ap 19, 7-9), qui doivent se célébrer dans la joie de la communion des saints proposition 3 des pères synodaux » dit le pape au numéro 31 de cette exhortation.
 « …La célébration de l'Eucharistie implique, en effet, la Tradition vivante. L'Eglise célèbre le Sacrifice eucharistique en obéissance au commandement du Christ, à partir de l'expérience du Ressuscité et de l'effusion de l'Esprit Saint » dit le pape au numéro 37 de cette exhortation.

Seconde partie : que pouvons lire dans ce texte comme point concret

 Nous commencerons par étudier ce que le pape dit de concret sur la liturgie de l’Eucharistie, c'est-à-dire la manière de célébrer la sainte messe. Nous étudierons ensuite ce que le pape dit sur le lien entre l’Eucharistie et notre vie de tous les jours.
 
« L'ars celebrandi, la manière de bien célébrer, est la meilleure condition pour une actuosa participatio. L'ars celebrandi découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité, puisque c'est justement cette façon de célébrer qui a assuré, depuis 2000 ans, la vie de foi de tous les croyants, qui sont appelés à vivre la célébration en tant que peuple de Dieu, sacerdoce royal, nation sainte (cf. 1 P 2, 4-5.9) «  écrit le pape au numéro 38 de cette exhortation.

Citons en entier le numéro 40 de cette exhortation : « En soulignant l'importance de l'ars celebrandi, on met par conséquent en lumière la valeur des normes liturgiques. (121) L'ars celebrandi doit favoriser le sens du sacré et l'utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l'harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l'ameublement et du lieu sacré. Là où les prêtres et les responsables de la pastorale liturgique s'emploient à faire connaître les livres liturgiques et les normes liturgiques en vigueur, mettant en évidence les grandes richesses de la Présentation générale du Missel romain et de la Présentation des Lectures de la Messe, la célébration eucharistique en tire profit. Dans les communautés ecclésiales, on croit peut-être déjà les connaître et pouvoir porter un jugement éclairé sur elles, mais, souvent, il n'en est pas ainsi. En réalité, ces textes contiennent des richesses qui conservent et qui expriment la foi et le chemin du peuple de Dieu au long des deux millénaires de son histoire. Pour un ars celebrandi correct, il est tout aussi important d'être attentif à toutes les formes de langage prévues par la liturgie: parole et chant, gestes et silences, mouvements du corps, couleurs liturgiques des vêtements. En effet, la liturgie possède de par sa nature une variété de registres de communication qui lui permettent de parvenir à intégrer tout l'être humain. La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l'ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d'ajouts inopportuns. L'attention et l'obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l'Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d'accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable »

 Au numéro 41 de cette exhortation, le pape écrit : « … En définitive, il est nécessaire qu'en tout ce qui concerne l'Eucharistie, on ait le goût de la beauté… »

 Nous citerons également le numéro 43 de cette exhortation en entier : « Après avoir rappelé les éléments essentiels de l'ars celebrandi qui sont apparus dans les travaux synodaux, je voudrais attirer l'attention de manière plus spécifique sur quelques parties de la structure de la célébration eucharistique, qui nécessitent, en notre temps, un soin particulier, afin de demeurer fidèles à l'intention profonde du renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II, en continuité avec toute la grande tradition ecclésiale ».

 Au numéro 65, le pape parle de l’agenouillement : « le fait de s'agenouiller pendant les moments centraux de la prière eucharistique » par respect pour « la majesté infinie de Dieu, qui nous rejoint de manière humble dans les signes sacramentels ».
 Au numéro 42 de cette exhortation, le pape nous parle du chant liturgique  : « … il convient d'éviter l'improvisation générale ou l'introduction de genres musicaux qui ne sont pas respectueux du sens de la liturgie. En tant qu'élément liturgique, le chant doit s'intégrer dans la forme propre de la célébration. Par conséquent, tout – dans le texte, dans la mélodie, dans l'exécution – doit correspondre au sens du mystère célébré, aux différents moments du rite et aux temps liturgiques. Enfin, tout en tenant compte des diverses orientations et des diverses traditions très louables, je désire que, comme les Pères synodaux l'ont demandé, le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, soit valorisé de manière appropriée ».

