Les équipes d'animation liturgique, telles qu'elles existent dans la plupart de nos paroisses, posent souvent problème. Invité à Paris en 2001, le Cardinal Schonborn, Archevêque de Vienne (Autriche), faisait remarquer : "Il serait sûrement possible de faire une longue litanie de ces constats qui révèlent la crise [liturgique] et qui expliquent pourquoi les liturgies paroissiales n'attirent plus guère. Mais, pourrait-on répondre, il y a pourtant partout, dans toutes les paroisses, des gens pleins de bonne volonté qui essaient de rendre les liturgies plus attrayantes, plus "vivantes" comme on dit actuellement. Au risque de choquer, il faut dire que c'est précisément de là que vient le problème. Il a été précisé (...) à plusieurs reprises que la liturgie ne vient pas de nous, qu'elle n'est pas soumise à notre "bonne volonté". Nous ne devons donc pas être les fabricants de liturgies que nous imaginons être plus attrayantes et plus vivantes, mais les serviteurs fidèles d'une liturgie qui est ce qu'elle doit être et non pas telle que nous imaginons qu'elle devrait être. L'expérience de ces 40 dernières années montre suffisamment que les meilleures intentions du monde pour relever l'état actuel de la liturgie sont, à chaque fois, tombées complètement à plat. Certes, il y a sûrement une réelle "bonne volonté" chez les fidèles regroupés dans des "équipes liturgiques", et l'on remarque un désir sincère de retrouver dans les célébrations une certaine dignité qui n'est pas désagréable, qui est même nécessaire. Mais cette "bonne volonté" et ce retour d'une certaine dignité dans les actions liturgiques sont-ils capables de reconstruire durablement la liturgie elle-même ? On peut en douter. Pourquoi ? Simplement parce que tout cela apparaît trop personnalisé: tout cela ne renvoie à rien d'autre qu'aux personnes de "bonne volonté" qui imaginent comment retrouver cette dignité perdue. Mais il n'y a rien qui suggère le transcendant dans tout cela (...)"

Quant au Cardinal Ratzinger, il écrivait sur ce même sujet : "On aurait besoin aujourd'hui d'une nouvelle conscience liturgique pour faire disparaître l'esprit de bricolage. On est arrivé à ce que des équipes liturgiques se bricolent pour elles-mêmes la liturgie du dimanche. Le résultat qu'on obtient, c'est une production élaborée par quelques intellectuels doués pour fabriquer tout autre chose que la liturgie. Mais dans cet autre chose, je ne rencontre plus le Tout-Autre ; je ne rencontre plus le Seigneur trois fois saint qui vient vers moi. Au contraire, dans cet autre chose, je ne rencontre plus que les capacités, le savoir-faire de quelques uns. Et je m'aperçois vite que ce n'est pas cela que je cherche. Ce qu'on me donne, c'est trop peu par rapport à ce que peut me donner l'authentique liturgie de l'Eglise ; et non seulement c'est trop peu, mais c'est autre chose qui ne comble pas ma soif de rencontrer le Seigneur dans un face à face personnel."

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