A propos du code de droit canon (qui contient les lois de l'Eglise Catholique)
Le Droit canon a pour but ultime « le salut des âmes », le « salus animarum », comme le dit justement le dernier canon du Code latin et comme l'ont rappelé ce matin au Vatican le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, Mgr Francesco Coccopalmerio, et le secrétaire de ce même dicastère, Mgr Juan Ignacio Arrieta.
La conférence de presse avait pour objet la présentation d'un congrès qui se tiendra au Vatican les 24 et 25 janvier sur le thème : « La loi canonique dans la vie de l'Eglise. Enquête et perspectives, sous le signe du magistère pontifical récent ».
Les invitations ont été adressées aux conférences épiscopales, mais aussi aux facultés de Droit canon, professeurs et étudiants. Ils sont actuellement plus de 700 inscrits, dont plus de 100 femmes.
Le congrès est organisé à l'occasion des 25 ans de la promulgation par Jean-Paul II du Code de 1983, déjà souhaité par Jean XXIII et rendu nécessaire par la théologie du concile : il a remplacé celui de 1917.
Or, le canon 1752, le dernier, recommande, à propos des transferts des curés, d'observer « l'équité » et ceci « sans perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l'Eglise la loi suprême ».
Mgr Coccopalmerio a expliqué, lors de l'échange avec les journalistes, que « toute loi, dans l'Eglise, a pour finalité d'indiquer à chacun quels sont ses devoirs et ses droits », de façon à ce que chaque fidèle sache « ce que le Seigneur veut de lui et comment agir de façon correcte », et quels sont les « devoirs des pasteurs » afin que leurs activités pour le soin des âmes soit « efficaces ».
Dans son exposé en effet, Mgr Arrieta avait souligné notamment que le congrès a voulu éviter l'écueil d'être avant tout doctrinal, académique, théorique, technique, notionnel. Il a préféré partir de l'expérience de différents dicastères sur le terrain.
A propos de l'importance du renouveau de la formation juridique des candidats au sacerdoce, il rappelait cette « norme suprême », pastorale : « Le droit canon est appliqué à l'Eglise, principalement à travers les personnes investies de ce rôle du fait du ministère sacré. Leur activité, leur attitude devant la loi, se révèlent toujours déterminantes, à quelque niveau que ce soit, par l'application du Droit, pour la protection des droits des personnes et pour arriver à la fin au but ultime du Droit canon qui est justement le salut des âmes ».
« L'évolution de la discipline sur la formation canoniste dans les séminaires et les facultés de théologie, les difficultés rencontrées et la façon de les surmonter, représente certainement un facteur essentiel pour recueillir les efforts de l'Eglise en faveur du caractère effectif du droit canon et la disponibilité du Card. Zenon Grocholewski, préfet de la congrégation pour l'Education catholique nous permettra de la connaître », expliquait le P. Arrieta.
Mgr Coccoplamerio a souligné à ce propos la nécessité d'une meilleure « formation » des futurs prêtres en particulier pour qu'ils soient plus conscients de l'importance du « respect de la loi » canonique.
Le congrès partira des expériences de la Congrégation pour les évêques, exposée par le cardinal Giovanni Battista Re, et de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, exposée par le cardinal Ivan Dias, quant à la mise en oeuvre du Code de Droit canon de l'Eglise latine. Il ne sera pas pour le moment question du Code de Droit canon des Eglises orientales catholiques, a souligné Mgr Coccopalmerio.
Le cardinal Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, apportera l'expérience des personnes consacrées.
En tenant compte des considérations de Benoît XVI dans son encyclique « Dieu est Amour », le cardinal Paul Josef Cordes, président du Conseil pontifical Cor Unum, présentera les questions concernant le Droit canon dans le domaine des activités caritatives de façon à combler les vides pouvant exister dans ce domaine. En effet le congrès servira notamment à signaler les lacunes du Droit actuel en vue d'une mise à jour ultérieure.
Une telle mise à jour nécessite une commission de travail qui puisse ensuite présenter des conclusions au Législateur suprême qui est le Souverain pontife.
Mais, en cette Semaine de prière de l'Unité, et justement à la lumière des progrès oecuméniques, Mgr Arrieta a aussi souligné que le congrès prévoit une réflexion par rapport aux deux traditions latine, catholique et orthodoxe dans le domaine du droit ecclésial. Elle est confiée au cardinal archevêque de Budapest, Peter Erdö, en qualité de président du « Conseil des conférences épiscopales d'Europe ».
La conclusion a été confiée au cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, avec une réflexion sur le rôle du Conseil pontifical pour les textes législatifs à ce moment historique de l'Eglise.
Qu’est-ce que le droit canon et le dicastère romain dont c’est la spécialité ? Réponses de son président, Mgr Coccopalmerio
A propos du Code de 1983, Mgr Coccopalmerio a rappelé tout d'abord qu'un « canon » serait, dans le code civil, un « article ». Et le Code est « avant tout un 'indicateur' des devoirs et des droits inhérents à la personne des fidèles ou à la structure de l'Eglise par institution du Christ lui-même ».
Mais à côté des données inhérentes à la personne humaine, il y a ensuite la loi positive, pour « préciser, appliquer, défendre les devoirs et les droits fondamentaux ».
Le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs a ainsi comparé le Code à un « tableau » , « grand et complexe » où sont représentés « les fidèles et les communautés de l'Eglise » et où l'on indique « l'identité de chacun et sa 'mission' ».
Parmi les nouveautés apportées par le Code de 1983, il soulignait le canon 208 qui dit : « Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, il existe quant à la dignité et à l'activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l'édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propres de chacun ».
Il commentait en disant qu'il s'agit d'un canon « programmatique » qui entraîne ensuite des déterminations « concrètes »: « Tous sont appelés à être actifs dans l'Eglise, à accomplir les célébrations liturgiques, l'enseignement, le gouvernement, chacun à son niveau, mais tous en position active ».
Mais ce sera l'un des buts du congrès, rappelait-il, de voir si c'est un « bon » Code, si le « tableau » est bon ou s'il a besoin de retouches, de restaurations.
Pour ce qui est du dicastère romain, son président rappelait tout d'abord son origine : la commission instituée par Jean XXIII, réformée par Jean-Paul II en 1984, puis en 1988, par la constitution Pastor Bonus, qui le transforme en « Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs » et enfin, en l'an 2000, comme son rôle n'est pas seulement interprétatif, il devient le « Conseil pontifical pour les textes législatifs », longtemps présidé par le cardinal Julian Herranz.
Quelles sont donc les compétences de ce dicastère, à côté de la tâche « délicate » de l'interprétation des normes qui est cependant seulement l'une de ses trois missions ?
Il « aide » aussi le Législateur suprême - le pape -, soulignait Mgr Coccopalmerio, « à maintenir constamment la législation dans l'Eglise » de façon à ce qu'elle soit « la plus complète et la plus mise à jour » possible.
Et il « l'aide » également « à veiller sur l'application correcte des lois en vigueur ».
« Ce congrès, organisé par le Conseil pontifical pour les textes législatifs, sera certainement d'une importance notable aussi pour le travail à venir du dicastère lui-même », a conclu Mgr Coccopalmerio.
Par François
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| 06/02/2008 20:26
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