 Au sujet de la liturgie de la Parole, citons le numéro 45 de cette exhortation ou le pape dit : « … On porte une grande attention à la proclamation de la Parole de Dieu par des lecteurs bien préparés… Si les circonstances le requièrent, on peut penser à quelques mots d'introduction qui aident les fidèles à en avoir une conscience renouvelée… Le Christ ne parle pas dans le passé mais dans notre présent, comme il est lui-même présent dans l'action liturgique. Sur cet arrière-fond sacramentel de la révélation chrétienne, la connaissance et l'étude de la Parole de Dieu nous permettent d'apprécier, de célébrer et de mieux vivre l'Eucharistie. Là aussi se révèle dans toute sa vérité l'affirmation selon laquelle « l'ignorance des Écritures est l'ignorance du Christ de saint Jérôme ».

 Venons en à l’homélie, le pape dit au numéro 46 de cette exhortation : « … Je demande en particulier aux ministres de faire en sorte que l'homélie mette la Parole de Dieu proclamée en étroite relation avec la célébration sacramentelle (141) et avec la vie de la communauté, en sorte que la Parole de Dieu soit réellement soutien et vie de l'Eglise…»

 Viens ensuite une explication de la présentation des dons par le pape dit au numéro 47 de cette exhortation : « dans le pain et dans le vin que nous apportons à l'autel, toute la création est assumée par le Christ Rédempteur pour être transformée et présentée au Père. (144) Dans cette perspective, nous portons aussi à l'autel toute la souffrance et toute la douleur du monde, dans la certitude que tout est précieux aux yeux de Dieu. Ce geste, pour être vécu dans sa signification authentique, n'a pas besoin d'être amplifié par des complications inopportunes. Il permet de mettre en valeur la participation que Dieu demande à l'homme, dès les origines, pour porter à son accomplissement l'œuvre divine en lui et pour donner ainsi un sens plénier au travail humain, qui, par la célébration eucharistique, est uni au sacrifice rédempteur du Christ ».

 A propos de la prière eucharistique, le pape dit au numéro 48 de cette exhortation : « la prière eucharistique est « le centre et le sommet de toute la célébration ». Son importance mérite d'être soulignée de manière appropriée. Les différentes prières eucharistiques contenues dans le Missel nous sont parvenues par la Tradition vivante de l'Église et elles se caractérisent par une richesse théologique et spirituelle inépuisable. Les fidèles doivent être en mesure de l'apprécier. La Présentation générale du Missel romain nous aide à le faire, nous rappelant les éléments fondamentaux de chaque prière eucharistique: action de grâce, acclamation, épiclèse, récit de l'institution, consécration, anamnèse, offrande, intercession et doxologie finale… « par des invocations particulières, l'Église invoque la puissance de l'Esprit Saint, pour que les dons offerts par les hommes soient consacrés, c'est-à-dire deviennent le Corps et le Sang du Christ, et pour que la victime sans tache, que l'on reçoit dans la communion, contribue au salut de ceux qui vont y participer ».

Pourquoi un geste de paix ? Le pape nous en parle au numéro 49 de cette exhortation : « … C'est sans aucun doute un signe de grande valeur (cf. Jn 14, 27)… il a paru toutefois opportun de modérer ce geste, qui peut prendre des expressions excessives, suscitant un peu de confusion dans l'assemblée juste avant la Communion. Il est bon de rappeler que la sobriété nécessaire pour maintenir un climat adapté à la célébration, par exemple en limitant l'échange de la paix avec la personne la plus proche, n'enlève rien à la haute valeur du geste ».

Comment se déroule la distribution et de la réception de l’Eucharistie ? Le pape dit au numéro 50 de cette exhortation : « … Je demande à tous, en particulier aux ministres ordonnés et aux personnes qui, préparées de manière appropriée et en cas de réelle nécessité, sont autorisées à exercer le ministère de la distribution de l'Eucharistie, de faire leur possible pour que le geste, dans sa simplicité, corresponde à sa valeur de rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus dans le Sacrement (en note il est mis voir pour cela ce qui est dit dans l’instruction Redemptionis Sacramentum aux numéros 80 à 96)… Que toutes les communautés chrétiennes s'en tiennent fidèlement aux normes en vigueur, voyant en elles l'expression de la foi et de l'amour que tous doivent avoir pour ce sublime Sacrement. De plus, que l'on n'omette pas le temps précieux d'action de grâce après la Communion: outre l'exécution d'un chant opportun, il peut aussi être très utile de se recueillir en silence… en certaines circonstances, comme par exemple lors de Messes célébrées à l'occasion de mariages, de funérailles ou d'événements analogues, participent à la célébration non seulement des fidèles pratiquants, mais aussi d'autres qui, malheureusement, ne s'approchent plus de l'autel depuis des années, ou qui peut-être se trouvent dans une situation de vie qui ne permet pas l'accès aux sacrements. Il arrive aussi que des personnes d'autres confessions chrétiennes ou même d'autres religions soient présentes. Des situations similaires se rencontrent dans des églises qui sont des buts de visite, surtout dans les grandes villes d'art. On comprend la nécessité de trouver alors des moyens brefs et incisifs pour rappeler à tous le sens de la communion sacramentelle et les conditions de sa réception. Là où se rencontrent des situations dans lesquelles il n'est pas possible de garantir la clarté qui s'impose sur le sens de l'Eucharistie, on doit évaluer l'opportunité de remplacer la célébration eucharistique par une célébration de la Parole de Dieu ».

A la fin de la messe, il y a L'envoi : « Ite, missa est ». Le pape dit au numéro 50 de cette exhortation : « Ce salut exprime de manière synthétique la nature missionnaire de l'Église. Par conséquent, il est bon d'aider le peuple de Dieu à approfondir cette dimension constitutive de la vie ecclésiale, en s'inspirant de la liturgie. Dans cette perspective, pour la prière sur le peuple et pour la bénédiction finale, il peut être utile de disposer de textes dûment approuvés, qui expliquent ce lien ».

Le pape Benoît XVI ne souhaite pas le retour aux rites tridentins mais souligne au contraire qu'à "chaque étape de l'histoire de l'Église" la célébration eucharistique "resplendit de toute sa richesse multiforme dans le rite liturgique" affirmant même que le renouveau liturgique qui est beau et valable, après le Concile Vatican II, "contient des richesses qui n'ont pas été pleinement explorées." Il va même jusqu'à demander le déplacement voire le changement de certains rites tridentins comme le geste de Paix ou de l'Ite Missa est", "confiant aux dicastères compétents l'étude d'une possibilité de changements sur ces deux derniers points".

L'Exhortation apostolique aborde également la sauvegarde de la création. L'offre du pain et du vin, fruit de la terre, de la vie et du travail des hommes", implique, selon Benoît XVI, "le thème de la sauvegarde de la création se développe en relation avec le dessein de Dieu sur toute la création. La réalité n'est pas seulement matière neutre qui peut être facilement manipulée par la technique et la science, mais elle est chère à Dieu en vue de la récapitulation de toutes choses dans le Christ. D'où la responsabilité du chrétien pour la sauvegarde de la propre création qui s'alimente de l'Eucharistie".
Il est question aussi de la consécration du pain et du vin. Le pape Benoît XVI rappelle, à son sujet, la grande tradition patristique. C'est l'imposition des mains sacerdotales qui est le véritable rite consécratoire avec " l'épiclèse, en tant qu'invocation au Père pour qu'il fasse descendre le don de l'Esprit afin que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus Christ et que « la communauté tout entière devienne toujours davantage Corps du Christ ».

« Sur cet arrière-fond, dit Benoît XVI, on comprend le rôle décisif de l'Esprit Saint dans la célébration eucharistique et en particulier en référence à la transsubstantiation. Les Pères de l'Église en ont une très forte conscience. Dans ses Catéchèses, saint Cyrille de Jérusalem rappelle que nous « invoquons Dieu miséricordieux pour qu'il envoie son Esprit Saint sur les oblats qui sont exposés, afin qu'Il transforme le pain en corps du Christ et le vin en sang du Christ. Ce que l'Esprit Saint touche est sanctifié et transformé totalement".

Le pape Benoît XVI ne remet pas en cause le concile Vatican II malgré l'attente des intégristes. Il demande au contraire qu'il soit relu selon une "herméneutique de la continuité", réitérant ce qu'il avait déjà dit le 22 décembre 2005. Une continuité non pas des rituels, mais de cette tradition patristique. Et pour cela, il demande qu’ « un Compendium soit publié par les soins des Dicastères compétents ; il comprendra des textes du Catéchisme de l'Église catholique, des prières, des explications des Prières eucharistiques du Missel et tout ce qui pourra se révéler utile pour la compréhension correcte, pour la célébration et pour l'adoration du Sacrement de l'autel ».

En ce qui concerne le célibat sacerdotal, le pape le maintient puisqu’il le considère comme une richesse inestimable. Au numéro 24 de cette exhortation, le pape Benoît XVI dit : « Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l'éternité, ait vécu sa mission jusqu'au Sacrifice de la croix dans l'état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l'Eglise latine sur cette question. Il n'est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même… Je redis la beauté et l'importance d'une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l'Église et au Règne de Dieu, et j'en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine. Le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très grande bénédiction pour l'Eglise et pour la société elle-même ».

Pour ce qui concerne la sanctification du dimanche, le jour du Seigneur, le pape dit au numéro 73 de cette exhortation : « Bien que le samedi soir, à partir des premières Vêpres, appartienne déjà au dimanche et qu'il soit donc permis d'y accomplir le précepte dominical –, il est nécessaire de rappeler que c'est le dimanche en lui-même qui mérite d'être sanctifié, afin qu'il ne finisse pas par devenir un jour vide de Dieu » et au numéro 74 le pape poursuit : « il est particulièrement urgent, à notre époque, de rappeler que le Jour du Seigneur est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit aussi reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu'il soit possible d'être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé… les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le Jour du Seigneur le jour du repos du labeur quotidien. Cela a un sens précis, constituant une relativisation du travail, qui est ordonné à l'homme : le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail… Comme j'ai eu l'occasion de l'affirmer, « le travail est de première importance pour la réalisation de l'homme et pour le développement de la société, et c'est pourquoi il convient qu'il soit toujours organisé et accompli dans le plein respect de la dignité humaine et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l'homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu'il n'en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie ». (209) C'est dans le jour consacré à Dieu que l'homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail ».

Et pour terminer nous allons parler du manque de prêtre et des ADAP. A propos du manque de prêtre le pape dit qu’il ne faut pas que les évêques fassent n’importe quoi pour accepter des candidats ou abrégent la formation des prêtres pour qu’il y ait davantage de prêtre. Le pape ne donne pas de solution extraordinaire car il y en a pas Comme il est dit a la fin du numéro 25 de cette exhortation : « En résumé, il faut surtout avoir le courage de proposer aux jeunes la radicalité de la vie à la suite du Christ, en en montrant l'attrait ».
Quant aux Assemblées Dominicales en l’absence de prêtre (dite ADAP), le pape dit au numéro 75 de cette exhortation : « Le Synode a tout d'abord recommandé aux fidèles de se rendre dans une des églises du diocèse où est garantie la présence du prêtre, même quand cela demande un certain sacrifice » Il poursuit plus loi dans ce numéro 75 qu’il faut éviter une confusion entre Eucharistie et ADAP et que ces ADAP devraient être l’occasion de prier le Christ d’envoyer de saints prêtres conforme à son Cœur.

Et pour finir cette seconde partie, parlons des laïcs. Le pape Benoît XVI au numéro 75 de cette exhortation affirme : « L'importance du rôle des laïcs, que l'on doit justement remercier de leur générosité au service des communautés chrétiennes, ne peut jamais occulter le ministère irremplaçable des prêtres pour la vie de l'Église ».

Conclusion :

Le but de cette exhortation est d’approfondir le sacrement d’un amour qui nous dépasse tous et de savoir comment en vivre spirituellement, liturgiquement avec dignité et dans notre vie de tous les jours.
Le second but de cette exhortation est de montrer que sans le Christ, rien de solide ne peut se construire. C’était la proposition 3 des pères synodaux de nous parler de la nouveauté du Christ et nous retrouvons cela dans l’exhortation aux numéros 11-12, 22, 70-19 par exemple.

 Au numéro 12 de cette exhortation il est dit : « Dans le récit des Actes, l'Esprit descend sur les Apôtres réunis en prière avec Marie, au jour de la Pentecôte (cf. 2, 1-4), et il les remplit de  force en vue de leur mission d'annoncer la Bonne Nouvelle à tous les peuples. C'est donc en vertu de l'action de l'Esprit que le Christ lui-même demeure présent et agissant dans son Eglise, à partir du centre vital qu'est l'Eucharistie ».
Demandons à la Vierge Marie, le femme Eucharistique selon les mots du pape Jean-Paul II, de nous envoyer le Saint-Esprit pour que nous vivions du sacrement de l’amour qu’est l’Eucharistie pour que nous sachions l’adorer le Christ présent dans le Mystère de l’Eucharistie afin de devenir chaque jour davantage un peu plus un avec le Christ et nos frères, notre prochain. Il est affirmé dans la première épître de saint Jean que celui qui prétend aimer le Christ qu’il ne voit pas mais qu’il n’aime pas son frère qu’il voit est un menteur.

Nous sommes étonné, après cette rapide étude de l’exhortation sur le mystère de l’Eucharistie comme sacrement de l’Amour, par ceci : pourquoi le pape Benoît XVI cite des textes différents de tout le Nouveau Testament alors que pour l’Ancien Testament il ne cite que les premiers chapitres du livre de la Genèse et un seul passage d’Isaïe ? Par exemple dans le livre de l’Exode nous avons la passage ou le peuple de Dieu est nourri par la manne : tous les grands commentateurs de ce passage y voient une préfiguration de l’Eucharistie.

Et pour finir, je vous laisse avec six réflexions du pape Benoît XVI.

La première reflexion se trouve au numéro 30 de cette exhortation : « L'homme est créé pour le bonheur véritable et éternel, que seul l'amour de Dieu peut donner ».

La seconde réflexion est au numéro 74 de cette exhortation : « le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail ».

La troisième concerne le repos dominical indispensable pour que ce jour, le plus important de la semaine, puisque la semaine commence le dimanche (jour de la résurrection) et pas le lundi, soit un jour qui ne soit pas vide de Dieu.

 La quatrième concerne les laïcs au numéro 75 ou il est dit que les laïcs ne doivent pas prendre la place des prêtre ou agir de manière équivoque quand il font quelque chose même en liturgie ; Chacun doit garder sa place et faire son rôle propre.

La cinquième concerne les prêtres et le célibat sacerdotal que le pape Benoît XVI maintient comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l'Église et au Règne de Dieu, et j'en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine.

La sixième et dernière réflexion du pape Benoît XVI concerne le respect des normes liturgiques et de célébrer avec respect et dignité la sainte messe en vue du Mystère que nous célébrons.


Auteur : François LUGAN

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